Voir ci-dessus, p
i08 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL.
moindres avec une régente, qui ne pouvait avoir que des complaisances à l'égard du sacerdoce, ainsi que nous le verrons plus tard pour Alexandra.
Il semble bien que Jean Hyrcan eut avant Alexandre Jannée une idée analogue. Il aurait voulu qu'après sa mort le pouvoir fût exercé par sa femme et que le pontificat passât à l'aîné de ses cinq fils, Juda, dont le nom grec était Aristobule. Les pharisiens, naturellement, durent se montrer favorables à une telle combinaison. Mais elle échoua totalement. Aristobule voulut le pouvoir dans les mêmes conditions que son père et s'en empara avec le secours de l'armée. Il fit arrêter sa mère et emprisonner ses frères, à l'exception d'Antigone, le second des fils de Jean Hyrcan, pour qui il avait une vive affection. Les pharisiens, furieux du mauvais succès de leur intrigue, présentèrent la chose sous un jour odieux et répandirent sur Aristobule les plus noires calomnies. Les crimes dont on charge la mémoire de ce prince paraissent avoir été des inventions de ce parti rogue et malveillant, dont toutes les malignités étaient accueillies par l'opinion avec beaucoup de légèreté*.
1. Jos., Ant., XIII, X, 5; xv, 5; XVIII, i, "1. Nouveau rapprociiumetil uvuc lus jaiisônistus.
S'il fallait en croire les récils mis en circulation par les fanatiques, Arislobule aurait fait emprisonner sa mère, puis l'aurait laissée mourir de faim dans les fers*. Une telle monstruosité est bien invraisemblable. Par ailleurs, Arislobule semble avoir été un bon souverain; ïimagène d'Alexandrie, historien si sérieux, lui donnait les plus grands éloges*, et Josèphe lui-même, tout en lui attribuant de pareils crimes, lui reconnaît de rares qualités'.
Dès son avènement, Juda Arislobule prit le titre de roi elle diadème royal. Il en avait sans doute été question dès le temps de Jean Hyrcan*. On pensait de la sorte mater l'opposition des pharisiens. Ce titre ne figure pas cependant sur ses monnaies, qui portent simplement, comme celles de Jean Hyrcan :
JUDA, GRAiND-PRÊTRE, ET LE SÉNAT DES JUIFS^
Arislobule, nous l'avons dit, avait la plus grande affection pour son frère Antigone et il l'associa
i, Jos., Ant., XIII, XI, i ; B. J., I, m, I.
"2. 'Eiruuiïj; î-^itt-ro cure; ô avr.p x»t TrsXJà tcî; 'Icu^aîoi; y^piiatjtc;. Cité par Josèphe, Ant., XIII, xi, 3, d'après Strabon.