‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 274 sur 337 · II Rois, XV, 32-38; II Chron., xxvii · texte numérisé non relu

II Rois, XV, 32-38; II Chron., xxvii

[750 av. J.-C.J LES DEUX ROYAUMES. 463

Quand une grande force politique se trouve en contact avec des petites forces divisées, il se fait toujours une polarisation. L'empire d'Allemagne, au moyen âge, par sa position à côté et au-dessus des républiques italiennes, créait deux partis, le parti guelfe et le parti gibelin. Un fait analogue se passa en Syrie, dès que l'on commença d'y sentir la puissance ninivite. Damas et Israël, oubliant leurs longues querelles, se mirent à la tête d'une ligue contre l'Assyrie. Juda, du même coup, fut incliné vers un parti tout contraire. Des le règne de Jotham, Résin, roi de Damas, et Péqah fils de Remaliah harcelèrent cruellement le royaume de Juda. Bientôt nous verrons, sur l'appel de Juda, l'armée assyrienne apparaître pour la seconde fois dans la région de l'Abana et du haut Jourdain.

Ce qui faisait peser si lourdement l'Assyrie sur les affaires syriennes, c'était en réalité l'Egypte. Par la croissance subite du royaume ninivite, se produisit un antagonisme comme il en naît toujours lorsque deux nations s'affrontent pour l'hégémonie du monde. L'Egypte et l'Assyrie étant les deux masses les plus puissantes qu'on eut encore vues, la loi fatale qui régit l'humanité, quand elle n'est conduite que par ses instincts brutaux (hélas!

4Gt HISTOIRE DU PEUPLE DISUAËL L750 av. J.-C]

qu'un tel état est loin d'être passé !), voulait qu'elles se combattissent. Par-dessus la tête des petits royaumes de Syrie, les deux grands empires se regardaient, se mesuraient de l'œil. L'Egypte était, en général, alliée aux villes de Phénicie *; ce qui amenait avec l'Assyrie des complications pleines de dangers. L'opinion publique, dans les États jordaniques, était fort excitée. Le va-et-vient des alliances - créait en ces petits pays de terribles oscillations. Cela augmentait fort la commune bassesse. On soupesait sans cesse les forces des rivaux; on était à l'affût de leurs défaillances; on s'avouait faible; on était d'avance h moitié vaincu, par le seul fait d'être à ce point préoccupé des querelles des forts.

Le prophétisme surtout souffrit de ces intrigues. Le goût de l'imbroglio politique se développe facilement dans les coteries pieuses; les dévots se plaisent souvent aux tripotages de la diplomatie. Les prophètes, étant essentiellement des publicistes, voudront être au courant des secrets politiques des grandes puissances. Aux révélations d'en haut ils mêleront trop souvent les commérages des nouvellistes. Dans ces questions, toujours

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