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sans induralion, inoculabililé presque indéfinie at malade.
Même à la période iniliale, les deux maladies ne se
. ressemblent nullement.
En 1891, Ricorp avec Prieur émit celte idée mère de la doctrine dualiste actuelle, que chacun de ces deux chancres pourrait bien être le produit d’un virus spécial (Thèse de Prieur, juillet 1851): « De loulés mes observations, il résulle que le pus du chancre non induré n'a produil dans-sa transmission à des sujets sains, que des chancres sans induralion;-sans vérole conslitulionnelle, et que d'autre part le chancre induré a toujours reconnu pour cause le pus d'un chancre induré ».
EE même antérieurement, en 1850, dans ses ZLellres sur la syphilis, Ricord écrivait à propos des expériences des syphilisateurs : « Ce qui ressort des observalions connues, de Paris ou d'Ilalie, c'est qu’on a loujours inoculé du pus provenant de chancres non indurés pour produire des accidents analogues, el que la seule fois qu'on a inoculé du pus à Paris provenant d'un accident primitif qui avait délerminé une vérole conslitutionnelle, l'individu sain, l'élève sur lequel on a pratiqué
\ l'inoculalion à eu un chancre induré et un empoisonnement général. S'il en élait toujours ainsi, comme je l'ai déjà dit, él faudrait arriver à celte conclusion, qu'il peut y avoir des différences dans la maladie qui ne tiennent pas seulement aux conditions de l'individu sur lequel la cause agil, mais bien à des différences de causes.
La séparalion absolue du chancre simple et du chan-
ere syphililique était contenue en germe dans ces quel-
ques paroles.
Chancre céphalique
Pourtant il y-avait un point que Ricord ne parvenait pas à s'expliquer. Nous voulons parler de la localisalion de certains chancres.
Sans nous atlarder au chancre simple urétral qui servit à répondre à un. certain nombre d'objechions élevées par les partisans de l’identilé du chanere mou et de la blennorrhagie, et pour lequel on finit par reconnaitre l'origine chancreuse de l'écoulement, nous nous expliquerons seulement sur la nalure presque constamment syphilitique du chanere céphalique.
« Durant vingt-cinq années de pralique, dit Rico», il ne m'a pas été donné de rencontrer un seul cas bien authentique de chancre simple développé sur la face ou le crâne : et cependant c'est par centaines qu’il me faudrail compter les exemples de chancres céphaliques qui se sont présentés à mon observalion. J'en ai rencontré sur loutes tes régions de la tête, soit aux lèvres, soit à la langue, aux paupières, au front, aux narines, soit enfin sur des points où leur présence paraît la plus inexplicable, comme au milieu du cuir chevelu. Tous ces chancres appartenaient toujours et comme falalement à une seule et même espèce, à l'espèce imdurée, infeclieuse. IIS S’accompagnèrent Lous de symptômes d'une vérole conslilulionnelle ».
Cette observalion est évidemment juste. Elle paraît
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des plus déconcertantes, au premier abord, mais elle n'est pas rigoureusement exacte.
Pour les unicistes, comme le remarque Rorrer, ce n'aurait pu êlre que par un privilège inhérent à la région céphalique, privilège en verlu duquel elle rendrait infectants tous les chancres greflés sur elle.
Quant aux dualistes, ils n'avaient qu'à faire l'inocula- Hon pour se rendre compte que le chancre mou pouvait se développer là comme ailleurs.
Et si le chancre céphalique devenait infectant par son siège même,il n'y avait pour le contrôler, qu'après avoir inoculé à la têle le chancre simple, le réinoculer de nouveau, au bras par exemple el voir le résullal toujours positif.
L'école de Riconp regardait l'induralion du chancre céphalique comme Île produit d'une transformation
\ opérée sur fe chancre par la région. Elle en faisait une preuve et c'était en réalité un dés grands embarras de la doctrine uniciste. « Le chancre est tantôt mou, lantôt induré, disail-on, par le fait de disposilions purement individuelles. Il reste mou tant qu'il n'est pas soumis aux influences organiques qui le rendent induré. Ces influences organiques qui agissent sur le virus com-
me le terrain sur graine, sont surtout très développées et permanentes à la région céphalique qui rend indurés tous les chancres semés sur elle. Si donc la têle a la vertu d'indurer Lous les chancres, n'est-ce pas pour la doctrine dualiste une objection capilale ? »
On aurait pu rémarquer aussi que chancre induré ne
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prédomine pas seulement à la région céphalique, mais à la règion mammaire (contamination de nourrices par le nourrisson) où il était la preuve évidente de la contagion des accidents secondaires, contagion à laquelle on objectail : «on ne peut donner que ce qu'on à ».
En tous cas, ilétait certain que comme de nos jours, le chancre simple céphalique ou extra-génilal était très rare. Ainsi dans une stalislique de FourNIERp ortant sur 651 malades de l’un et l'autre sexe, nous: ne trouvons que 48 accidents extra génitaux et 3 seulement pour l'extrémité céphalique.
Bien que rare, le chancre simple céphalique existait donc. Ricorp cilait pourtant quelques cas de chancre de la lèvre, mais il les meltait ensuite en doule.
Depuis, nous avons des cas certains de chancres mous de l’'amygdale (THomacuewskri 1884), de la langue (EMEery et SaBourauD 1896), (Friocco 1903) du voile du palais, (GRouvex 1906) du chancre mixte de la lèvre, (Horrmanx 1905) du chanere simple du pharynx, (Simo- NESCU 1909) de la langue et de l'amygdale, (Gaucxer et DRUELLE 1909, 1910) mais ces cas sont exceplionnels.
Peut-on donner une explicalion à celte rareté ?
AuBerT à constalé que la chaleur de la bouche entravait le développement du chancre mou sur Famygdale. D'un autre côté, le chancre simple étant souvent multiple, très apparent, douloureux et suppurant transmeltra certainement plus rarement par des rapports anormaux que le chancre induré, en général unique et
pouvant évoluer sans allirer l'attention. Et puis le chan-
cre céphalique aura souvent pour origine les accidents secondaires de la syphilis si contagieux dont la bouche est le lieu d'élection et où ils peuvent si bien passer inaperçus.
Une autre raison nous est fournie par les expérimentateurs qui ont porté la lancelte sur les lèvres, les joues, le menton, etc. (Puce, Bassereau, de Kierr, RorLer, Boeck), ils ont bien réussi à oblenir des chancres simples, mais ils ont remarqué qu'ils s’y développent mal. Boeck à élé frappé « de la courte durée des chancres-qu'il produisait ainsi et de leur extension minime comparativement aux autres parties du corps inoculées en même temps et de la même manière. »
Quoi qu'ilen soit le chancre simple extra-génilal existe.
Bassereau (1852) établit la doctrine de la pluralité
Ricorp était donc tout près de la vérité en disant que pour le chancre, ïl y avait peut-être des différences de causes, mais il n'osait aller plus loin:
Ce fut son élève BasserEau qui en 1852 franchit la dernière élape dans son traité des Maladies de peau symplomatiques de la syphilis, où il défendit nettement la théorie de la pluralité du virus chancreux, pressentie par CARMICHAEL. Mais au lieu de quatre virus comme ce dernier, il n'en admeltait que deux, se basant sur des considérations historiques et cliniques.
Tout d'abord il montrait que la confusion ne datait qué de l'époque où était apparue la syphilis.
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Eu second lieu, il confrontait des individus. atleints de chancres indurés avec les personnes dont ces individus tenaient leurs maladies. Il fit ainsi 90 confronltations portant sur 120 individus tous porteurs de chancres infeclants.
D'autres en assez grand nombre farentempruntées à Dibay, RoLLET, Fournier, CLerc,' Musser et relalées par Drox dans sa thèse en 1856. Mais le champ des confrontations élait resté jusque là fort restreint puisqu'on ne se servait que de malades affectés de chancres, lésions seules répulées conlagieuses.
L'art de confrontalions ne prit réellement son essor qu'avec RoLLer, après la démonstration de la contagion des accidents syphililiques secondaires, car les malades devinrent faciles à trouver. Toujours un chancre induré provenait d'une lésion syphilitique. Il y eut aussi des confrontations naturelles saisissantes, résultant du développement de la maladie dans certaines localités sans être accompagnée de blennorrhagies ni de chancres simples, confrontations saississantes de clarté et de spontanéité el tout aussi probantes que celles qui avaient élé faites intentionnellement. De même les nombreuses observalions de nourrices et de nourrissons mutuellement contaminés, de vaccinifères et de vaecinés, de verriers soufflant à la même canne, également infeclés les uns par les autres: constatations faciles à faire parce que le mode de lransmission de la maladie y élait facilement avouable (c'est la syphilis insontium).
La Syphilis élait donc démontrée se transmettant
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comme. une espèce dislincle.
I restait à faire la même preuve à l'égard du chancre mou. C'est ce qu'ont entrepris CLerc en 1854 et M. Fournier en 1856
Les confronlalions de Clerc sont au nombre de quatre et portent sur huit malades. Celles de M. Fournier sont au nombre de vingt el une et portent sur soixante cinq malades. Toujours dans ces cas, on a vu le chancre simple se lransmellre dans son espèce. Il exista même: plus tard un exemple d’endémo-épidémie de chancre simple qui témoigne parfaitement de l'individualité de la maladie et qui a élé observé en Angleterre par Mansron dans une balterie d'artillerie (Royal medical and chirurgical Sociely, 1862).
La doctrine du dualisme établie par BASSEREAU en 1852 et défendue plus lard par Ricord, Fournier et l’école du Midi reposait donc sur les faits suivants : le chancre mou n’est jamais suivi de syphilis, le chancre induré toujours; le chancre suivi de syphilis pourra plus tard être encore suivi de chancre mou, mais Jjamais de chancre induré ; la confronlalion démontre que le chancre mou naît du chancre mou; le chancre mou ne confère pas d'immunilé ; 1l est auloinoculable indéfiniment, tandis que le chancre induré présente des caraclères absolument opposés.
En somme, c'est à l'aide des confrontalions et de l'inoculalion que s’est élablie la doctrine française du dualisme qui devait plus tard être confirmée par les re-
cherches contemporaines de baclériologie. Le dualisme
PRG A Nes
allemand, plus tardif (Baerensprung 1860, Lindwurm 1862, Zeiss, ele.) n’a fait que confirmer les données si nettement fixées de l’école française.
Ricorp nia au début l’incubation du chancre syphilitique. Par contre BAUMÈS, CAZENAVE, de CASTELNAU, Ciaient nombre de faits cliniques où l’incubation n'élait pas douteuse,
CLerc professail en 1855: «le chancre est toujours incubant quand il est infectant, et l'absence de la période d’incubation n’a lieu que pour le chancre qu reste une maladie locale et ne produit pas d'effets diathésiques. »
Plusieurs auteurs dont Bassereau, BuzexETr, MezcHior ROBERT, LANGLEBERT, Davasse ont publié des observations où l'incubalion semble en effet avoir fait défaut. Mais RozLer en analysant ces cas de près à trouvé qu'il s'agissait là de chancres nuxles et que c'était une exceplion apparente que ces observateurs, presque tous issus de l'Ecole du Midi, s'élaient empressé d'ériger en règle.
D'ailleurs à ce moment, l'incubalion syphilitique élait tellement en désaccord avec les opinions dominantes qu'on n'en Lenait pas compte lorsqu'elle avait manifeslement lieu : « Reste à juger, dit Bassereau, si ces longues incubations dont on parle sont réelles et sur tout si elles sont aussi fréquentes que le rapport des malades le ferait supposer». 5
Dinay, très préoccupé de la longueur de certaines incubations avait émis celte hypothèse, que les plus
longues avaient des accidents secondaires pour origine.
Le Chancroïde (Clerc 1854)
Mais l'idée de la dualilé ne fut pas admise immédiatement dans toute sa rigueur ; Et les deux chancres ne furent-pas aussitôt complètement séparés, car en 1854, CLerc fit du chancre mou un accident atténué de la syphilis et créa le terme de chancroïde.
Pour les partisans de l’idenlisme, les deux chancres dérivent d’un même principe qui se développe différemment, pour les uns, Suivant le terrain, pour d'autres suivant la voie de généralisation par les veines ou les lymphaliques, pour d'autre suivant l'élément du pus absorbé, leucocytes où sérum. Pour lui le chancre simple est au chancre syphililique ce que la varioloïde est à la variole ; c'est la même lésion qui s’atlénue en se développant sur un terrain déjà syphilisé ; d'où le nom de chancroïde qu'il propose dans lé mémoire lu à la société des sciences médicales de Paris, séante à l'Hôtel-de-Ville de Paris, lé 27 octobre 1854: Sa communicalion, ‘tout à fait en rapport avec nolre sujet, nous à paru digne d'être cilée ici, en partie, el dans les lermes mêmes où elle a été faile
« Le but de ce travail est d'élablir :
1° Qu'il existe 2 variélés distincles de chancres svphilitiques dont l'une est le chancere induré ou infectant : | el l’autre le chancre non induré, non infectant ou chansimple ;
20 Que chacune de ces variétés de l'uleère syphili-
‘tique primilif se transmet comme espèce pathologique ;