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CHAPITRE II Passage de l'Inn

Neubeuern définitivement choisi comme point de passage. — Mouvements préparatoires des divisions de l'aile droite. — Combats de Nieder et d'Ober-Audorf. — Le franchissement de l'Inn fixé au 18 frimaire. — Instructions de Lecourbe. — Le corps autrichien de Riesch. — Recommandations de l'Empereur à l'archiduc Jean. — Exécution du passage.

— Tentatives à Rosenheim. — Dispositions prises par Gondé en ce point. — Combat livré par la division Montrichard. — Intervention de Gyulai. — Retraite des Autrichiens sur Seebruck. — Etat d'épuisement de leur infanterie. — Projet d'offensive de l'archiduc Jean. — Difficultés d'exécution. — Decaen et Grouchy franchissent l'Inn à Rosenheim.

— Appréciations de Dessolle sur l'ensemble de l'opération. — La route de Salzburg ouverte aux Français.

L'Inn, dont le cours est fréquemment semé de petites îles, se trouve, à Neubeuern, resserré dans un chenal extrêmement rapide, et présentant un ancrage peu sûr. Sa largeur est de 90 mètres environ. Les chemins qui aboutissent à Neubeuern sur la rive droite sont très mauvais ; mais ce village est le seul point où la rive gauche ne soit pas dominée, à bonne portée de canon, par les hauteurs du versant opposé. Le bourg et le vieux château, bâtis sur une colline boisée, offraient pourtant à l'ennemi un excellent observatoire.

Le 14 frimaire, Lecourbe se prononça définitivement pour ce point de passage. L'équipage de ponts mis à sa disposition à Munich, dans la soirée du 14, ne pouvant arriver à Aibling que le 16, Lecourbe ne comptait pas réunir tous ses « moyens )) avantlel7au soir. Il se proposait de tenter Topération dans la nuit suivante et demandait à Moreau de mettre en mouvement les troupes destinées à le soutenir, de telle façon qu'elles lussent rendues, « au moins le 16 au soir », au nord d'Aibling. (( Surtout pas de quiproquo, ajoutait Lecourbe; donnez-leur bien Tordre d'être aux miens ». La supériorité des feux d'artillerie étant, pour l'établissement d'un pont, une condition

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essentielle du succès, Lecourbe réclamait au général en chef quelques pièces de position et, à défaut, une ou deux compagnies d'artillerie légère*. Moreau lui fit envoyer de Munich deux pièces de 12 et deux obusiers « de longue portée » et, de plus, une compagnie d'artillerie fournie parla division Decaen. Enfin, dès le 14, Dessolle informa Lecourbe que « tout le corps du centre )) viendrait le soutenir, à l'exception d'un détachement qui resterait en observation devant Wasserburg-.

Le 15 frimaire (6 décembre), la division Montrichard, répartie entre Pframern et Ebersberg, se porta sur Beiharting^. La division Gudin marcha vers l'Inn en deux colonnes : à droite, la brigade Laval ^ sur Holzhausen, afin de couper la retraite sur Kufstein aux troupes ennemies qui pouvaient être engagées vers Pang ; à gauche, la brigade Puthod ^, suivant la grande route, devait s'emparer de Rosenheim et en maintenir l'occupation jusqu'à l'arrivée de la division Montrichard. Cette dernière s'efforcerait d'empêcher l'ennemi de rompre le pont, sans cependant s'exposer au feu des batteries occupant sur la rive droite une position très dominante^. Désireux de ne pas appeler l'attention des Autrichiens sur l'endroit choisi pour le passage, Lecourbe écrivait à Gudin : <( Recommandez surtout que l'on ne mette aucune importance au point du bac à Neubeuern ; que l'on n'y mette pas même de poste 6)).

Ces diverses instructions ne furent exécutées que partiellement : on s'empara de Rosenheim, sans difficulté il est vrai,

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