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MARCHE ET ENGAGEMENT DE LA COLONNE KIENMAYER

En même temps, Frenel faisait occuper Mittel-Buch par une compagnie et un escadron. Un retour offensif fut repoussé grâce à l'arrivée des premiers éléments de la division de l'archiduc Ferdinand. Celui-ci engagea deux bataillons Wenkheim, appuyés ensuite par un bataillon Clerfayt, de la division Schwarzenberg, qui s'était laissé entraîner de ce côté. Les avant-postes de Legrand furent définitivement rejetés sur Reithofen. L'archiduc Ferdinand fît alors déployer à l'ouest de Ruch, sur les hauteurs de Haidberg, le régiment Stain et le 13® dragons, qui mirent leur artillerie en batterie *.

En arrivant à Isen, Schwarzenberg se heurta à l'avantgarde de la division Rastoul composée d'un bataillon de la 53% d'un bataillon de la 89® et du 23® de chasseurs, sous les ordres du général Ronnet. Vers 10 heures du matin, Schwarzenberg fît attaquer le village par un bataillon Clerfayt et un escadron. Ayant derrière lui un bois dont les chemins étaient <( presque impraticables », craignant d'être tourné par les forces supérieures qu'il avait devant lui et « ayant au surplus l'ordre de ne pas résister à une attaque sérieuse », Ronnet ordonna — un peu prématurément, semble-t-il — la retraite sur Ruch, où il prit une nouvelle position. Le bataillon Clerfayt et l'escadron suivirent Favant-garde de Ronnet et se joignirent à la colonne de l'archiduc Ferdinand 2.

Le gros de la division Schwarzenberg franchit Flsen et se dirigea sur Hohenlinden par le mauvais chemin de Loipfing.

1. Frenel à Schwarzenberg, Ehring, G décembre (Hûfïer, loc. cit., t. II, p. 451) ; L'archiduc Jean à Kienmayer, Neu-Oetting, 5 décembre (Ihid., p. 442) ; Schwarzenberg à Kienmayer, 6 décembre {Ibid., p. 449). — Les documents français ne relatent pas ces premiers combats; le Bulletin historique de la division Legrand n'en fait même pas mention, ce qui permet de penser que, dans l'obscurité ou au jour, dans la tourmente de neige, les Autrichiens s'exagérèrent l'importance des postes. Peut-être n'avaient-ils devant eux, à Bittlbach, que des traînards.

2. Bulletin historique de la division Bastoul; Schwarzenberg à Kienmayer, 6 décembre (Hûfïer, loc. cit., t. II, p. 449); Œstreichische militàrische ZeitschrifL 1836, t. IV, p. 29.

En approchant de cette dernière localité, il rencontra un bataillon Brechainville et deux escadrons Zeschwitz déjà aux prises avec les Français. Ces unités appartenaient à la colonne Baillet, arrivée à Mittbach ; elles avaient été envoyées de Schnaupping sur Loipfing pour couvrir son flanc droit. Elles s'y étaient heurtées à quatre compagnies et à un escadron du 2« de dragons de la division Bastoul, qui occupaient précédemment Burgrain. Elles ne pouvaient d'ailleurs progresser. Schwarzenberg constitua alors deux lignes de deux bataillons chacune avec une réserve de même force, et se porta à l'attaque tambour battant. Le détachement français abandonna Loipfmg et se replia vers Neuharting. Schw^arzenberg le poursuivit jusqu'aux hauteurs de Wetting et s'empara du bois de ce nom *.

Le combat devint alors plus violent, car les Autrichiens se trouvaient en présence des avant-postes proprement dits des divisions Bastoul et Ney, établis sur les hauteurs de Tading, Kreiling, Kronacker. La lutte passa par des alternatives diverses. Deux bataillons Murray refoulèrent les Français sur Kreiling et Kronacker, puis, contre-attaques, plièrent à leur tour. Renforcés par trois bataillons du régiment Archiduc- Ferdinand et par six escadrons de cuirassiers Mack, ils s'emparèrent enfin de Kronacker. D'autre part, le bataillon Brechainville s'empara de Tading ; le village, repris par les troupes de Bastoul qui progressèrent un instant vers Loipfing, finit par rester aux mains d'un bataillon du régiment Archiduc-Ferdinand. Forstern fut également enlevé par un bataillon Gemmingen, mais repris ensuite par les Français-.

La lutte subit alors une accalmie dans ce secteur du champ de bataille. Grenier se contentait de contenir l'ennemi, suivant

1. Schwarzenberg à Kienmayer, 6 décembre (Hûfïer, loc. cit., t. II, p. 449) ; OEstreichische militàrische Zeitschrift, 183C, t. IV, p. 29.

2. Bulletin historique de la division Bastoul; Thûrlieim, loc. cit., t. I, p. 164.

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