Notez que II Sam., xi, I, et xii, 26, se font suite
42 HISTOIRE DU PEUPLE DJSRAËL. [1020 av. J.-C]
ajouté, qui soit prononcé à ce sujet ». David vint et prit la ville. Il enleva la couronne d'or, enrichie de pierres précieuses, de dessus la tête du roi vaincu et la mit sur la sienne. Le butin fut immense. On fit sortir tout le peuple, et on le massacra de la façon la plus cruelle. Les uns furent sciés, les autres mis sous des herses de fer ou des faux de fer, qu'on promena sur eux; d'autres furent jetés dans les fours à briques. Toutes les villes d'iVmmon subirent le même traitement.
La cruauté a toujours fait partie de la guerre en Orient. La terreur y est considérée comme une force. Les Assyriens, dans les bas-reliefs des palais, représentent les supplices des vaincus comme un acte glorieux. Le royaume des saints, d'ailleurs, ne fut pas fondé par des saints. Rien encore, à l'époque où nous sommes, ne désignait Israël pour une vocation spéciale de justice et de piété.
On a tout à fait faussé l'histoire, en présentant David comme le chef d'un royaume puissant, ayant à peu près embrassé toute la Syrie \ David fut roi de Juda et d'Israël; voilà tout. Les peuples voisins, hébreux, chananéens,araméens, philistins, jusqu'à la hauteur de l'Hermon et jusqu'au désert, furent
i . Notez la conception du royaume de David dans Amos, ix, l'2.
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vigoureusement assujettis, et plus ou moins ses tributaires. En réalité, sauf peut-êlre la petite ville de Siklag\ David ne fit aucune annexion de pays non israélite au domaine israélite. Les Philistins, les Édomites, les Moabites, les Ammonites, les Araméens de Soba, de Damas, de Rehob, deMaaka, furent après lui ce qu'ils avaient été auparavant, seulement un peu affaiblis. La conquête n'était pas dans l'esprit israélite. La prise de possession des terres chananéennes paraissait un fait d'un autre ordre. On s'habituait, de plus en plus, à l'envisager comme l'exécution d'un décret de lahvé. Ce décret ne s'étendant pas aux terres d'Édom, de Moab, d'Ammon, d'Aram, on se croyait autorisé à traiter les Édomites, les Moabites, les Ammonites, les Araméens avec la dernière dureté, à leur enlever leurs richesses métalliques, leurs objets de prix, mais non à prendre leur terre ^, ni à changer leur dynastie. Aucun des procédés des grands empires à la façon assyrienne n'était connu de ces petits peuples, à peine sortis de l'état de tribu. Ils étaient aussi cruels qu'Assur, mais infiniment moins
1. Les hésitations sur l'attribution de Siklag aux tribus de Juda ou de Siméon (Josué, xv, 3i ; xix, 5) sont là preuve d'unc^ rédaction postérieure à David.