I.K CANARD AU BALLON
La force de support étant estimée à 2,500 livres et les poids réunis de cinq individus seulement à 1.200 environ il restait un surplus de 1.300, dont 1,200 étaient prises par le lest, réparti en différents sacs, dont le poids était marqué sur chacun, — par les cordages, les baromètres les télescopes, les barils contenant des provisions pour une quinzaine, les barils d’eau, les portemanteaux, les sacs de nuit et divers autres objets indispensables, y compris une cafetière à faire bouillir le café à la chaux pour se dispenser totalement de feu, si cela était jugé prudent. Tous ces articles, à l’exception du lest et de quelques bagatelles, étaient appendus au cerceau. La nacelle est plus légère et plus petite à proportion que celle qui la représente dans le modèle. Elle est faite d’un osier fort lé-er et singulièrement forte pour une machine qui a l’air si fra gile. Elle a environ quatre pieds de profondeur. Le gouvernail diffère aussi de celui du modèle en ce qu’il est beaucoup plus large, et que la vis est considérablement plus petite. Le ballon est en outre muni d’un grappin et d m S mde- r o P e , ce dernier étant de la plus indispensable ufilitite. Quelques mots d’explication seront nécessaires ici pour ceux de nos lecteurs qui ne sont pas versés dans les details de Faérostation.
Aussitôt que le ballon quitte la terre, il est sujet à l’inuence de mdJe circonstances qui tendent à créer une 1 erence dans son poids, augmentant ou diminuant sa orce ascensionnelle. Par exemple, il y a parfois sur a soie une masse de rosée qui peut aller à quelques centarnes de livres; il faut alors jeter du lest, sinon l’aérostat cendra. Ce lest jete, et un bon soleil vaporisant laroe augmentant la force d’expansion du gaz dans la soie,
-e tout . montera de nouveau très-rapidement. Pour modécette ascension, le seul moyen est (ou plutôt était jusqu au gmde-rope inventé par M. Charles Green), la fa-
le canard ad ballon.
cuité de faire échapper du gaz par une soupape ; mais la perte du gaz impliquait une déperdition proportionnelle de la force d’ascension ; si bien que, dans un laps de temps comparativement très-bref, le ballon le mieux construit devait nécessairement épuiser toutes ses ressources et s’abattre sur le sol. C’était là le grand obstacle aux voyages un peu longs.
Le guide-rope remédie à la difficulté de la manière la plus simple du monde. C’est simplement une très-longue corde qu’on laisse traîner hors de la nacelle, et dont l’effet est d’empêcher le ballon de changer de niveau à un degré sensible. Si, par exemple, la soie est chargée d’humidité, et si conséquemment la machine commence à descendre, il n’y a pas nécessité de jeter du lest pour compenser l’augmentation du poids, car on y remédie, ou on la neutralise, dans une proportion exacte, en déposant à terre autant de longueur de corde qu’il est nécessaire. Si, au contraire, quelques circonstances amènent une légèreté excessive et une ascension précipitée, cette légèreté sera immédiatement neutralisée parle poids additionnel de la corde qu’on ramène de terre.
Ainsi le ballon ne peut monter ou descendre que dans des proportions très-petites, et ses ressources en gaz et en lest restent à peu près intactes. Quand on passe audessus d’une étendue d’eau, il devient nécessaire d’employer de petits barils de cuivre ou de bois remplis d’un lest liquide plus léger que l’eau. Ils flottent et remplissent l’office d’une corde sur la terre. Un autre office très-important du guide-rope est démarquer la direction du ballon. La corde drague, pour ainsi dire, soit sur terre, soit sur mer, quand le ballon est libre; ce dernier conséquemment, toutes les fois qu’il marche, est en avance ; ainsi, une appréciation faite, au compas, des positions des deux objets, indiquera toujours la direction.
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De la même façon, l'angle formé par la corde avec l’axe vertical de la machine indique la vitesse. Quand il n’y a pas d’angle, — en d’autres termes, quand la corde descend perpendiculairement, c’est que la machine est stationnaire ; mais plus l’angle est ouvert, c’est-à-dire plus le ballon est en avance sur le bout de la corde, plus grande est la vitesse ; — et réciproquement.
Gomme le projet des voyageurs, dans ie principe, était de traverser le canal de la Manche, et de descendre aussi près de Paris qu’il serait possible, ils avaient pris la précaution de se munir de passe-ports visés pour toutes les parties du continent, spécifiant la nature de l’expédition, comme dans le cas du voyage sur le Nassau, et assurant aux courageux aventuriers qpe dispense des formalités usuelles de bureaux ; mais des événements inattendus rendirent leurs passe -ports superflus. L’opération du gonflement commença fort tranquillement samedi matin, 6 du courant, au point du jour, dans la grande cour de Weaî- ^ur-House, résidence deM. Osborne, à un mille environ de Penstrutaal, dans la Galles du Nord ; et, à onze heures sept minutes, tout étant prêt pour le départ, le ballon fut lâché et s’éleva doucement, mais constamment, dans une direction presque sud. On ne fit point usage, pendant la première demi-heure, de la vis ni du gouvernail.
Nous nous servons maintenant du journal, tel qu’il a été transcrit par M. Forsyth d’après les manuscrits réunis de MM. MonckMason et Ainsworth. Le corps du journal, tel que nous le donnons, est de la main de M. Mason, et d y a été ajouté un post-scriptum ou appendice de M. Ainsworth, qui a en préparation et donnera très- prochainement au publie un compte-rendu plus minutieux du voyage, et, sans aucun doute, d’un intérêt saisissant.
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