Par exemple, Éliézer, Gen., xxiV
[850 a V. J.-C . I L E S D E i: X R 0 Y A U M E S. ^il
recouverte du voile mythique, une conception triste et sombre de la nature, une sorte de haine pessimiste de l'humanité. Son lahvé est terrible, toujours irrité; il se repent tant de fois d'avoir créé l'homme qu'une logique méticuleuse arriverait à se demander pourquoi il Ta fait. On croit entendre les doléances de ces derniers hégéliens de nos jours, se délectant dans la méditation du péché et fondant la religion sur l'obsession de l'idée du mal. Les récits de la chute, de Gain et d'Abel, des géants ou nefdim, du déluge, ont pour unique objectif de montrer que la pensée de l'homme aboutit fatalement au mal K Comme tous les prophètes, le jéhoviste a une sorte de haine pour la civilisation, qu'il envisage comme une déchéance de l'état patriarcal. Chaque pas en avant dans la voie de ce que nous appellerions le progrès est à ses yeux un crime, suivi d'une punition immédiate. La punition de la civilisation, c'est le travail et la division de l'humanité. La tentative de culture mondaine, profane, monumentale, artistique de Babel est le crime par excellence. Nemrod est un révolté. Quiconque est grand en quelque chose devant lahvé est un rival de lahvé.