‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 79 sur 303 · Gen., XXV, 11 ; XLViii, 3 et suiv. ; Exode, vi · texte numérisé non relu

Gen., XXV, 11 ; XLViii, 3 et suiv. ; Exode, vi

2. Gen., XXXIII, 20. Le rédacteur jéhoviste substitue toujours à tort des autels à des cippes, dans les vieilles légendes patriarcales. Mais le verbe wayyasscb dont il se sert convient mieux à un cippe qu'à un autel.

moîimin, un croyant, un héros pieux, une sorte d'Ali, brave, généreux, polygame, galant homme. C'est un saint arabe, qui aura beaucoup de peine à se faire sa place parmi les moines, les vierges et les ascètes, plus bouddhiques que sémitiques, qui peuplent le ciel chrétien.

Les Beni-lsraël, conçus comme peu différents des Jakobélites etdeslsaakites, furent ainsi, au sein delà famille hébraïque, un phénomène, non pas unique, mais insigne et transcendant ; de même que Rome apparaît, dans l'ensemble des populations latines et italiotes, comme un cas presque miraculeux. Rome fut, dans le Latium, une sorte d'asile de sélection. La tribu des Beni-lsraël ou des Jacobélites paraît avoir été quelque chose d'analogue, au sein des tribus hébraïques. Au milieu de ce inonde si varié, nous concevons Israël comme une sorte de Genève, un rendez-vous de purs, une secte, un ordre si l'on veut, analogue aux Khouan musulmans, bien plutôt que comme un ethnos distinct. Les Édomites et les Moabites, en effet, sont déjà établis à poste fixe à l'orient et au sud de la mer Morte, quand les Beni-lsraël errent à l'état de pasteurs dans les mêmes parages. Peut-être ces derniers demeurèrent-ils, systématiquement et par des motifs religieux, attachés à la vie

nomade, plus conservatrice qu'aucune autre des anciennes mœurs. Les Beni-Rékab furent plus tenaces encore, puisqu'ils continuèrent, jusqu'au Yi' siècle au moins avant Jésus-Christ, à vivre sous la tente et à mener l'ancien genre de vie. Nous verrons, d'ailleurs, ce bel idéal de la vie nomade rester pour Israël comme une sorte de pôle magnétique, vers lequel il gravitera toujours*. En un sens très véritable, l'établissement fixe dans le pays de Chanaan fut pour Israël un abaissement, une diminution religieuse, et plus tard le progrès consistera à revenir par la réflexion aux idées et aux sentiments de l'antique génie hébreu. Tant il est vrai que ce sont les premières aperceptions des races qui dominent toute leur histoire et renferment le secret de leurs destinées!

Cette différence des populations nomades et des populations établies, pour nous si capitale, n'avait pas, du reste, en ces temps reculés, l'importance que nous lui attribuons. Édom, Moab, Israël, Amalek étaient frères. Édom et Moab, à aucun moment de leur existence, ne nous apparaissent à l'état nomade. Israël vécut successivement les deux vies. Amalek, qui était un membre de la famille édo-

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