AVANT-PROPOS
«M E livre que f offre au Ueteur a paru pour h S^ /^nni^f/oi'i en iS;; dans la BibUothèqut "■■* d^^hririenne de P. Jannet. L'accueil hiemieillattt qu'il a trouvé auprès du public leltri m'encourage à en publier aujourd'hui cette nouvelle édition. Parmi les divers recueils de contes et d^apohguts qui ont iti composés dans l'Inde, f Hitopadésa, ou l'InstnictioD \itàie(i),est à lafoisu» des plus rtmarqoabks et des plus cSAres. S'il faut en croire le
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témoignage de LaUoûr-IM, savant brahmane qui vivait au commencement de notre siècle, l'auteur de cet ouvrage était un pandit nommé Ndrdyana, Il est à regretter que LalloûrIM ne nous ait donné aucun renseignement sur la vie de ce personnage et le temps oà il a vécu. Mais, quoiqu'il soit impossible de fixer d'une manière précise la date de la composition de /'Hitopadésa, on peut néanmoins affirmer que la rédaction de u livre ne remonte pas à une époque très ancienne. L'Hitopadésa n'est pas, on le sait, le type original des fables connues en Europe sous le nom de fables de Bidpaî, Ainsi que la plupart des recueils de ces fables qui ont circulé dans l'Orient, il n'est luimime qu'une imitation du Pantchatantra (i), recueil plus ancien, lequel a dû recevoir sa forme actuelle vers la fin du V^ siècle de l'ère chrétienne, et a été traduit du sanscrit en pehlvi dans la première moitié du Vh siècle, du pehlvi en arabe dans le VIII* siècle, et, plus tard, de l'arabe dans les principales langues de l'Asie et de l'Europe.
(i) Pantschatantram sive Qjiinquepartitnm de moribus exponens ex codidbns manuscriptisediditjo. Godofr. Ludov. Kosbgartbk. Bomn-u ad Bbtnum, 1848, »«-»». — Une autre édition du Pantchatantra a été publiée d Bombay, eHi868'i86^^ par MM. Kielhorm et BaHLBR, dam tes Sanskrit Classics for the use of high Schoolsand Collèges.
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Quoique le plan général de /'Hîtopadésa ne diffère pas beaucoup de celui du Pantchatantra, l'auteur de ce recueil ne s'est pas attaché à reproduire avec exactitude le modèle qu'il avait sous les yeux. Au lieu de donner un abrégé de l'ancienne rédaction sanscrite, il n'en a pris que les trois premiers livres avec quelques récits des deux derniers, et il a choisi, dans les cinq livres dont elle est composée, une certaine quantité de fables et d'histoires, qu'il a disposées dans un ordre nouveau, et racontées quelquefois d'une autre manière,
La partie de l'ancien recueil qu'il a le plus fidèlement imitée est l'introduction qui sert à rattacher les unes aux autres les diverses portions de l'ouvrage. D'ailleurs, comme il le déclare lui-^mème dans sa préface, le Pantchatantra n'est pas la seule source où il ait puisé les sujets de ses fables : des quarantetrois contes et apologues contenus dans f Hitopadésa, ' dix-sept ont été tirés d'un recueil dont il n'a pas indiqué le titre.
L'Hitopadésa a été traduit dans presque tous les idiomes modernes de l'Inde : il en existe des versions en bengali, en mahratte et en différents dialectes hindouis. Parmi ces dernières, la plus remarquable est celle qui a été publiée en bradjbhdkhd par Lalloû-Ldl,
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sous U titré de Râdjnlti (j) ou la Politique des rois. Je dois dter aussi une traduction persane faite atMtnt U milieu du XVII* siècle par un mufti nommé Tddj edrdin, et intitulée Moufarrih-al-kouloûb (ce qui réjouit les cœurs). Cet ouvrage, sur lequel le savant Sûvestre de Sacy a publié un mémoire intéressant dans le tome X des Notices et Extraits des Manuscrits delà Bibliothèque du Roi, est plutôt une imitation de THitopadésa qu'une traduction des contes et apolcgua contenus dans ce recueil. Comme la plupart des traducteurs musulmans auxquels on doit des versûms de livres sanscrits, Tddj edrdin a supprimé tout ce qui, dans V original, a rapport aux croyances religieuses, à la philosophie et aux mœurs des Hindous, pour y substituer des idées empruntées au mabométisme. En ce qui concerne le choix et la disposition des sujets, il a pris la même liberté, ou, pour mieux dire, la même licenu, et, en même temps qu'il a introduit de nouvelles fables dans son livre, il a laissé de côté un grand nombre de celles dont est composé h recueil sanscrit. La version de Tddj edrdin a été tra-
(x) RA)iieeti | or Takt oihibitiiig tk« oiona doctrines and the dvil and military policy of the Hindoos ; tiansUted from the original sanscrit of Vkivnnt Pundit, into Brij Bhasha, by Sree LuLLoo L^L KvB. Caltutia, 1809, m^.
AVAMT-PSOFOS
duite m bindoustani par Mir Bàbâàour AH Houçaini, en 1802, et publiée Vannie suêvtmU, à Calcutta, sous le titre if Akhlâqu'-i Hindi (i), ou Morale indienne, «
Comme Vun des recueils éPt^oi(^ues le plus r^atir dus dans ÏInde, fHitopadésa devait attirer de bonne heure T attention de ceux qui se sont livrés les premiers à V étude de la littérature sanscrite. Aussi, dès la fin du siècle dernier, Ort-il été traduit en anglais poar le savant Wilhins (2) et par h ddëbre William Jones {j). Ces deux traducteurs, ayant vécu à une époque oà les études indiennes étaient encore peu avaur cées, se sont souvent éloignés du sens de T original, et
(i) Ukhkqi fiiadee, or Indian Ethics, tnmsiated firom a Fersian yersion of the celebiated Hitoopades, or Salntaxy Connsel, by Meer Buhadoor Ulbb, nead-moonshee in the Hindoostanee department of the New Collège, at Fort-William, for the use of the stadents. Calcutta, 180 }, m-^.
(2) The Heetopades of Veeshnoo-Sarma, ia a séries of conoected Fables interspersed with moral, pmdential and political maxims ; translated firom an andent manuscript in the Sanskreet langnage, with ezplanatory notes, \sj Ch. Wujoiis. Bath^ l^8Jf in^. Le pnmier dtapitre de cet oitorag* a iti iradmi m français par hmgUt, Voji^ Fables et Ckmtes indiens noavellement tradoits, avec on Discours préliminaire et des notes sur U religion, la Httènture, les mceors, etc. , des Hindouz, par L. Ijuiglès. Paris, 1790, im-i8,
()) Voye^ Works of sir Wnxujc Johbs, Um» VI dé riditiom i$t-49. l^ftàoa, 1799, tt tome XllI de l'iditUm im^, 1807,