‹ Homère: poëmeChapitre 20 sur 29 · COQUETTERIE POSTHUME · texte numérisé non relu

COQUETTERIE POSTHUME

Quand je mourrai, que Ton me mette, Avant de clouer mon cercueil, Un peu de rouge à la pommette.

Un peu de noir au bord de l'œil.

Car je veux, dans ma bière close, Comme le soir de son aven.

Rester éternellement rose Avec du kb'ol sous mon omI blou.

*0 ÉMAIX ET CAMÉES.

Pas de suaire en toile fine.

Mais drapez-moi dans les plis bluncs De ma robe de mousseline, De ma robe à treize volants.

C*est ma parure préférée, Je la portais quand je lui plus.

Son premier regard Ta sacrée, Et depuis je ne la mis plus.

Posez-moi, sans jaune immortelle, Sans coussin de larmes brodé.

Sur mon oreiller de dentelle De ma chevelure inondé.

Cet oreiller, dans les nuits folles, A vu dormir nos fronts unis.

Et ^us le drap noir des gondoles Compté nos baisers infinis.

Entre mes maiiis de cire pMe, Que la prière réunit, Tournez ce chapelet d'opale, Par le pape à Rome bénit :

Je régrènerai dans la couche D où nui encor ne s'est levé ; Sa bouche en a dit sur ma bouche Chaque Pater et chaque Are!

DIAMANT DU COErU

Tout amoureux, de sa maitre&sc, Sur son cœur ou daus un tiroir, Possède un gage qu*il caresse Aux jours de regret ou d'espoir.

L'un d'une chevelure noire, Par un sourire encouragé, A pris une boucle que moire Un reflet bleu d'aile de geai.

ÉMAUX ET CAMÉES. Al

L'autre a, sur un cou blond qui ploie, Coupé par dcmère un flocon Retors et fin comme la soie Que Ton dévide du cocon.

Un troisième, au fond d'une boite, Reliquaire du souvenir, Cache un gant blanc, de forme clroilc, Où nulle main ne peut tenir.

Cet autre, pour s'en faii'c un charme.

Dans uq sachet, d'un chiffre oiné.

Coud des violettes de Parme, Frais cadeau qu'on reprend fane.

Celui-ci baise la pantoufle Que Cendrillon perdit un soir ; El celui-là conserve un souffle Pans la barbe d'un masque noir.

Mui, je irai ni boucle lustrée, Ni gant, ni bouquet, ni soulier.

Mais je garde, empreinte adorée, • Une larme sur un papier :

Pure rosée, pudique goutte D'un ciel d*azur tombée un jour.

Joyau sans prix, perle dissoute Dans la coupe de mon amour.

Kt, \Hmr moi, cette obscure laclic Reluit comme un écrin d'Ophyr, El du vélin bleu se détache, Diamant éclos d*un saphir.

Celte larme, qui fait ma joie.

Roula, trésor inespéré, Sur un de mes vers qu elle noie, D*un œil qui n a jamais pleuré !

PUEiMIER SOURIllK DU IMUNTflMPS

Tandis qu'à leurs œuvres perverses Les hommes courent haletants, Mai*s qui rit, maigre les aveises.

Prépare en secret le printemps.

Pour les iKîtiles pâquerettes, Souraoisement loi^que tout dort.

Il repasse dos collerettes El cisèle des boutons d*or.

Dans le verger et dans la vignr, II s'en va, furtif peiruquicr, Avec une houppe de cygne, Poudrer à frimas Famandier.

La nature au lil se repose, Lui descend au jardin déserl , El lace les boutons de rose Dans leur coi-sct de velours vert.

Tout eu composant des solfèges, Qu'aux merles il siffle à rai-voix, Il sème aux prés les perce-neiges Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine Où le cerf boit, l'oreille au gucl , De sa main cachée il égrène Les grelots d'argent du muguet.

Sous-rherbe, pour que lu la c.ieilles, Il met la fraise au teint vermeil, Et te tresse un chapeau de fiMiilles Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite, Et que son règne va finir.

Au seuil d*Avril tournant la têîe, 11 dit : Printemps, tu peux venir I

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