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Hohenlinden

La reconstitution des opérations militaires qui se sont déroulées «n Bavière et en Haute-Autriche pendant l'hiver de 1800 a été faite à peu près exclusivement d'après les documents conservés aux Archives historiques du ministère de la guerre et aux Archives de la guerre de Vienne.

1° Archives historiques du ministère de la guerre.

Les cartons qui contiennent les documents utilisés peuvent être divisés en trois séries. Les uns renferment la Correspondance générale de l'armée commodément classée d'après les dates : lettres échangées entre le général en chef et les fonctionnaires de l'État, entre les officiers de l'armée du Rhin ; ordres de mouvement, instructions de tout genre, comptes rendus, rapports, relations de combats, etc. Dans d'autres se trouvent les Situations de V armée, qui permettent de connaître, à un moment donné, l'effectif de chacun des corps ou le total général des combattants. Une dernière série, enfin, €elle des Mémoires historiques, comprend notamment les Bulletins historiques donnant pour chaque division, en des cahiers renouvelés tous les dix jours, les cantonnements ou bivouacs quotidiens, les mouvements et les opérations, les pertes, les mutations survenues. Le Bulletin historique de l'armée, rédigé sous la responsabilité du chef d'état-major général, n'est que le résumé des Bulletins décadaires des divisions. Il est très précieux en ce sens que nombre de ces derniers sont perdus.

En dehors des cartons renfermant ces divers documents, des Registres de correspondance contiennent l'enregistrement de la correspondance militaire du général en chef, du chef de l'état-major général, des divers généraux, la relation des renseignements reçus au grand quartier général, le relevé des ordres et proclamations de Moreau, les mesures prises pour le fonctionnement des services et pour l'organisation de ce qu'on appellerait aujourd'hui la zone des étapes. Il est facile de trouver tous ces documents grâce à des bulletins analytiques placés à leur date dans les cartons de la Correspondance générale et renvoyant au registre.

Les Archives historiques de la guerre présentent des lacunes. Nombreux sont les ordres de détail et les rapports définitivement perdus ou conservés encore indûment par les descendants de ceux qui les avaient reçus. Bien des registres de correspondance ont été égarés au milieu des péripéties de la guerre ou non versés aux archives à la fin de la campagne. Telle est l'explication de certaines disproportions que l'on pourra constater parfois dans ce travail en comparant l'exposé des opérations de telle division, pour laquelle les renseignements abondent, avec la relation des mouvements de telle autre, qui n'a pu être reconstituée qu'avec des indications prises dans les rapports d'ensemble.

Cette réserve faite, les opérations militaires, prises dans leurs grandes lignes, peuvent être décrites exactement quand l'on possède — et c'est généralement le cas — les ordres antérieurs qui les ont déterminées. Toutefois il y a lieu d'observer que ces documents ne dénotent que des intentions. On sait, de façon certaine, que le commandant en chef a eu tel jour, à telle heure, tel projet. Mais il est nécessaire de s'assurer que ces pièces ont été réellement expédiées, qu'elles sont parvenues au destinataire en temps utile, que l'exécution des ordres s'est faite intégralement, et s'il n'en a pas été ainsi, il importe de rechercher la cause des modifications survenues.

Les rapports postérieurs de quelques jours ou de quelques semaines aux événements dont ils sont l'objet doivent être soumis à un contrôle rigoureux. Il arrive fréquemment qu'un général cherche à présenter les faits sous un jour qui lui soit favorable ; à s'attribuer après le succès une pensée qu'il n'a pas eue; à représenter une victoire due au hasard comme la conséquence d'un plan habilement conçu. A la vérité, l'observation n'est applicable ni à Moreau ni aux rapports adressés au Ministre et signés par Dessolle,

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