Affaire de Nabolh
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d'un certain brillant profane, n'ayant plus la solide moralité des vieux âges, mais comprenant mieux les nécessités du temps et les transformations nécessaires des sociétés.
Le luxe et le goût des arts, qui caractérisaient la nouvelle dynastie, étaient le plus grave des reproches aux yeux d'un peuple encore grossier, qui mettait son point d'honneur à rester le plus près possible de la vie patriarcale. Izébel avait apporté avec elle, de Tyr à Samarie, des parures, des bijoux, des téraphim de prix ; peut-être des ouvriers habiles l'avaient-ils suivie. On ne peut affirmer qu'il s'agisse d'elle dans un épithalame hébreu qui nous a été conservé '. Mais c'est bien à propos de l'entrée d'une fille de roi comme elle dans le sérail de Samarie qu'un poète de cour improvisa ce beau sir.
Mon cœur bouillonne un beau cantique; C'est à un roi que s'aili'essent mes vers ; Ma langue est le burin du rapide sopher.
[Au roi].
Tu es le plus beau des fils de l'homme ; La grâce est répandue sur tes lèvres ; Aussi Dieu t'a-t-il béni pour toujours.
1. Psaume \lv. Notez, dans ce morceau, l'absence du nom de lahvé.
26i HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [880 av. J.^:.]
Ceins ton glaive sur ta cuisse, ô gibhor. Ton glaive, la gloire et ta parure ;
Avance porté sur le char de foi et de justice ; Quelles belles choses ta droite va t'apprendre !
Flèches aiguës !...
l.es peuples tombent sous toi !...
Au cœur des ennenrjis du roi ^
Dieu t'a intronisé pour l'éternité ;
C'est un sceptre de droiture que ton bâton royal.
Tu as aimé la justice et haï l'iniquité ;
Voilà pourquoi ton Dieu t'a oint
D'une huile de joie, de préférence à tes pairs.
Myrrhe, aloès et cinname s'exhalent de tes vêtements; Du sein des palais d'ivoire" des concerts te réjouissent.
Des filles de rois comptent parmi tes joyaux; l.a reine est à ta droite, parée de l'or d'Ophir.
[A la reine].
Ecoute, ma fille, et regarde, et incline ton oreille, Oublie ton peuple et la maison de ton père ;
Et le roi deviendra amoureux de ta beauté, Car il est ton maître; tombe devant^lui.
1. Images qui semblent empruntées au bas-relief triomphal d'un roi égyptien.
2. Comparez le belh has-sen de Samarie (T Rois, xxii, 39, et Amos III, 15).
[880 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 265
Et la ville de Tyr t'apportera des présents,
Les gens les plus opulents rechercheront ta faveur.
Toute resplendissante est cette fille de roi ; Son manteau est lamé d'or.
En robe brodée, elle est introduite auprès du roi; Derrière elle sont les vierges ses compagnes... [Au. roi] C'est pour toi qu'on les amène.
On les introduit avec des cris de joie et des danses; Elles entrent dans le palais du roi.
[Au roi].
A la place de tes pères seront tes fils ; ïu les établiras princes sur tout le pays *.
On célébrera ton nom de génération en génération ; Les peuples te loueront à jamais.
Samarie vit ainsi, cent ans après Jérusalem, une riche floraison de vie profane. La base de la politique des Omrides fut la paix des deux royaumes et la bonne entente d'abord avec Asa, puis avec Josaphat. Tout cela promettait à Israël un bel avenir. Samarie et Jérusalem allaient rivaliser avec Tyr et Sidon. La civilisation allait triompher dans un pays qui n'avait connu jusque-là que la barbarie. Mais l'homme qui a une vocation n'est pas bon à autre chose. Israël portait dans son sein l'avenir reli-