KT ÉNONCE DU PLAN
le plus souvent commandé par le sujet ; c) que le genre didactique, qui est celui de la chaire, peut avoir des règles à pai^t.
Nous n'insisterons donc pas sur cette seconde raison, qui n'est qu'une présomption.
3' Les preuves doivent être distinctes par ellesmêmes. — Les articulations bien marquées suffisent .
4' On leur ôte quelque chose de leur force en les annonçant, à moins que cette annonce ne soit tellement vague qu'elle soit oiseuse. Que sefvirait d'annoncer qu'on va expliquer un devoir et dire ses motifs, où exposer une vérité et dire ses conséquences?
5' En soulageant la mémoire, on connive à la paresse de l'esprit. — Ne vaudrait-il pas mieux mettre la division à la fin du discours, à titre de récapitulation?
6' Pour soulager la mémoire, on commence par la charger.
7** Pour la soulager, on est entraîné à faire des divisions symétriques, artificielles, et à préférer l'ordre extérieur à l'ordre intérieur. C'est la symétrie qui enchâsse la division dans la mémoire. Si, au contraire, on ne faisait pas de partition, on serait dans une position qui obligerait à plus d'efforts pour donner au discours de la suite et de la cohésion. Le meilleur soulagement pour la mémoire ne serait-il pas précisément cet ordre et cette cohésion, dans un tel enchaînement, que, le premier anneau soulevé , toute la chaîne est soulevée (1)?
(1) On peut retenir fort bien la division et n*en être pas beaucoup plus araneé. « Si le peuple, dit Fénelon, relient mieux la division que le reste, <^est qu'elle
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8° Ce qui donne lieu de le pens^, c'est Fai^Hment même de Hûffell en faveur de la partition. Il parle de la façon étrange dont les sermons sont com{»ris, à la campagne surtout ; mais il oublie que ces sermons si mal compris sont des sermons bien et dûment divisés; car on n'en fait pas d'autres.
9** On voudrait se borner à annoncer la divisioa générale du discours (1); mais, dans le point de tue de Hûffell, ce n'est pas assez ; il faut diviser aussi diacune des grandes parties. Et c'est en effet ce que demande Âmmon (2).
Il me semMe qu'en accordant à ces considérations tout ce qu'on peut leur accorder, elles ne vont pas à commander absolument de supprimer la partition. La partition ne saurait suppléer l'ordre intérieur et l'exact endotainement des parties ; mais elle peut, en c^tains cas, aider à l'effet qu'on attend d'une bonne construction du discours oratoire. Je crois cette pratique moins préjudiciable à l'auditeur directement qu'elle n'est dangereuse à l'orateur lui-même. Je voudrais qu'yen la conservant, il fît tout pour pouvoir s'en passer, et que h construction de ses discours la fit juger inutile. Du reste, quant à l'emploi de la partition, qu'on distingue entre les différents sujets et entre les différent^ aufr t0H«8. — Et peu^être qu'on attende, pour s'affiranchir de cette forme, l'âge de la maturité et de la force.
« a été plus souTcnt répétée. Généralement parlant, les choses sensibles et de fV** * tique sont celles qu'il retient le mieux. ■ (Dialogues sur l*Éloçpience,ieaBl!» dialogue.)
(i) Voyez HJuFFfiix, tome I, p. 29€.
(2) Voyez le passaise cité page 370.
ET BNONCB DQ PLAN. 375
Il est sans doute remarquable que, depuis et malgré Fénelon, presque tous les orateurs l'aient conservée.
Quand on fait une partition, je pense qu'il faut la borner à l'énoncé du plan général, rejetant un programme plus détaillé.
Je demanderais que cette partition fût claire et simple dans l'expression. — Il peut être utile de présenter sous plusieurs formes successives les articles de la division ; mais il y aurait une vraie puérilité à multiplier sans nécessité ces variantes d'une même idée (1).
(1) Voyez la partition du sermon de Bourdaloue sur la Fauui cotucience^ criti- 4niée par Roques, dans le Patteur évtmfUique, page 406.