‹ Hommage à Monsieur ChevreulChapitre 18 sur 18 · I KNOW ONLY THE SLANG · texte numérisé non relu

I KNOW ONLY THE SLANG

Iknow onlytheslang.

II faut remarquer que C, le médium, sait assez peul'anglaispour qu'il n'ait pas compris tout de suite la signification du mot slang.

Ces expériences comportent une explication très simple, encore qu'elle ne soit pas entièrement satisfaisante.

Cette explication, c'est Y hémi-inconscience du médium. Ce mot a besoin lui-même d'être expliqué; car il n'a, croyons-nous, pas été proposé encore, et il constitue une hypothèse nouvelle pour rendre compte de l'état de médiumnité.

Lorsqu'un somnambule, plongé plus ou moins profondément dans l'état de somnambulisme, pense, parle ou agit, il n'est pas en état de conserver le souvenir de ses actions ou de ses pensées ; de sorte qu'au réveil, la conscience et le souvenir ayant disparu, on peut supposer qu'une autre personnahté, en quelque sorte, a agi en lui pendant son état de somnambulisme. Il a donc, pour

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ainsi dire, deux consciences, sa conscience normale et sa conscience de somnambule, ces deux états se succédant et ne se mélangeant pas.

Nous pouvons alors faire cette hypothèse que, dans l'état de médium, ces deux états se succèdent et se mélangent, c'est-à-dire que la conscience normale, régulière, persiste, et qu'en même temps qu'elle, une autre conscience apparaît, coïncidant avec elle sans se mélanger; accomplissant des actes soustraits à la conscience normale première, et poursuivant, sans le secours de cette conscience normale, une série d'évolutions logiques. C'est donc de Y hémi-inconscience ^ ou encore de \ hémi-somnambulisme .

Ainsi, pour reprendre l'exemple cité plus haut du médium qui suit mentalement le rhythme de l'alphabet : en même temps que notre ami causait, plaisantait et discutait avec nous, son personnage inconscient épelait mentalement l'alphabet, suivait (je ne sais trop comment) le rhythme observé par A, qui tenait l'alphabet, et faisait des phrases, des réponses, des vers, etc.

Il y avait donc en lui pour ainsi dire deux personnes : le personnage de bonne foi, conscient, qui causait, plaisantait, discutait, non différent de ce qu'il est à l'état normal; et le personnage inconscient, qui cherchait à entendre les mouvements de A., à suivre l'alphabet en même temps que lui, ayant une série d'idées tout à fait distinctes de la série des idées du -personnage conscient, lequel ignore tout ce que fait son inconscient.

Certes, le travail intellectuel de cet inconscient n'a jamais abouti qu'à un mince résultat ; axiomes philosophiques, citations, injures, toutes ces manifestations intelhgentes sont d'une intelligence très faible. On peut dire que si G. conscient est poli, intelligent, spirituel, G. inconscient est grossier, simple et banal jusqu'à la bêtise. Mais enfin le degré de l'intelligence importe peu, et ce sont là toujours des phénomènes intellectuels.

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Je ne me dissimule pas que cette hypothèse aura hesoin d'être appuyée par de nouveaux faits. La simultanéité dans l'esprit de deux ordres de phénomènes intellectuels, les uns conscients, les autres inconscients, aura besoin d'être prouvée par d'autres séries d'expériences. — J'espère qu'on les entreprendra, et je suis convaincu qu'on fera bien mieux. — Mais il n'en est pas moins vrai que cette tentative, inspirée par les beaux travaux de M. Chevreul, mérite quelque indulgence; car, jusqu'ici, les phénomènes dits spiritiques ont été, ou bien traités comme des impostures, ce qui est inadmissible, ou bien abandonnés à des personnes qui, au lieu d'expérimenter par des méthodes scientifiques, se contentaient de preuves insuffisantes et s'égaraient dans le mysticisme.

Je me crois donc autorisé à formuler la conclusion suivante : Toutes les forces dites surnaturelles ne sont que des forces humaines, musculaires ou psychiques . Mais, comme elles sont soustraites à notre conscience, elles nous paraissent reconnaître une cause différente de nous, explication qui est aussi peu rationnelle que possible.

En réalité, il semble qu'il y ait non seulement un inconscient musculaire, mais encore un inconscient intellectuel, et je crois que, sous l'influence de certaines conditions psychologiques spéciales, des consciences, des personnalités diverses coexistent avec notre conscience et notre personnalité principales.

Nous ignorons comment l'avenir transformera cette théorie psychologique de l'inconscience; mais, en tous cas, elle nous paraît être de quelque importance. Or c'est à M. Chevreul que reviendra l'honneur d'en avoir , dès 1833, tracé les premières hgnes.

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