LE LIVRE DE L'ALLIANCE
L'idée du Dieu législateur est une idée commune à toute l'antiquité. L'humanité, dans ces âges pesamment réalistes, ne pouvait concevoir la loi morale que comme le commandement d'un être supérieur. Elle objectivait la voix de sa conscience en une voix émanée du ciel. Le profond mouvement religieux qui s'opéra dans le royaume d'Israël, au ix'' siècle avant Jésus-Christ, se résumait en l'affirmation obstinée que lahvé est un Dieu juste, qu'il veut le bien et demande à l'homme de se conformer aux règles absolues du droit. Le corollaire presque immédiat d'une telle conception était une loi censée émanée de lahvé et se donnant pour l'expression de sa volonté. H n'est pas douteux que l'écrivain qu'on est convenu d'appeler « le jéhoviste», en entreprenant son histoire sacrée, n'ait eu pour but principal
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cUy insérer un code résumant d'une manière abrégée les préceptes de lahvé. Moïse fut supposé l'intermédiaire de ces communications divines, le législateur par excellence. Moïse avait-il déjà ce caractère dans les livres antérieurs, en particulier dans le livre des Guerres de lahvé? On en peut douter. Il était naturel que le chef qui lirait le peuple de rÉgypte au nom de lahvé devînt l'interprète du pacte de lahvé avec son peuple. Mais cette idée même d'un pacte moral entre le Dieu libérateur et la tribu délivrée supposait un immense progrès moral, qui doit sans doute être rapporté à la grande école des prophètes Élie et Elisée.
C'est surtout par la manière dont il fixa les contours de la législation mosaïque, que le premier rédacteur de l'Histoire sainte se fit dans l'évolution d'Israël une place à part. Son livre fournit le cadre de tous les développements postérieurs de laThora. Le deutéronomiste ne fit que l'imiter ; les pandectes juridiques , résultat du travail religieux qui amena, accompagna et suivit la restauration du temple de Jérusalem, ne firent que le copier et le commenter.
La révélation a lieu, selon le jéhoviste, dans ce redoutable entassement de montagnes rocheuses et métalliques qu'on rencontre dans la péninsule ara-
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bique, six ou sept jours après avoir quitté l'isthme en allant vers le Sud^ . Un effroyable orage couronne les sommets. Le peuple tremble, se tient à distance; Moïse seul s'approche des ténèbres où est Dieu. Il en rapporte les prescriptions que voici
Tu nie feras un autel de terre, et tu immoleras dessus tes oloth et les selamim % tes brebis et tes bœufs. En tout Heu où j*attacherai mon nom*, je viendrai vers loi et je le bénirai, et, si lu me fais un autel de pierres, lu ne le bâtiras pas en pierres de taille (de telles pierres sont profanées par cela seul qu'on a passé le fer sur elles). El lu ne monteras pas à mon autel par des degrés % de peur que, quand tu es dessus, ta nudité ne paraisse.
Le prêtre, dominant les foules du haut d'un autel élevé, déplaisait à ces tribus restées nomades et patriarcales. On se rabattait, pour critiquer les autels exhaussés par des marches, sur un inconvé-