Gen., xxxi
5i lUSTOIKE DU PEUPLE D'ISRAËL.
parties contractantes passaient par le milieu*. Dans les cas extraordinaires, on croyait qu'un feu mystérieux, équivalent à l'acceptation de la divinité, circulait entre les animaux dépecés ^
La tribu n'avait pas de prêtres ni de sacrificateurs de protession. Le patriarche sacrifiait pour lui, pour ses fils, pour toute la tribu. On se préparait au sacrifice par l'état de sainteté {qods) ou de purification, résultant de certains soins de propreté extérieure, et de certaines abstinences, en particulier de l'éloignement des femmes ^ La propreté, dans les cultes primitifs, était une condition pour s'approcher de Dieu, et un des premiers soins des législateurs était, en empêchant les gens de manger des horreurs, de les arracher à des habitudes qui entretenaient la grossièreté*. Déjà, probablement, les gens qui se respectaient s'interdisaient de manger ou boire le sang". Dans les
\. Gen., XV, 10-17; Exode, xxfv, 8. "Opxia maxà Ta[jLÔvTîc {Iliade, H, 124; \\\, 105).— Cf. Jerem., xxxiv, 18; Demosth., Adv. Aristocr., 68; Pausanias, IV, xv, 4.
2. Gen., xv, 17, récit très ancien. Comparez les sacrifices de Balaam (Nombres, xxii, xxiii).
3. Job, prol., init. ; Exode, xix, 10 et suiv., 22; chez les Grecs, exemple de Laocoon.
A. Cœdibus et i)ictu fœdo.
5. Prescription antérieure à tout code écrit. ISam., xiv, 31 et suiv. Cf. Gen., ix, 4.
jours de sainteté, on s'abstenait de pain levé; la fermentation et les mélanges paraissaient quelque chose d'impure
Le nomade a peu de fêtes ; la fête [hag) suppose un centre religieux fixe. L'idée de hag est liée intimement à celle de pèlerinage, panégyre, tournées processionnelles autour d'un sanctuaire, danses en cercle. Ce mot, commun à toutes les langues sémitiques sans exception, remonte certainement à l'époque antique oii les ancêtres communs des Hébreux, des Arabes, des Araméens vivaient réunis dans un canton peu étendu.
Avec le mot hag, tous les peuples sémitiques possèdent le mot som ou soum, signifiant le jeune, le fait de se présenter à la Divinité, qui est censée tout voir, avec un air macéré, en vêtements de deuil. On supposait chez les élohim une sorte de jalousie du bonheur de l'homme, si bien qu'on les apaisait, on donnait une sorte de satisfaction à leur némésis^ en se montrant à eux contrit et volontairement humilié. L'habit des affligés (le saq'') et
1 . Le Livre de V Alliance (ix° siècle) contient déjà le germe de ces prescriptions. La rédaction lévitique est bien plus moderne; mais elle ne fit guère que constater d'anciens usages.
2. Ce mot qui a été adopté par tous les peuples de la Médi-, diterranée, à la suite du commerce des Phéniciens, désignait des
les cendres sur la tête, ou la tête rasée \ étaient l'accompagnement obligé du jeûne. La prière de l'homme vêtu de saq était tenue pour très puissante ; car Élohim devait avoir pitié d'un être réduit à ce triste état, et qui ne pouvait en rien lui porter ombrage. Dans les calamités publiques, surtout, le som et le saq étaient de rigueur ^ Très anciennement^ on attacha le som à certaines dates de l'année. L'institution du mois de jeûne est, chez les Arabes, bien antérieure à rislam. Le som apparaît ainsi comme une pratique monothéiste. On ne jeûne guère que pour le Dieu suprême; c'est un rite général; le dieu particulier ne distinguerait à aucun signe que l'hommage s'adresse à lui plutôt qu'à un autre.
Le cycle le plus ancien des fêtes sémitiques était en rapport avec l'agriculture, et même les nomades le subissaient. Peut-être le paskh ou fête de printemps^, caractérisée par l'usage des azymes, commençait-il à poindre. La tonte des brebis, du
toiles grossières de couleur sombre. Plus tard, on les appela cilicium, parce qu'on les fabriquait surtout en Cilicie.