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cain le plus convaincu n'en invoquait pas moins saint Roch en temps de peste, ou saint Nicolas en ses voyages de mer. Ainsi David put très bien n'avoir' ostensiblement le culte que d'un seul dieu protecteur, sans trouver mauvais qu'un de ses fils s'appelât Baaliada, ni qu'on sacrifiât à Milik sur les hauteurs voisines de Jérusalem, ni que, tour à tour, dans un même endroit, on sacrifiât à lahvé, à Baal et à Milik. Sur les cachets hébreux provenant de Jérusalem, et qui paraissent remonter aux temps anciens de la royauté, le composant Milik se présente souvent *.
Ce n'est pas directement, d'ailleurs, cest indirectement et par voie de conséquence que David exerça une influence de premier ordre sur la direction religieuse d'Israël. Par la construction de Jérusalem, il créa la future capitale du judaïsme, la première ville sainte du monde. Gela ne fut guère dans ses prévisions. Sion et les lourds bâtiments qui la couronnaient furent pour lui une forteresse, rien de plus. Cependant il posa la condition de la destinée religieuse de cette colline ; car il commença d'y centraliser le culte national. lahvé s'acheminait
1. De Vogiié : Mél. d'arch. orient., p. 13(S ; Lévy (de Brcslau), Gemmen, p. 38, 44; Clermonl-Ganneau, dans le Journal asiat.j mars 1883, p. 130.
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lentement vers la colline qu'il avait choisie. Grâce à David, Tarche d'Israël trouva sur la colline de Sion la fin de ses longues pérégrinations.
Nous avons laissé le meuble sacré à Kiriat-Iearim, dans la maison d'Abinadab, sur la hauteur. Par suite de la funeste bataille d'Afek \ l'arche avait été perdue pour Silo et la tribu d'Éphraïm, qui l'avaient gardée auparavant. David tenait essentiellement à doter sa nouvelle capitale de cet objet, dont l'importance politique ne pouvait échapper à son esprit clairvoyant. La cérémonie de translation fut solennelle ^. La distance de Kiriat-Iearim à Jérusalem est d'environ deux lieues. On fit un char neuf, sur lequel on mit le précieux coffre a\ecseskeroiib: des bœufs le traînaient. Les deux fils d'Abinadab, Uzza et Ahio, marchaient en tête. David et le peuple dansaient devant lahvé, au son des cinnors, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales.
lahvé était un dieu terrible; on se rappelait que les Philistins n'avaient pas voulu garder chez eux cet hôte redoutable, et l'avaient renvoyé pour qu'il devînt ce qu'il voudrait. Un accident qui survint dans le cortège troubla l'enthousiasme joyeux. Un
l.Voy. t. P'-, p. 377.
2. II Sam., VI, récit vrai au fond, entouré de circonstances légendaires.
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des fils d'Abinadab, ou peut-être simplement un des hommes du cortège, tomba évanoui, et, dit-on, mourut. Cela parut une marque du mécontentement de lahvé. On s'arrêta. « David eut peur de lahvé ce jour-là, y> et, ne voulant point amener Tarche à Sion, il la fit déposer dans la maison d'un certain Obédédom \ qui devait être située vers les abords nord-ouest de la ville actuelle. Obédédom était un de ces Gattites qui s'étaient attachés à la fortune de David. Sa qualité de non israélite faisait peut-être croire que lahvé serait moins exigeant et moins sévère envers lui qu'envers ceux qui avaient à son égard un pacte plus spécial; peut-être aussi Obédédom, étranger à la religion de lahvé, fut-il moins effrayé que les autres des responsabilités qu'il encourait, etlaissa-t-il faire.
L'accident de la route donna bien vite naissance à des légendes. On raconta qu'Uzza, ayant vu les bœufs broncher et l'arche sur le point de tomber, porta la main pour la soutenir. Or lahvé ne souffrait pas plus d'être touché que regardé. Il n'aimait pas qu'on se mêlât de ses affaires, même pour l'aider. Il frappa de mort l'indiscret. On fit des remarques
1. Nom singulier. l\ faut peut-être lire Abdadam. Cf. Corpus inscr. semit., l'" partie, n» -295, et Journal asiat, avril-juin 1887, p. i69-47l (Berger).
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sur les noms de lieux. L'endroit où l'accident était arrivé s'appelait Pérès-Uzza, et il y avait là une aire dite Gorn-Nakon ou Gorn-Kidon, noms auxquels on trouva des sens fâcheux.
L'arche resta trois mois dans la maison d'Obédédom, et fut pour cette maison une source de bénédictions. David alors se ravisa, et, voyant que le coffre portait bonheur, le voulut près de lui, dans sa ville de Sion. La distance était très peu considérable. David organisa une translation à bras, plus solennelle encore que la première, et dont on raconta également des merveilles. De six pas en six pas, on immolait un taureau et un veau gras. David, revêtu d'un éfod de lin, dansait de toute sa force devant lahvé. Le peuple dansait, criait, sautait à l'entour, au son des trompettes et des instruments. L'arche fut ainsi amenée jusqu'à Sion, où on lui avait préparé une tente, sans doute dans le niillo^ à côté du palais ^
On sent encore le rythme de ces danses sacrées dans un cantique, remanié à plusieurs reprises, qui nous a été conservé dans le livre des Psaumes. Le début du cantique nous reporte aux temps les plus antiques du culte d'Israël' :
\. IISam.,\i, 17.