Gen., XXXVI
ancienne, en une dizaine de familles, Ruben, Juda, Siméon, Dan, Issachar, Nephtali, Aser, Zabulon, Gad. Il est impossible de dire dans quel ordre chronologique ces diverses familles apparurent en Israël. Ruben est toujours présenté comme Taîné, Benjamin comme le cadet de la maison.
A côté de Jacob et dans la plus grande intimité avec lui apparaît, à une haute antiquité, le clan de Joseph ou Josefel \ qui semble désigner une addition ou adjonction de congénères^qui sont venus après coup s'annexer à Israël. Ces tard-venus, ces petits-fils du père Jacob, se divisaient en deux familles, Ëphraim etManassé. Nous verrons plus tard qu'il est possible de faire sur cette annexion une hypothèse probable. Après l'établissement d'Israël en Ghanaan, nous serons frappés de la supériorité des Joséphites sur le reste des Beni-Israël. Souvent même Joseph sera pris pour désigner l'ensemble de la famille et deviendra synonyme de Jacob \
1. Grof, Revue égyptologique, IV, p. 95, et suiv. ; Stade, Zeitschrift, 1886, p. 1 et suiv., 16.
2. Comp. ÎT'DOr. Esdras, viii, 10. Comme nom individuel, Joseph désigne l'enfant qui vient quelque temps après les autres, quand la famille paraissait déjà complète. Cf. Gen., xxx, 24 et XLViii, 1 et suiv.
3. Jacob et Joseph, en parallélisme constant dans les psaumes. Cf. Ps. Lxxx, 2 ; Lxxxi, 6 ; Araos, v, 15 ; vi, 6. Ces polyonymies
LES BENl-ISRAEL A L'ÉTAT NOMADE. H3
Si, comme nous le croyons, les Israélites venaient réellement du Paddan-Aram, il faut avouer qu'on ne sait rien de leur long voyage de Harran jusqu'à Sichem. Sichem paraît avoir été un des points où ils revenaient le plus souvent, et, à l'époque historique, on y montrait une foule de lieux saints que l'on rattachait à leur séjour. Les Hivvites chananéens, qui habitaient la Samarie, paraissent avoir vécu en bonne intelligence avec eux. On garda cependant le souvenir d'un épisode sanglant qui eut lieu entre une fraction des Beni-Jacob et les gens de Sichem^
Hébron fut pour les Israélites errants un centre non moins important d'initiation ^ Ils vécurent avec les Hittites ou Khétas sur le pied d'une parfaite amitié ^ L'important puits de Beër-Seba, où ils s'arrêtèrent comme tant de générations de pasteurs,
sont fréquentes chez les peuples anciens. Ainsi les Grecs sont nommés neXaayoî, Graiij 'Ayono'., M'jp[;.io6veç, etc. ; les Troyens, Tptbeç, Aâpoavot; leur ville est appelée "IXiov, népyafxov, etc.
i. Gen., XXXIV. Cf. Gen., xlix, 5-7, morceau poétique, qu'on peut considérer comme l'origine du récit en prose. Dans ce récit, le désir d'atténuer les torts des Beni-Jacob se laisse entrevoir. Le passage envers, au contraire, suppose un crime affreux, qui rendit pour un temps Israël odieux à ses voisins.