Société des Courses de Deauville
Total 560.050 fr.
Comme on le voit, la part contributive officielle — notamment celle du chemin de fer de l'Ouest-État, qui tire un profit considérable du mouvement créé par Deauville, — est dérisoire et pourrait être supprimée sans qu'on s'en aperçût.
gros d'ouvrage, il fait une rentrée honorable, mais rien de plus, dans le Royal-Oak. Puis, à quelques jours de là, il enlève successivement la Coupe d'Or de Maisons-Laffitte (sur un lot dont faisait partie Isard II, qui lui rend 8 livres) et, peu après, le prix du Conseil Municipal, battant, entre autres, Brûleur et Isard II, à poids égal. Ce brillant succès du vieux sang de Dollar — que M. Aumont a si judicieusement ramené à Victot — • fut très chaleureusement accueilli, et le style de la victoire de Nimbus, remportée après avoir lui -même réglé l'allure dès le départ et sous la grosse surcharge de son âge — plus sensible encore en raison de sa petite taille, — fait bien augurer de ses qualités de tenue et permet à son propriétaire d'envisager pour son poulain une brillante carrière de quatre ans.
On peut également voir un stayer en Brûleur (Choubersky et Basse- Terre), frère de mère de Basse-Pointe, à M. E. de Saint-Alary, qui semble avoir besoin des 3.000 mètres de la grande piste de Longchamp pour donner toute sa mesure, car c'est sur cette distance qu'il fournit ses deux meilleures performances. Non placé, pour ses débuts, dans le prix Juigné; second, à une encolure de Père Marquette, dans le prix Hocquart, il s'adjuge ensuite le petit prix des Lilas et le prix La Rochette, dans lequel il n'a rien à. battre; se place troisième, dans le prix du Jockey-Club, derrière Dagor et Baldaquin; puis, en l'absence de ceux-ci, abaisse à 3' 13'' 2/5, dans le Grand Prix, le record du temps, détenu jusqu'alors par Northeast, avec 3' 14" 2/5.
Cette victoire ne va pas sans quelque réserve. Au moment où son jockey l'amène à la distance, il marque un assez violent écart et coupe son suivant immédiat, 0/)o«, qui, pour ne pas être arrêté net, se jette sur la droite, écrasant, pour ainsi dire, Écouen contre la corde!
Brûleur eût-il gagné en tout état de cause? Il est permis de le supposer, bien que les avis soient partagés sur ce point. Il n'en est pas moins certain que le troisième, Écowe/i, subit un préjudice considérable qui l'empêcha de donner sa mesure à l'instant critique. L'accident était involontaire et l'appUcation stricte du règlement n'eût-elle pas paru bien rigoureuse? Il y avait cependant le précédent du Grand Prix de Deauville où, dans des circonstances analogues, le gagnant, Fourire, fut distancé en 1900, et, cette année même, comme on le verra, Craganour fut privé du bénéfice de sa victoire dans le Derby d'Epsom pour un fait semblable. Les Commissaires de la Société d'Encouragement se contentèrent d'infliger une mise à pied de quinze jours à Stern, le cavalier de Brûleur.
Huit jours plus tard, le poulain de M. de Saint-Alary ne joue aucun rôle dans le prix du Président de la Répubhque. Mis au repos pendant l'été, il reparait dans un handicap, à Chantilly, où, sur 2.000 mètres, il succombe contre un médiocre quatre ans, auquel il rend 17 livres et l'année, il est vrai; puis il enlève le prix Royal-Oak qui, pour la sixième fois seulement depuis sa création, met en présence les gagnants
respectifs du Grand Prix et du Jockey-Club (1), fait une course obscure dans le prix du Conseil Municipal, et, finalement, ne peut rendre 14 livres et le sexe à la médiocre Coraline, sur les 2.600 mètres du prix Edgard Gillois.
Après ces deux chefs de file, viennent Dagor, Isard II et Écouen, qui, suivant les circonstances, ont fait preuve de qualité, mais dont les moyens paraissent plus limités.
Dagor (Flying-Fox et Roquette), à M. E. Blanc, paie peu ae mine. C'est un poulain bai, à l'encolure courte, aux crins drus. Il ne confirme pas tout d'abord ses performances de deux ans et, après une pénible victoire dans le prix Egdard de la Charme sur le médiocre Gloster, son écurie en conclut qu'il manque de tenue et, dès les forfaits du mois de mai, elle le retire du Grand Prix. Il remporte alors avec aisance la Poule d'Essai sur Écouen, n'est pas placé derrière celui-ci dans le prix Lupin, puis, tandis que la faveur publique se porte, dans le prix du Jockey-Club sur Brûleur, Nimbus, Écouen et Isard II, il met tout le monde d'accord en gagnant de deux longueurs sur Baldaquin, qui précède d'à peu près autant Brûleur. Il n'a rien à battre dans le prix Kergorlay, à Longchamp; ne joue aucun rôle dans le prix du Cinquantenaire, à Deauville, non plus que dans le Royal- Oak; s'adjuge le prix du Prince d'Orange sur Prédicateur hors de forme et le prix Saint-Simon, sur lot médiocre, et n'est pas placé dans le prix du Cèdre, où il rend de 12 à 16 livres à ses adversaires, sauf à Isard II, qui le précède enrore comme dans le Royal-Oak.
Isard II (Le Samaritain et Irish Idyll) est un poulain gris, né au haras de Bagnères-de-Bigorre, chez M. P. Comet, que le baron
1) Le problème que pose le prix Royal-Oak est de savoir quelle est la forme qui sera confirmée, de celle du prix du Jockey-Club ou du Grand Prix. Les six rencontres en question n'apportent aucune lumière sur ce point, les vainqueurs respectifs de Chantilly et de Longchamp ayant, trois fois chacun, affirmé leur supériorité.
Forme du prix du Jockey- Club,
1867. — Jockey-Club : l^'' Patricien; 2® Trocadéro; 3« Montgoubert; 4« Fervacques; — Gkaxd Prix (après dead-heat) : 1" Fervacques; 2^ Patricien; 3« Trocadéro. — Royal-Oak : !«'■ Patricien; 2« Trocadéro: 3« Fervacques.
1896. — J.-C. : l^r Champaubert; Xi.T^X., Arreau. — Gr. P. : \^^ Arreaii:"!" Champaubert. — R.-O. : l»-- Champaubert; 2« Kérym; 3« Arreau.
1909. — J.-C. : 1" Négofol; 4« Verdun. — G. P. : 1" Verdun; n. pi., Négofol.
— R.-O. : 1" Aveu; 2« Négofol; Verdun.
Forme du Grand Prix.
1898. -^ J.-C. : 1" Gardefeu, Le Roi Soleil, pas couru. — G-. P. et R.-O. : 1" Le Roi Soleil; 2" Gardefeu.
1903. — J.-C. : 1" Ex-Voto; 2^ Quo Vadis. — G. P. : 1" Quo Vadis; n. pi., Ex- Voto. — R.-O. : 1" Torquato-Tasso; 2° Quo Vadis; n. pi., Ex-Voto.
1913. — J.-C. : l*"- Dagor; 3« Brûleur. — G. P. : l""- Brûleur: Dagor, pas couru.
— R.-O. • l*"- Brûleur; n. pi., Dagor.
Edouard de Rothschild a payé yearling 18.500 francs. Il se distingue par une endurance remarquable, ayant été sur la brèche du jour même de l'ouverture de la saison jusqu'à la fin. Envoyé à Nice, il s'y place quatrième dans le Grand Prix et remporte le prix de la Société Sportive. Puis il s'adjuge le prix Lagrange et le prix Boïard, battant d'une tête Amadou, qui prend sa revanche, d'une tête également, dans le prix La Force. Il passe alors de forme, ne figure ni dans le prix du Jockey-Club ni dans le Grand Prix et ne peut rendre 10 livres à ses adversaires du prix Eugène- Adam, où il finit cependant troisième. Puis il va se couvrir de gloire à Deauville où, après un échec dans le prix du Cinquantenaire, dont la distance est trop courte pour lui, il enlève le prix Guillaume- le-Conquérant et le Grand Prix, sous le topweight de son âge, battant d'une tête Verwood^qm en reçoit 12 livres, son camarade Prédicateur et un champ nombreux. A l'automne, il oppose une bonne résistance à Brûleur dans le Royal-Oak, se classe quatrième dans la Coupe d'Or de Maisons où il rend de 8 à 12 livres à ses contemporains, ne joue aucun rôle dans le prix du Conseil Municipal, et, sous la grosse surcharge de 16 livres, d'autant plus lourde que l'échelle des poids est fort élevée, il prend la troisième place dans le prix du Cèdre, loin devant Dagor.
Écouen (Saint-Frusquin et L'Étoile), au vicomte d'Harcourt, est le lauréat du Grand Critérium. Il fait sa rentrée dans le prix des Cars, qu'il enlève facilement; est battu par Dagor, dans la Poule d'Essai; gagne lesprix Daru et Lupin ; n'est pas placé dansie Derby de Chantilly ; est victime dans le Grand Prix, ainsi que nous l'avons dit, d'une bousculade à l'arrivée cjui lui coûte peut-être la course; et se montre seul capable, dans le prix du Président de la RépubUque, de tenir tête à l'invincible Prédicateur, contre lequel il ne succombe que de trois quarts de longueur.
Mis au repos en attendant sa préparation en vue du Grand Prix de Bade, il est victime d'un accident assez curieux : un jour, en effet, qu'il travaillait dans une des allées de la forêt de Chantilly, il fut si violemment bousculé par le passage d'un cerf, qu'il dut être retiré de l'entraînement.
Les autres gagnants d'épreuves importantes sont : Amadou (La Coupe, prix Perplexité et prix La Force; claqua dans le prix du Président); — • Blarney (Biennal, prix Eugène Adam et prix du Cinquantenaire, à Deauville, après lequel il tomba brokendown); — Fauche -le- Vent (Handicap de la Tami e et prix du Cèdre); — Fidelio (prix Flageolet, de Villebon, et Perth); — Oukoïda (prix Citronelle et prix Sport de France); — Père Marquette (prix Juigné et prix Hocquart); — Saint-Pé (prix de Saint-Cloud, Delâtre, Handicap d'Octobre);— Vulcain VI (prix Miss Gladiator, Noailles et Reiset).
En province, Grand- Croix est le vainqueur de la Poule d'Essai de Pau, de la Poule de,"^ Produits et du Derby du Midi, à Bordeaux. Il
avait également course gagnée dans le Derby de l'Ouest, à Nantes, quand il tomba.
Les poucliches sont bien inférieures aux poulains. La plus courageuse est Ardèche, que le baron de Nexon n'avait payée, yearling, que 1.950 francs. Elle remporte six. courses, dont les prix Fille de l'Air et Amphitrite, et, en fin de saison, le Handicap Limité, sous le top-weight de 57 kilos.
Comme le faisaient prévoir les performances antérieures des vétérans, Prédicateur est le seul parmi eux qui fasse preuve de qualité et de régularité, et sa carrière de quatre ans — • malheureusement interrompue par un accident prématuré — est une des mieux remplies qu'on ait vues depuis longtemps. De 2.000 à 4.000 mètres, toutes les distances lui sont bonnes et on le voit triompher successivement dans la Bourse, le Cadran, le Biennal (où le manque de train ayant réduit la course à un déboulé de quelques centaines de mètres, il faillit être pris de vitesse par Shannon), le prix LaRochette, le prix du Président de la République (sur tous les meilleurs trois ans) et le prix Florian de Kergorlay, à Deauville. Dans le Grand Prix, sous la grosse surcharge, il se place troisième, bien que, de l'avis des meilleurs juges, il eût pu suppléer son camarade Isard II, en cas de besoin.
Incomplètement remis d'un accident à l'exercice, il ne s'en présente pas moins, à l'automne, dans le prix du Prince d'Orange, mais il y est battu par Dagor, et son propriétaire le retire alors de Tentrainement, privant ainsi le prix du Conseil Municipal d'un gros élément d'intérêt, d'autant qu'on y escomptait sa rencontre avec Stedfast, qui l'avait devancé dans la Coupe d'Or d'Ascot, où il n'avait pu prendre que la quatrième place.
Ses gains s'élevaient, pour l'année courante, à 339.555 francs, ce qui le plaçait troisième sur la liste des chevaux gagnants.
Un hasard heureux attribue, au milieu de nombreux insuccès, certaines riches allocations à des chevaux qui n'en semblent guère dignes : c'est ainsi que les cent mille francs du Grand Prix de Nice vont à Foxling, et ceux du Grand Prix de Vichy, à Tripolette; les quarante mille du prix Flying-Fox, à Theirishman, et ceux du prix Seymour, à Lynx Eyed, qui bénéficie du claquage de Wagram II, laquelle se brise le paturon dans le tournant. Précédemment, lajument du comte Le Marois avait gagné les prix du Prince de Galles et Hédouville.
Rêveuse qui, seule, avait pu suivre Prédicateur dans le Cadran, s'adjuge le Rainbow, dans lequel elle précède Philippe II, qui fait preuve par la suite de plus de tenue que se, médiocres rivaux des prix de La Moskowa, Satory, Chantilly et Gladiateur.
1891 A Fi\ 1913 729
Les meilleurs deux ans sont, parmi les pouliches : Guerroyante, Mousse de Mer, Roselys (sœur de Dagor), Monétrie, La Malfiéra, Junta, et, pdirmi les poulains, Le Grand Pressigny^ Sardanapale, Diderot, Estrées, Oreste II et Listman.
A l'étranger, nos représentants échouent dans le Grand Critérium et le Grand Prix d'Ostende, ainsi que dans les GrandsPrix de Bruxelles, de Bade et de Milan (prix Ambrosien).
Par contre, à Bade, Guerroyante s'adjuge le prix de l'Avenir, Martial III, le prix Boscari, et Turlupin, le Prince of Wales; — et Sainte-Gemme, le Derby International, à Ostende.
Puisque nous parlons de cette réunion, n'omettons pas de signaler la très ingénieuse disposition que la Société des Courses a adoptée pour faire juger les arrivées. Comme toutes les Sociétés belges, elle a eu recours tout d'abord à des essais photographiques. Ceux-ci ne lui ayant pas donné complète satisfaction, voici ce qu'elle a imaginé : la tribune' du juge est divisée en trois compartiments ou plutôt trois étages superposés; à l'étage supérieur se tiennent les Commissaires complètement isolés du public, comme un capitaine sur sa passerelle, et ne pouvant par conséquent subir, pour apprécier un incident, aucune influence extérieure venue du dehors. Les deux étages inférieurs sont occupés chacun par un juge à l'arrivée; ces deux juges sont placés l'un au-dessous de l'autre, dans le même axe; chacun d'eux est relié, indépendamment l'un de l'autre, par un fil téléphonique, avec les Commissaires placés au-dessus d'eux; chacun d'eux téléphone aux Commissaires le numéro du cheval qu'il a vu gagner; en cas de concordance, ce numéro est immédiatement affiché; en cas de désaccord, les Commissaires considèrent que l'arrivée a été trop serrée pour qu'il soit possible de se prononcer sur le résultat et le dead-heat est affiché.
On ne saurait trop féliciter la Société des Courses d'Ostende de son initiative éclairée, et ce système, d'une utilité vraiment pratique, réduit presque à néant les chances d'erreur.
L'année 1913 voit l'apparition de nombreuses casaques étrangères sur nos hippodromes, et l'on ne peut que souhaiter bonne chance à tous ceux qui, ainsi que MM. A. Chauler, Ch. Carroll, Martinez de Hoz, L. de Paula Machado, J.-E.Widener, apportent à notre élevage le concours de leur fortune, au moment où la mort fauche impitoyablement dans les rangs des sportsmen de la vieille école.
M. Henri Delamarre fut emporté à l'âge de 84 ans par une pneumonie. Avec le comte de Lagrange et M. A. Lupin, dont il était le
no LES COURSES DE CHEVAUX
cadet par l'âge, mais le contemporain de victoires, M. H. Delamarre est une des trois grandes figures qui ont dominé le turf français pendant sa période la plus glorieuse. Il avait pris sa retraite depuis quelques années, mais pendant près d'un demi-siècle il exerça au sein du Comité de la Société d'Encouragement, dont il faisait partie depuis 1858, une influence salutaire, et Ton ne peut que regretter qu'il ait constamment refusé toutes les situations officielles, notamment l'offre de la présidence du Comité, en'1893.
L'entrée en scène de M. H. Delamarre date de 1854 et ses premiers grands succès de dix ans plus taril, avec la victoire sensationnelle de Vermout, dans le Second Grand Prix de Paris, sur Blair-Athol, le gagnant du Derby d'Epsom et la fameuse Fille de l'Air. Nous avons retracé à cette époque les débuts de son écurie et parlé de son association avec le comte P. Rœderer, propriétaire du haras de Bois- Roussel, où naquirent tous les chevaux qui, sous l'habile direction de T. Carter, devaient illustrer leur célèbre casaque marron, à manches rouges et toque noire (1).
Comme le baron Finot,M. H. Delamarre, ainsi que nous l'avons dit, était un peintre de chevaux d'un très réel talent, et certaines de ses toiles demeurent comme de très intéressants documents de l'ancien turf.
Au moment où nous mettons sous presse, la Société d'Encourament n'a pas encore pris de décision concernant l'attribution du nom de M. Henri Delamarre à l'une de ses grandes épreuves, mais elle tiendra à honneur, comme elle l'a fait pour tant d'autres, de perpétuer le souvenir de ce grand sportsman.
Sans doute voudra-t-elle rappeler aussi le nom du comte de Berteux, élu membre de son Comité en 1878, qui s'éteignit à l'âge de 78 ans. Le comte de Berteux faisait courir depuis 1865, et malgré des sacrifices d'argent considérables, en vue d'entretenir son haras de Cheffreville de poulinières sélectionnées et malgré l'importation des étalons King Lud, et Grey Plume, il peut être considéré comme détenant le record, peu enviable, du plus malchanceux des propriétaires,
(1) Nous rappellerons succinctement, afin d'éviter les redites, les principaux succès de l'écurie Delamarre :
Grand Prix: Vermout (1864), Boiard (1873), Vasistas (1889).
Jockey-Club : Bois-Roussel (1864), Florentin (1866), Patricien (1867), Boiard (1873).
Diane: Victorieuse (1866), Campêche (1873), Verte-Bonne (1883), Kasbah (1895).
Royal-Oak : Patricien (1867), Clotho (1869), Boiard (1873), Clio (1882). ' Lupin (Grande Poule) : Bois-Roussel (1864), Vigilant (1882), Cléodore (1889).
Poule d'Essai : Brocoli (1858), Nivolet (1867).
Gladiateur: Vertugadin (1867).
Cadran : Véranda (1872), Boiard (1874), Excuse (1893).
Ascot Gold Cup : Boiard (1874).
NewmarketOaks : Verdure (1871).
en dépit des succès relatifs d'animaux comme Patchouli, Sansonnet, Upas, Widgeon, Cambyse et Verwood (1).
La vente de son écurie et de son stud, qui comprenait 18 poulinières, 11 yearlings et 8 chevaux à l'entraînement, de deux à quatre ans, produisit 627.000 francs (l'étalon Grey Plume fut retiré par les héritiers à 80.000 francs). Les prix les plus élevés furent atteints par Verwood, 3 ans, payé 95.000 francs par M. E. Blanc, et le yearling Xanthus, propre frère du précédent, 63.000 francs, par M. J. Prat.
Le comte de Berteux faisait partie du Jockey-Club anglais, qui lui donna pour successeur le marquis de Ganay,un des trois Commissaires actuels de la Société d'Encouragement.
Membre du Comité de la Société d'Encouragement, de la Société des Steeple-chases, de la Société de Sport de France et de la Société des Courses de Deauville, M. H. Ridgway posséda autrefois, soit seul, soit en association avec le feu comte de Lastours, une écurie de courses. Courlis, qu'un claquage à quelques mètres du poteau empêcha de gagner le Grand Prix, Carmaux et Roitelet furent les meilleurs représentants de sa casaque vert d'eau. Il eut même un haras, avec Elf comme étalon, qu'il acquit de M. de Brémond au lendemain de sa victoire dans la Coupe d'Or d'Ascot.
Homme de cheval militant jusqu'à la dernière heure, M. H. Ridgway avait donné une grande impulsion aux chasses à courre de Pau, où il résidait une partie de l'année.
M. Pierre Donon, associé, puis successeur de son oncle, M. A. Staud, propriétaire du haras de Lonray, eut quelques bons chevaux, comme Stuart et Wandora. Il avait quitté le turf, en 1891, à la suite d'un crack financier dans lequel il fut englobé.
Le duc de Fezensac, ancien membre du Comité de la Société d'Encouragement, était depuis 1908 président du Jockey-Club. II eut jadis quelques chevaux en association avec le duc de Fitz- James.
M. Ch. Kohler était un Américain nouveau venu parmi nous. En 1912, son cheval Novelty — aujourd'hui la propriété de M. L.
(1) En près d'un demi-siècle, en effet, ses couleurs n'ont pu mieux faire, dans les grandes épreuves classiques, que de partager un Derby de Chantilly!
Encore Upas — ■ qui y fit dead-heat, avec Sycomore, au baron de Scliickler, en 1886 — doit-il bien moins sa renommée à cette demi-victoire qu'aux succès que ses fils Omnium II et Elf remportèrent... pour MM. de Saint-Alary et de Brémond, comme son camarade Cambyse devra la sienne à ses fils Callistrate et Gardefeu, qui triomphèrent... pour MM. Abeille et de Brémond.
C'est également sous d'autres casaques que la sienne que se firent connaître Yellow et Ivoire, qui provenaient aussi de l'élevage de Cheffreville.
Le comte de Berteux est le premier — alors que l'usage général, en France, était de donner aux chevaux des noms commençant par la lettre initiale de celui de la mère — qui adopta, pour chaque génération, une lettre uniforme, en suivant l'ordre alphabétique, comme cela se fait dans les courses au trot.
n en était déjà à la lettre Y, — pour la seconde fois.
de Paula-Machado — lui gagna deux bonnes courses à la réunion internationale de Maisons-Laffitte. Son écurie et son stud (2 étalons, 22 poulinières et leurs foalsetl2 chevaux à l'entraînement) ont réalisé près de 300.000 francs, sans compter les animaux retirés et revendus directement après coup.
Richard Carter, qui mourut des suites d'une chute de cheval, à l'exercice, était le fils de T.-R. Carter, l'ancien entraîneur de M. H. Delamarre. A peine âgé de vingt ans, il débuta chez M. C.-J. Lefèvre par la préparation de Beauminet et de Versigny. Puis il passa chez MM. Caillault et P. de Pourtalès, pour qui il amena au poteau Roxelane, Chéri, Perth, Quérido. En dernier lieu, il était au service de M. A. Belmont, dont il avait fait triompher la jeune casaque avec Amoureux III et Qwelle-cst- Belle II.
Un étalon de M. W.-K. Vanderbilt, sur lequel on fondait de sérieuses espérances, Northeast, le vainqueur du Grand Prix de 1908, mourut chez son propriétaire, au retour de sa station au haras de Saint-Lucien-le-Becquet (Oise), où il était en location depuis sa retraite du turf, en 1910.
Une perte sensible est également celle de Maximum, qui succomba aux suites de tranchées. Il était en pleine force, n'étant âgé que de 14 ans, et, d'année en année, ses produits, qui parurent pour la première fois en 1909, affirmaient ses qualités de reproducteur; il est, entre autres, le père d'^mac^ow. Lui-même avait eu une brillante carrière sur le turf, remportant les prix Hocquart, Greffûlhe, Rainbow, Gladiateur et la Coupe d'Or d'Ascot.
En Angleterre, l'année, une des plus mauvaises qu'on ait vues depuis longtemps — puisque le vainqueur des Deux mille Guinées était à 25/1 , celui du Derby à 100/1 , et celui du Saint-Léger à 50/1 — est extrêmement mouvementée, et deux des plus grandes épreuves donnent lieu à des incidents regrettables.
C'est d'abord, dans le Derby, la manifestation tragique d'une des militantes du parti des suffragettes, miss Davison qui, alors qu'un premier peloton de chevaux avait déjà débouché de Tattenham Corner, se jeta au-devant d'Anmer, le cheval du roi. Cheval, jockey et femme roulèrent sur le sol, au miheu des cris d'effroi du public. Le cheval s'en tira indemne, et le jockey en fut heureusement quitte pour quelques contusions sans gravité. Mais il n'en alla pas de même de la manifestante, qu'on releva dans un état pitoyable, et qui mourut quelques jours plus tard des suites de ses blessures.
Pendant que se passait cet incident — qui coûta vraisemblablement
la course au cheval français Nimbus, qui fut coupé dans son effort par la chute du poulain royal, — une lutte acharnée se livrait entre les chevaux de tête pour la première place, que le favori Craganour arrachait finalement d'une courte tête à l'extrême outsider Aboyeur, que Louvois serrait de très ^vès. Nimbus, qui finissait plus fort qu'aucun des autres, se plaçait cinquième, à une longueur et demie seulement du gagnant.
Cette victoire de Craganour ne devait être que morale, car il était distancé pour avoir bousculé ses adversaires. Sur le premier moment, son propriétaire résolut de porter la question devant les tribunaux, mais, à la réflexion, il s'inclina devant la décision des Stewards, et fit bien.
C'est la première fois qu'un cheval dûment qualifié est privé du prix de la victoire dans la grande épreuve d'Epsom, le seul exemple qu'on eût encore d'une sanction de ce genre étant la disqualification, en 1844, du cheval de quatre ans Macchabeus, qui courut au lieu et place du trois ans Running-Rein.
A quelque temps de là, Craganour, vendu 750.000 francs à M. Martinez du Hoz, s'en fut rejoindre, à la République Argentine, Cyllene et Diamond Jubilee. De son côté, Aboyeur fut acheté pour 325.000 francs par la Société Impériale des Courses de Saint-Pétersbourg, qui avait également acquis Minoru, pour 500.000 francs,
Au meeting d'Ascot, c'est un malheureux déséquilibré — partisan de la suppression des courses! — qui, dans la Coupe d'Or, s'élance au moment où Tracery prenait la commandement à l'entrée de la ligne droite. Cette fois, l'homme est tué net, et le cheval fortement endommagé. Priyice Palatine et Stedfast, qui suivaient immédiatement Tracery, esquivèrent adroitement la chute en sautant par-dessus le groupe.
Prince Palatine (Persimmon et Lady Lighfoot), cinq ans, provenait de l'élevage deM. Hall Walker, àquiM. T. Pilkington l'avait payé yearling 52.500 francs. A deux ans, sa meilleure performance est sa victoire dans l'Impérial Produce Stakes. Mais ce n'est qu'à la fin de sa troisième année qu'il commença à donner sa véritable mesure, en enlevant le Saint-Léger dans un canter. L'année suivante, il remporta les Eclipse Stakes, et les Jockey-Club Stakes (dans lesquels il prit sa revanche sur Stedfast, son vainqueur de la Coronation Cup),rAscot Gold Cup (sur Rasse-Pointe) et le Doncaster Cup, mais il échoua contre Lance Chest, dans les Princess of Wales, et en fin de saison contre Aleppo, dans le Jockey-Club Cup. Enfin, cette année, il gagna la Coronation Cup et battit à nouveau Stedfast, dans la Coupe d'Or d'Ascot, où Prédicateur ne fut que quatrième (1).
Prince Palatine fut alors vendu à M. Sol Joël, pour la somme de 1.250.000 francs — ce qui constitue le prix record d'un étalon, —
(1) Prince Palatine couvrit les 4.000 mètres en 4' 22" 3/5, alors que le temps de Prédicateur, sur la distance analogue du Cadran, était de 4'34"3/5.
livrable à la fin de la campagne, toute défaite ultérieure du cheval devant entraîner une diminution de 125.000 francs sur le prix de vente.
Dans ces conditions, son propriétaire ne devait le risquer qu'à coup sûr. La Goodwood semblait à sa merci. Prince Palatine s'y présenta donc... et finit dernier. Sa course était tellement mauvaise, que les Commissaires crurent devoir ouvrir une enquête. Le vétérinaire commis par eux constata qu'il avait été contusionné assez fortement à une jambe de devant.
M. Pilkington, qui perdait de ce fait 125.000 francs, ne voulut pas courir un nouveau risque de cette importance dans les Jockey-Club Stakes, et, ayant déclaré forfait pour son crack dans tous ses engagements, il le livra à l'acquéreur.
Le vainqueur de la Goodwood Cup était le vieux cheval français Long Set, à qui l'âge n'enlève rien de sa qualité et qui fait encore une belle moisson, en y ajoutant les March Stakes et la Royal Haut Cup, à Ascot.
Mais c'est surtout des succès retentissants d'un extraordinaire deux ans que notre élevage tire tout son lustre en Angleterre.
The Tetrarch (Roi Hérode et Varhen) ne compte pas moins de 7 victoires sur 7 sorties, toutes remportées avec une telle facilité, malgré le poids et la distance, qu'un sportsman enthousiaste ne craignit pas de soutenir sa chance dans le prochain Derby à la cote, peu rémunératrice, vu l'éloignement, de 3/1 pour 45.000/15.000 livres.
Boi Hérode (Le Sancy et Roxelane) appartint jadis à M. Caillault, sous les couleurs duquel il remporta le Grand Prix de Vichy, en 1908.
Un grand éleveur. Sir Tatton Sykes, mourut à l'âge de 87ans. Son Karas de Sledmere était célèbre dans le monde entier, et, parmi les illustrations chevalines qui y naquirent, on peut rappeler les noms de Doncaster, Disraeli, John O'Gaunt, Spearm.int et Craganour, sans oublier Childwick et Raconteur, issus de la fameuse Plaisanterie^ dont Sir Tatton Sykes se rendit acquéreur quand elle passa aux enchères publiques.
L'élevage de Sledmere ne semble pas devoir péricliter de sitôt, M. Cholmondeley, qui dirige depuis plusieurs années le haras de son oncle, ayant cette année même vendu ses yearlings à des prix presque fabuleux : les dix-neuf produits qu'il présenta atteignirent, en effet, le chiffre global de 1.171.800 francs, représentant une moyenne de Si. 67i francs par tête, supérieure de 2.350 francs à celle obtenue l'an dernier.
Voilà qui répondra victorieusement aux esprits grincheux qui prétendent que l'élevage du pur sang est un métier de dupe qui ne nourrit pas son homme.
Presque en même temps que Sir Tatton Sykes, mais plus jeune que
1891 A FIN 1913 :3o
lui d'une quinzaine d'années, disparaissait Sir Johnstone, qui fut un des co-propriétaires du célèbre Hermit, et dont le poulain Saùit- Blaise, autre vainqueur du Derby d'Epsom, vint disputer sans succès le Grand Prix à Frontin.
L'élevage anglais fait une perte sensible avec la mort de Desmond (Saint-Simon et L'Abbesse de Jouarre), qui, cette année même, se classe en tête des étalons gagnants. Né en 1896, il avait eu une carrière de courses de courte durée; sa performance la plus marquante est une victoire dans les Coventry Stakes, à deux ans.
De 1903 à 1913 ses produits ont gagné 359 courses, se montant à 3.456.925 francs. Les meilleurs sont Sir Archihald, Charles O'Malley, Lomondy Craganour . Aboyeur, Fairy Queen et les deux ans Stornoway et Hapsburg.
Importée en 1911 par lady Douglas, la célèbre jument française La Camargo succomba aux suites d'un accident hippiatrique. Saillie en 1912 par Bayardo, elle fut déclarée vide par un vétérinaire spécialiste pour la stérilité, qui la soigna en conséquence, puis la fit saillir à nouveau. Quelques jours plus tard, elle mettait bas un poulain mort-né et décédait elle-même peu après.
Un procès est en cours.
Enfin ne quittons pas l'Angleterre sans dire un mot du sensationnel procès sportif intenté par l'entraîneur R. Wooton, père du jockey Franck, à M. Siever, journaliste et propriétaire d'une écurie connue ; — il posséda, entre autres, la fameuse Sceptre — qui, sans toutefois le nommer, l'avait accusé, dans la revue The Winning-Post, d'appartenir avec d'autres entraîneurs, à une bande noire, qui soudoyait les jockeys et réglait à l'avance l'ordre d'arrivée des chevaux dans les courses.
Attaqué, devant le banc du Roi, M. Siever accusa alors nettement R. Wooton d'avoir fait tirer certains chevaux contre lesquels il avait parié. La preuve judiciaire était difficile à faire. Aussi M. Siever fut-il condamné, mais seulement à un farthing (centime) de dommagesintérêts, les frais du procès restant à la charge du demandeur.
Après le verdict, le jury, dans un article additionnel, attira Tattention du Jockey-Club sur les paroles prononcées par le juge au cours des débats, au sujet de la monte actuelle des jockeys avec les rênes et les étriers racourcis, qualifiée de monkey-seat (monte de singe), qui ne leur permet que très imparfaitement de diriger leur cheval, et dont les conséquences sont de nombreuses bousculades et la grande difficulté pour les stewards de discerner une incorrection accidentelle d'une iaute volontaire.
Lord Londonderry s'était déjà élevé violemment contre cette
monte pendant la discussion des modifications à apporter à l'article 140 des Rides of Raciiig, mais le Jockey-Club ne se montra pas disposé encore à l'interdire.
Nous-même, lors de l'introduction de cette monte en Europe, par le jockey Tod Sloan, en avons signalé tous les inconvénients, en même temps que les avantages, et, s'il est certain que, par sa position, le cavalier est moins maître de son cheval, ce n'est pas tant, nous le répétons, à cette position même que sont dues les bousculades sans cesse plus fréquentes dont se plaignent les Commissaires et le public, qu'à la façon scandaleuse dont montent certains jockeys, qui ne' craignent pas, pour s'ouvrir un chemin ou se débarrasser d'un concurrent gênant, d'avoir recours aux procédés les plus brutaux.
Ce que la Société des Courses d'Ostende a fait, comme nous l'avons vu plus haut, pour assurer la sincérité des arrêts du juge à l'arrivée, que d'autres Sociétés ne le tentent-elles pas pour assurer la sincérité de la course même.
En coûterait-il beaucoup d'édifier, vis-à-vis du dernier tournant, par exemple, une tribune d'où certains Commissaires pourraient, bien mieux que du pesage, surveiller les agissements des jockeys,
En attendant, il n'est pas d'article du Règlement, que nous sachions, qui interdise de retirer sa licence au jockey trop sujet aux collisions. Si elles sont volontaires, on débarrasse ainsi la corporation, qui compte beaucoup de très honnêtes garçons, d'un camarade compromettant; et, si elles ne le sont pas, on n'a que faire, là où tant d'intérêts sont en jeu, de serviteurs incapables.
Enfin, on peut aussi signaler — en raison des succès que sa casaque blanche à pois bleus a remportés en France et en Angleterre, bien avant l'exode américain — la mort de M. J.-R. Keene, le grand éleveur de Casteltone (Kentucky). Parmi ses meilleurs produits, figurent: Foxhall qui, en 1881, gagna le Grand Prix de Paris, le Cambridgeshire et le Gesarewitch, et, l'année suivante, la Coupe d'Or d'Ascot; et Peter Pan, le meilleur cheval de sa génération, quî fait actuellement la monte chez M. F. Jay-Gould, au haras du Robillard, par Dives (Calvados).
M. J.-R. Keene est également célèbre pour détenir le record des sommes gagnées, en une seijle année, par un propriétaire, avec le chiffre fantastique de 76.688 livres, soit 1.897.200 francs!
La Société d'Encouragement entre dans sa quatre- vingtième année d'existence.
Que de chemin parcouru depuis le jour où la jeune Société, riche de quelques écus seulement et n'ayant guère pour soutien que la foi en sa cause, se lançait hardiment dans la lutte, insoucieuse des coups à recevoir, des résistances à vaincre et des obstacles à briser!
Nous l'avons suivie pas à pas depuis ce moment, et Ton a pu se rendre compte de ce qu'il lui a fallu de courage, de ténacité et d'efforts pour venir à bout des entraves dont sa route fut sans cesse hérissée.
L'ignorance ou la routine des uns, le parti pris ou la méfiance des autres, liguèrent contre elle la coalition des intérêts moraux ou matériels auxquels la nouveauté de sa doctrine portait ombrage. Aussi, ses débuts furent-ils extrêmement pénibles. Mais, confiante en son œuvre de régénération, décidée à doter la France d'une nouvelle source de richesse nationale et forte de son désintéressement, rien ne put arrêter son irrésistible élan. En dépit des railleries, des sar- €armes et des attaques sans nombre dont elle fut l'objet, elle alla droit au but; l'un après l'autre, ses ennemis déposèrent les armes, et, en 1866, l'Administration des Haras elle-même, qui avait vainement tenté de l'étrangler, dut se soumettre.
Un instant les sombres événements de 1870 l'arrêtèrent dans sa marche. Mais, alors qu'on pouvait craindre, dans la débâcle générale,que s'écroulât l'œuvre qu'elle avait si laborieusement édifiée, elle parvint, par un prodige de sagesse et d'énergie, à réduire au minimum les conséquences des heures tragiques qu'on venait de traverser, et, quelques années seulement après la guerre, elle avait reconquis sa situation.
Puis étaient venues les Sociétés de spéculation, dont les « Suburt bains » furent le prototype, qui mirent, par leurs agissements scan? -daleux, le turf à deux doigts de sa perte. Le salut, cette fois encore, -vint de la Société d'Encouragement, et d'elle seule. Les pouvoirs publics semblaient en effet se désintéresser de la question, et les deux autres grandes Sociétés de Courses, la Société des Steeple-Chases et celle de Demi-Sang, qui eussent dû faire cause commune avec la Société de la rue Scribe, pactisèrent au contraire avec les Suburbains, dont elles admirent les chevaux sur leurs hippodromes. Après un moment d'hésitation, la Société d'Encouragement prit enfin les me-
sures que comportait la gravité de la situation : ce fut la fin de ces officines qui n'avaient jamais eu de sportif que le nom.
La Société d'Encouragement pouvait jeter avec fierté un regard en arrière.
Alors qu'on ne comptait encore en France que 16 hippodromes, en 1834, on n'en relève pas moins de 424 pour les courses plates seulement, en 1913, et le budget total des courses (plat, obstacles et trot), qui ne se montait à l'origine qu'à la modeste somme de 115.000 francs, dépasse aujourd'hui le chiffre de 2i millions de francs (1), dans lequel la Société d'Encouragement figure, à elle seule, pour 4.461.000 francs, et l'on se rendra compte des services inappréciables que cette Société a rendus à la cause de l'élevage, quand on saura que le montant total des prix courus sur ses hippodromes successifs,- pendant cette période de quatre-vingts années, ou offerts par elle dans les départements, atteint le chiffre formidable de 115 millions de francs {2).
(1) Les chiffres suivants sont extraits du rapport du directeur de l'Administration d-s Haras sur l'ensemble delà gestion du service des Haras en 1912.
Le rombre des réunions a été de 1.143, comprenant 6.594 épreuves, se décomposant en 2.492 courses plates, 1.969 d'obstacles et 2.133 au trot.
Les allocations totales — y compris les primes aux éleveurs, qui figurent pour 7.55.875 francs — se sont élevées à 21.266.605 francs, fournies comme suit :