Comparez Exode, xxxiii
[880 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 287
ment de terre. — Après le tremblement de terre, c'est un feu; lahvé n'est pas dans le feu. — Après le feu, c'est un petit bruit doux et léger. A ce signe, Élie reconnaît lahvé et se voile la face avec son manteau ^ Le dernier compilateur de ces histoires a si peu le sentiment de l'unité de son récit, qu'il oublie les louanges accordées, quelques pages plus haut, à d'affreux massacres censés commandés par ce même prophète, à qui lahvé donne ici une si admirable leçon de douceur.
La légende, en ce qui concerne Élie, a-t-elle tout à fait travaillé dans le vide? Nous ne le pensons pas plus qu'en ce qui concerne Jésus. Le prophétisme d'Amos et d'Osée, que nous connaissons par des documents directs, n'est postérieur que de soixante ans à ÉUe et Elisée. Or le ton en est aussi violent que celui que les agadas prêtent à Élie et à Elisée. Comme Élie et Elisée, Amos arrête les fléaux divins^. Le rédacteur dit jéhoviste de l'Hexateuque montre par moments ^ une férocité comparable à celle qu'on prête à Élie. Elisée est certainement un personnage historique, et il était
i. I Rois, XIX.