I Sam., IV, 1 et suiv. Le passage I Sam., xiv, 18, est un
tendance à devenir héréditaire. Dans une trentaine d'années, nous trouverons l'éphod entre les mains d'un arrière-petit-fils d'Éli. L'éphod, c'est-à-dire la machine divinatoire, étant un petit objet portatif, on s'habituait de plus en plus à l'avoir avec soi dans les expéditions, pour consulter à tout propos Jahvé. Mais le pouvoir rival de l'éphod, le prophétisme, prenait de bien autres développements. C'est vers la fin de la période des Juges que le nabi^ sans arriver encore à l'importance qu'il eut au ix® siècle avant Jésus-Christ, commence à se dessiner avec cette originalité qui va faire de lui Taxe même et le pivot de l'histoire d'Israël.
A côté du nabi, simple sorcier, que l'on consultait sur la pluie ou la sécheresse, auquel on s'adressait pour trouver un objet perdu, et qu'on n'abordait pas sans un cadeau ou une petite pièce d'argent à la main*, il y eût désormais le nabi s'occupant de politique, mêlé à toutes les affaires, à toutes les intrigues du pays. Les prophètes de l'ancienne époque vivaient isolés, sans [doctrine commune. Au temps où nous sommes, ils ont une discipline; ils forment des groupes. Ils arrivèrent
texte sûrement altéré. Comparez le grec. W faut lire "IDN. La fautera entraîné une glose erronée.
i. I Sam., IX, 6 et suiv. Comp. Nombres, xxii, 7.
même à se constituer, autour de Rama et de Gibéa, en écoles, formant des espèces de séminaires*. Leurs secrets pour se procurer une ivresse orgiastique en faisaient des espèces de corybantes. Ils parcouraient le pays en grandes bandes, « en corde % , en monôme, comme on dirait dans Targot parisien, avec des chœurs de danses, au son de la cithare et du tympanum. C'était quelque chose de très analogue, aux derviches hurleurs et aux khoiian des pays musulmans. On les voyait descendre des hauts lieux, où se célébraient les fêtes, précédés de nébels, de tambourins, de flûtes, de ciiinors, chantant, criant, gesticulant, se répondant en chœur. Il suffisait de se mettre dans le monôme des prophètes, ou seulement de le rencontrer, pour être pris du même enthousiasme, suivi de prostration et de sommeil cataleptique^ Durant des jours et des nuits, les convulsionnaires se roulaient par terre, entièrement nus*. Ces accès de fureur divine étaient attribués à l'esprit de Dieu, qui, courant sur les masses, les soulevait et les entraînait à des actes voisins de la folie ^ L'individu que l'esprit saisissait