A D'ANCIENS AMIS ELOIGNES
Un mot de vous franchit l'espace, Et vient réveiller tout mon cœur.
L'amitié reprend sa fraîcheur.
Ah ! qu'un bon souvenir délasse !
Où sont nos plaisirs d'autrefois ?
Perdus au fond de la mémoire, Usés comme une vieille histoire, Dépossédés comme les rois.
Notre existence e^t couronnée Par l'oubli de nos compagnons.
Sitôt que nous nous éloignons Chacun peut compter double année.
L,e voile qu'a jeté le temps Sur l'âge de pure tendresse Vous l'enlevez avec adresse Et je revois notre printemps.
Je vous rev'ois (en plein automne; La tête jeune et le teint frais.
Je ne vous connais d'autres traits...
Vous ignorez que je grisonne.