Ibid., IX, 11 et suiv
436 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [800 av. J.-C.]
Cette ardente révolte contre l'ordre établi, cette fausse situation d'un Judaïte prêchant l'anathème et la destruction en plein royaume d'Israël, était difficilement tenable. Amos avait surtout trois menaces par lesquelles il effrayait les populations : les sauterelles, le feu, le fil à plomb. Il disait avoir vu lahvé au moment où il forme les sauterelles après la fenaison royale^. Les sauterelles allaient tout dévorer; par sa prière, le prophète les arrêtait. — Le feu de même commençait par absorber la Méditerranée, puis il allait manger la terre. La prière l'arrêtait encore. — Quant au niveau ou fil à plomb, rien ne l'arrêtait. Il se promenait en maître sur les hauts-lieux d'Isaac et les sanctuaires d'Israël. C'était le signe d'une absolue dévastation. La maison de Jéroboam II, en particulier, serait toute livrée au glaive. A Béthel, où Amos exerçait son ministère de terreur, cela faisait une vive émotioa. Amasiah, prêtre de Béthel, dénonça Amos au roi d'Israël, et fit remarquer que le pays ne pouvait supporter un homme qui annonçait tous les jours l'extermination de la maison royale et la déportation du peuple. En même temps, il disait assez sensément à Amos : ce Voyant, retourne en la terre de
4 . Le roi avait droit au premier fauchage, les autres fauchages étaient pour le peuple.
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Juda ; là, mange ton pain et prophétise à ton aise. Mais, à Béthel, tu ne saurais continuer à prophétiser; car c'est un sanctuaire royal*, un établis sèment national^. »^Amos lui répondit :
Prophète ne suis,
Fils de prophète ne suis,
Berger je suis, Simple pinceur de sycomores ^.
Et lahvé m*a pris de derrière mon troupeau Et m'a dit : « Va, prophétise à mon peuple d'Israël. »
Amos ne céda point; il continua de se répandre en prophéties terribles contre TÉtat et contre le prêtre de Béthel.
Ce qu'on peut appeler le système prophétique est déjà complet chez Amos. ce Le jour de lahvé », c'està-dire l'apparition de lahvé en juge suprême, en redresseur de torts, est déjà l'idée fixe d'Israël» Du livre d'Amos à la vision de Patmos, pas un trait essentiel ne sera ajouté au tableau. Le Dies irœ aies illa est esquissé d'avance. Le sentiment de la justice était si ardent chez l'Israélite pieux, que toute violation du droit lui semblait entraîner comme conséquence nécessaire la fin du monde. Dès