ISam., XXII
Saûl. Quelle eût été la cause de cette opposition? Saiil ne chercha jamais à empiéter sur le rôle prophétique de Samuel; son pouvoir fut tout militaire; il n'innova rien en religion. Son iahvéisme ne paraît pas avoir été fort rigoureux; mais celui de Samuel l'était-il davantage? L'éclectisme théologique était encore très large en ce temps. Des prêtres de lahvé s'appelaient Ahimilik, et on a pu se demander si ce n'est pas le même prêtre qui s'appelle ici Ahiah, là Ahimilik \ Comme Samuel, Saûl sacrifiait sur les places déjà consacrées *, élevait des autels de pierre brute, n'avait aucune répugnance pour les noms divers sous lesquels l'Éternel était honoré sur les hauts-lieux. David et sa femme Mikal, fille de Saûl, avaient chez eux, comme nous le verrons, des téraphim sculptés, qui jouaient le rôle de dieux domestiques et étaient l'objet d'un culte religieux ^
Les accès de corybantisme sacré auxquels Saûl était sujet n'avaient pas plus de lien avec le iahvéisme qu'avec tout autre culte. Ces accès étaient considérés comme des effets de l'esprit de
1. I Sam., XIV, 3, 8 ; I Sam., xxi, xxii, etc. Voy. ci-après, p. 420-421, note.