CHAPITRE VII Combats de Vocklabruck et de Sch"wanenstadt
Richepance reçoit l'ordre de poursuivre énergiquement et sans trêve. — Continuation de la retraite de l'armée autrichienne. — Son arrièregarde rejetée sur Frankenmarkt. — Mouvements de Lecourbe et de Grenier, le 26 frimaire. — Brillants combats livrés par Richepance le 27. — La 48® demi-brigade à Schwanenstadt. — Grenier atteint Ried. — Retraite de l'archiduc Jean sur la rive droite de l'Alm. — Désordre et démoralisation de l'armée autrichienne.
Dans la soirée même du 25 frimaire (16 décembre), et bien que les chemins fussent couverts de neige, Richepance recevait Tordre de continuer, le lendemain, « à serrer de près Tarrière-garde de l'armée ennemie )), en suivant la chaussée de Neumarkt à Wels par Vôcklamarkt et en s'éclairant en même temps au nord sur la route de Frankenburg. Il fut prescrit à Decaen de marcher sur Frankenmarkt et, si l'ennemi opposait des forces supérieures, de se mettre en ligne à la droite de Richepance. Grouchy devait se porter sur Strasswalchen, en réserve des autres deux divisions du centre; la division de cavalerie d'Hautpoul à Henndorf *.
Les Autrichiens poursuivaient leur mouvement de retraite. Le 17 décembre, à 6 heures du matin, le corps de réserve se mettait en marche sur Vocklabruck, suivi à midi par les divisions Riesch et Baillet. Kienmayer restait à Frankenmarkt, en soutien de Tarrière-garde de Lôpper^.
Le même jour, 26 frimaire, à 10 heures du matin, Richepance attaqua celle-ci et la refoula sans difficulté sur Mûhlham, où elle fut recueillie par six bataillons que Kienmayer avait portés en avant.
1. Lahorie à Richepance, Salzburg, 25 frimaire; Lahorie à Decaen, Salzbur^, 25 frimaire.
2. Disposition pour la retraite sur Vocklabruck, Vôcklamarkt, 16 décembre (K. K. Archiv, XII, 303) ; l'archiduc Jean au Conseil aulique, Schwanenstadt, 17 décembre {Ibid., XII, 324).
Après un temps d'arrêt pour reformer ses troupes, Richepance reprit l'offensive et rejeta l'ennemi sur Frankenmarkt. Kienmayer s'établit sur une nouvelle position en arrière des bois et des défilés qu'on rencontre après avoir dépassé Frankenmarkt. Il fallut toute l'intrépidité des 8® et 27® demi-brigades pour en chasser les Autrichiens. Il était nuit depuis plus d'une heure que l'on combattait encore. « Enfin l'ennemi nous abandonna son camp, ses feux, ses marmites; et nos troupes, qui ramassèrent beaucoup de prisonniers, le poursuivirent jusqu'au delà de Vôcklamarkt* ». Richepance avait fait 300 prisonniers pendiant la marche, et 400 au cours de l'action^.
((L'armée souffre terriblement de ces combats journaliers, écrivait l'archiduc Jean au Conseil aulique, à peine a-t-elle le temps de recevoir les vivres qui lui sont nécessaires. La rigueur de la température, les marches incessantes, des bivouacs continuels et le manque de temps pour préparer la nourriture, font que les hommes sont devenus de véritables loques 3 )). Les effectifs de l'armée autrichienne se trouvaient considérablement réduits. Le 17 décembre, ils n'étaient plus que de 32.858 hommes à pied et de 13.079 hommes a cheval ^.
Continuant son mouvement sur Gmunden, Lecourbemar-
1. Rapport de Dessolie (Ce rapport porte par erreur : (( jusqu'au delà de Vôcklabruck ))). — Cf. Kienmayer à l'archiduc Jean, Frankenmarkt, 17 décembre (K. K. Archiv, XII, 327, 328) ; le même au même, Koberg, 17 décembre, 6 h. 30 soir (Ibid., XII, 325).