CHAPITRE X
Engagement de la colonne Riesch.
Arrivée tardive de Riesch à Albaching. — Fractionnement de sa colonne pour marcher sur Hohenlinden. — Il demande des renforts à l'archiduc Jean avant même d'être engagé. — Ses réserves maintenues à Albaching. — Engagement de la brigade Drouet contre les troupes de Riesch. — Drouet rejeté de Schùtzen sur Christoph.
On se souvient que le gros de la colonne du feld-maréchallieutenant Riesch avait atteint Albaching à 10 heures du matin seulement. L'avant-garde rencontra des éclaireurs français à la lisière orientale de la forêt de Haag; elle les refoula facilement et marcha sur Schùtzen. Un parti de hussards, envoyé sur le flanc gauche, fit connaître que l'ennemi occupait fortement Christoph et les hauteurs à l'ouest de Steinhôring et Tulling. Quelques prisonniers déclarèrent que les divisions Richepance et Decaen étaient à Ebersberg et dans la forêt au nord-est.
Riesch, après avoir rassemblé toute sa colonne à Albaching — ce qui était une perte de temps bien inutile — résolut de continuer sa marche sur Hohenlinden à travers la forêt et de déloger l'ennemi de Christoph K II constitua à cet effet cinq groupes sans compter l'avant-garde.
Quatre compagnies Manfredini et un escadron de cuirassiers Franz-Mailand furent dirigés par Kalteneck sur Christoph, sous les ordres du colonel Bojakowsky.
Un bataillon du 60®, sous les ordres du major Rothkirch, de l'état-major, fut également envoyé sur Christoph, par la rive droite du Mûhl-Bach, pour tourner la position.
1. Riesch à l'archiduc Jean, Hartmannsberg, 7 décembre (Hûffer, loc. cit., t. II, p. 465).
Hohealinden. 16
Gyulai, avec le reste clu régiment Manfredini et deux escadrons de dragons Kinsky, suivit Tavant-garde du général Stahel, par le chemin forestier étroit qui conduit d'Albaching à Hohenlinden par Schûtzen. Mais, arrivé à la croisée du chemin de Ghristophà Isen, Gyulai fit exécuter un à-gauche et marcha sur Christoph.
Le colonel Richter, avec le reste du régiment Kaunitz (deux bataillons 2/3), suivit la colonne de Gyulai jusqu'à l'embranchement dont il vient d'être question, puis marcha sur Hohenlinden. Deux bataillons du régiment Archiduc-Charles lui furent envoyés comme soutien un peu plus tard, mais ne purent le rejoindre. Enfin le reste des troupes de Riesch, comprenant trois bataillons et dix-sept escadrons, forma réserve, sous les ordres de Merveldt, et s'immobilisa sur les hauteurs d'Albaching^
Riesch répartissait donc ses forces avant de s'être heurté réellement à l'ennemi. Il était d'ailleurs convaincu, sans même avoir abordé les Français, qu'ils lui étaient supérieurs en nombre et qu'ils l'empêcheraient d'atteindre Hohenlinden. Aussi s'empressa-t-il, avant toutes choses, d'envoyer un officier à l'archiduc pour demander d'être renforcé en infanterie -.
Sur ces entrefaites, les deux bataillons de grenadiers de la colonne Kollowrat, envoyés sur Schûtzen et Christophe, avaient réussi, grâce à l'effet de surprise produit par leur attaque inopinée, à empêcher les troupes de Drouet de rejoindre Richepance. Il était 10 heures du matin quand ils furent enfin obligés de plier devant les forces supérieures qui leur étaient opposées*. Drouet progressait vers Schûtzen lorsque
1. Riesch à l'archiduc Jean, Hartmannsberg, 7 décembre (Hûfïer, loc. cit.^ t. II, p. 465).