FRS
« D'où s'élève ce bruit, cette clameur immense, « Qui vient nous arracher à l'éternel silence ? « Qui passe ainsi sur nos tombeaux ?
« Sont-ils donc revenus ces jours remplis de gloire, « Ces jours où chaque lutte était une victoire, « Et chaque soldat un héros.
« Ecoutons ! Mais au loin c’est le canon qui gronde. « Ven: ‘esse du droitet maîtresse du monde, « La noble France a-t-elle encor « Sur son front radieux l’auréole invincible, « Qui la fit autrefois si belle et si terrible « Dans les grands jours de Messidor ?
« Eët-ce encor l’Autrichien, au fort de la mêlée, « Qui fait vibrer sa voix, là bas, dans la vallée ?
« Mélas est-il donc revenu ?
« Chassant ses bataillons dans notre course ardente « Pourtant nous l’avons vu, pâälissant d’épouvante,
« Devant nous s'enfuir éperdu ?
« Mais les bruits ont cessé ; seul, l’écho de la rive, « Apporte à notre oreille une note plaintive
« De pleurs et de soupirs mêlés. [France « Qui donc est le vainqueur ? Ah! Seigneur, si la « En ce jour a perdu sa gloire et sa puissance,
« Pourquoi nous avoir réveillés ?
«On dirait que là-bas tout un peuple s’assemble ; « S’élevant vers le ciel, cent mille voix ensemble, « Prononcent le nom du vainqueur.
« Napoléon ! La France ! Ah ! la vieille patrie « N'a donc pas encor vu sa puissance obscurcie, € Ni s’affaiblir son bras vengeur.
« Il vit toujours celui qu’au pied des Pyramides, « Les Mamelouks fuyant sur leurs coursiers numides « Avaient nommé Sultan du Feu.
FE
« La mort n’a pas osé mettre sa main de glace, « Sur cet homme géant dont le regard terrasse, « Et que nous pensions être un dieu !
« Car Jui seul peut ainsi marcher à la conquête
« De la fière Italie, et couronner sa tête « Des palmes de Solferino.
« Et qui donc, entre tous les héros de la terre,
« Pouvait, si ce n’est lui, réveiller dans leur bière « Les vieux soldats de Marengo ?
« Seigneur, soyez béni ! Dans nos demeures sombres, « La France a fait entendre, au milieu de nos ombres, « L'écho de ses cris triomphants ; « Douce mère, qui sait, au sein dela victoire, «Faire toujours veiller un rayon de sa gloire « Sur les tombeaux deses enfants. »
France, doux pays de nos pères, Comme ton nom est radieux.
Sur les nations étrangères,
Tu verses l'éclat de tes feux.
Tu parles, l’Europe tremblante, Au seul bruit de ta grande VOIX, Se tait, muette d’épouvante,
En voyant pâlir tous ses rois.
Pour tes étendards la victoire, Semble garder tous ses lauriers,
Et tous les fastes de l’histoire
Sont pleins des noms de tes guerriers.
Tu fais surgir avec ton glaive
Qui voit s'enfuir l'aigle autrichien,
Un nouveau monde qui se lève
Sur les débris d’un monde ancien.
er meme,
Dans les plaines de l'Italie Chassant l’ennemi devant toi, Aux yeux de la terre éblouie,
Tu viens encor dicter ta loi !
Tu déchires, dans ta puissance, Tous ces vieux traités vermoulus, Qu’autrefois la Sainte Alliance Imposait aux peuples vaincus.
Comme l’astre qui sur le monde Répand à grands flots ses rayons, Ta pensée ardente féconde L'Univers comblé de tes dons.
Dans le malheur, c’est toi qu’implore La voix des peuples opprimés, Comme soupire après l’aurore
Le chantre des bois embaumés.
Sur les plages les plus lointaines Tes marins vont porter ta loi ; Déjà les tribus africaines
Devant ton nom tremblent d’effroi.
Ton drapeau, sur le fleuve Jaune, En vengeant tes droits méconnus, Verra bientôt trembler le trône
Du sectateur de Mencius.
Ainsi, toujours puissante et fière, Tu t’avances comme un géant,
Et tous les grands cœurs de la terre Bénissent ton nom bienfaisant.
Tu vas, sans craindre les années, Rayonnante comme un saphir, Vers les sublimes destinées Que Dieu garde à ton avenir.
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DE ———————— à
Dans ce siècle d'argent où l'impure matière Domine en souveraine, où l'homme sur la terre, À tout ce qui fut grand semble avoir dit adieu ; Où d’un temps héroïque on méprise l’histoire, Où, toujours prosternés devant une bouilloire, Les peuples vont criant : la Machine, c'est Dieu !
Dans ce siècle d'argent où même le génie
Vend aussi pour de l’or sa puissance et sa vie, N'est-ce pas qu’il est bon d'entendre dans les airs Retentir comme un chant d’une immense épopée, Les accents du clairon et ces grands coups d’épée Qui brillent à nos yeux ainsi que des éclairs ?
Guerriers des temps anciens, Paladins magnifiques, Héros éblouissants des poëmes épiques
Dont les récits charmaient nos rêves de quinze ans, Quand la fièvre de l’or, comme un torrent l'inonde, Vous êtes revenus pour consoler le monde
En montrant à ses yeux vos exploits éclatants.
De ce foyer de foi, d'art et de poésie, Qui sauvait autrefois l’autel et la patrie Et brillait comme un glaive au milieu du combat, Deux rayons sont restés pour le bonheur de l'homme Rayons que Dieu bénit et que l’univers nomme :
Le Prêtre et ie Soldat !