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L'enfant ressuscité d'Élie et d'Elisée

1. II Rois, IV, 38 et suiv. Guérison de la lèpre, fait de Naaman, II Rois, v; l'Abana et le Pharphar, II Rois, v, 12. — Singulier récif, II Rois, xiii, 14 et suiv.

5. Choquants, surtout si Ton songe que la thaumaturgie d'Élie et d'Elisée a été le type de la thaumaturgie évangélique, qui lut la grande tache du christianisme naissant. Les récits développés de miracles, dans les Évangiles, viennent de là.

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et conçue dans un esprit singulièrement hyperbolique. Il paraît, cependant, que le miracle, avec son accompagnement ordinaire d'imposture et de simagrées, fut un élément de ce prophétisme du temps des Omrides, où le mal et le bien se mêlent en parts presque égales. Bab\lone et l'Egypte n'étaient pas plus exemptes que le peuple d'Israël de ces chimères. L'idée de dons surnaturels conférés à certains hommes est l'erreur commune des races les plus élevées comme des races les plus déprimées de l'antiquité.

A l'époque, relativement moderne, oii s'écrivit la légende de ce mouvement extraordinaire, on tint essentiellement à centraliser raction prophétique entre les mains de deux chefs, dont l'un, fondateur surhumain, sorte de second Moïse, dépositaire des pouvoirs divins en son temps sur la terre, était censé avoir transmis à l'autre, avec son manteau, ses dons surnaturels ^ Presque tout ce que nous lisons sur Élie et Elisée, dans les livres des Rois, est tiré de ces Vies de prophètes, empreintes d'un caractère fanatique et d'un dédain absolu de la réalité \ où se complut l'école théocratique.

i.II Rois, II.

2. Les parties relatives à Élie et Elisée, extraites de l'agada prophétique, sont : I Rois, xvii, xviii, xix ; II Rois, i (moins la

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Tout cela a été écrit longtemps après les faits. Ces centaines de prophètes tués, fugitifs, cachés dans les montagnes et les cavernes \ cette espèce de géant en qui se résume tout un âge du génie prophétique d'Israël, sentent manifestement la légende. Le rôle d'Élie surtout, a peu d'attaches sérieuses avec les données authentiques de Thistoriographie israéhte. Son nom « lah est mon dieu » semble le résumé de son rôle -. On ne donne pas le nom de son père. Il n'est de nulle part; car ce nom de

première phrase et la dernière), ii, iv, v, vi, vu, viii (jusqu'au V. 45), IX (jusqu'au v. 13), x (de 18 à 30), xiii (v. 20-21); H Chrou., XXI (v. 12-15). II y a, outre cela, des parties non extraites de l'agada, et où il est question d'ÉIie : I Rois, xxi (Naboth) ; II Rois, m (Mésa, Elisée); allusion à la mort' de Jézabel. II Rois, ix (cf. I Rois, xxi, 23). Le passage xiii, 14 et suiv., est tout à fait énigmatique et d'une source à part. Notez que, dans le chapitre xx, qui n'est pas de l'agada, et où il est beaucoup question de prophètes, Élie n'est pas nommé. Même observation pour le chapitre xxii. L'historiographe des chapitres XX et xxii exclut Élie. Achab, en ces chapitres, n'est pas trop mal avec les prophètes. La consultation xxii, 5 et suiv., est inconciliable avec les récits sur Élie. Les exagérations et les impossibilités surabondent en ces récits. La vie d'Elisée manque de topographie précise (II Rois, v, 24, '?D^n ; vi, init.); l'onomaslique y est vague (le roi de Syrie, le roi d'Israël) ; l'auteur évite les noms propres.

1. I Rois, xviii, 4, 13; xix, 10-14. Tous sont tués excepté Élie. xviii, 22; xix, 14. Cf. II Rois, ix, 7.

2. Notez que le préfet du palais, comparse d'ÉIie, s'appelle aussi Ohadiahou.

Thesbite, supposant une localité de Thisbé, qui n'a jamais existé, n'est que le résultat d'une erreur de copiste^ Sa vie, enfin, semble par moment, n'être qu'un décalque de celle d'Elisée ^ H y a donc peu d'histoire à extraire de ces fables grandioses. Élie est, en un sens général, une personnification idéale du prophète puritain de lahvé, en opposition avec l'éclectisme religieux, dont Salomon avait donné l'exemple en Juda et qu'en Israël Achab s'efforçait d'imiter.

Dans le cas d'Élie, comme dans le cas de Jésus, c'est surtout la légende qui fut féconde. Cette biographie sombre et sans charme, à la fois sublime et côtoyant le ridicule, grotesque même parfois, autant que la haute antiquité permet l'emploi d'un tel mot, resta comme le levain puissant des révolutions futures. Moïse n'est qu'un ministre de Dieu, un porte-parole agréé de l'Éternel. Élie est maître

1. "'3t!7nn est une variante redoublée de ''D*^nîD qui est à côté. I Rois, XVII, 1. Voy. Tobie, i, verset 1.

2. Comparez II Rois, ii, 13 et suiv., à II Rois, ii, 8; — II Rois, viii, 1, à I Rois, XVII, \ ; xviii, 1 ; — II Rois, vu, i et suiv., à

1 Rois, xviiT, Ai et suiv. ; — II Rois, viii, lO, à II Rois, i, 4; — II Rois, IX, 7 et suiv., à I Rois, xxi, 21 et suiv. ; — II Rois, iv,

2 et suiv., à I Rois, xvii, il et suiv ; — II Rois, iv, 8 et suiv., à I Rois, XVII, 17 et suiv. ; — Il Rois, ii, 23 et suiv., à II Rois, i, 10 et suiv.

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des saisons, de la rosée, de la pluie ^ Il fait peser sur des pays entiers des années de sécheresse, d'aiïreuses famines. 11 vit en ascète dans le désert, de l'eau de ruisseaux qui ne tarissent pas, nourri par les corbeaux, qui lui apportent sa portion journalière. Son vêtement est une peau de bête avec ses poils, retenue par une ceinture de cuir'\ Sa thaumaturgie est étrange et pourtant vise à être à demi raisonnable; il ressuscite les morts en se collant sur eux et leur passant son fluide de vie, comme par un courant d'induction. Sa présence est encore plus redoutable que bienfaisante. Elle rappelle les péchés d'une maison, et, le malheur étant la suite du péché, elle porte malheur. Traqué comme une bête fauve par les rois*^ , il est avec eux d'une impertinence suprême^. Ses défis aux prêtres de Baal sur le GarmeP sont le comble de l'orgueil théologique. Il ne meurt pas ^; enlevé au ciel sur un char de feu, il est réservé pour les fables futures, bien plus hardies encore. Élie sera la base

i. I Rois, XVII, 1 et suiv.

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