Hommage Rendu A. M. Ramond
Tous les botanistes gardent le souvenir de notre vénéré confrère; il était d'une bienveillance et d'une urbanité extrêmes; sa modestie excessive le rendait accueillant pour tous. Il venait fréquemment à nos séances, il y a quelques années, quoiqu’il en fut souvent empêché par les devoirs de ses fonctions officielles.
Ce sont ces fonctions qui l’ont éloigné de nous et qui l’ont détourné de ses recherches de botanique, espoir de ses premières années. Il avait préparé des éléments considérables pour l’élaboration d’une Monographie du genre Salix; ce genre, à espèces polymorphes et que la diœcie rend encore plus difficiles à caractériser, a été l’objet d’une étude constante durant toute sa vie ; il en a réuni les matériaux pendant longtemps et, il y a quelques années, en 1890, quand il donna son herbier au Muséum, il n’avait pas abandonné l’idée de mener à bien ce travail monographique. Il s’en était même réservé l’élude; mais il n’a pu exécuter son projet.
Cet Herbier est conservé au Muséum, il est utile aux botanistes et a été plusieurs fois déjà consulté avec fruit.
M. Ramond a toujours aimé la botanique; à l’Ecole des Hautes Études commerciales qu’il avait concouru à fonder, il professa, pendantquelque temps, un cours où la botanique avait une assez large part. Pour la préparation de ses leçons, il a eu plusieurs fois recours aux spécimens empruntés aux galeries de Botanique et aux végétaux vivants cultivés au Muséum; il était heureux, nous disait-il, de ce retour aux études si chères à sa jeunesse.
M. Ramond a été des nôtres pendant de longues années; il a été 1 un de ceux qui nous ont fait le plus honneur, par ses hautes fonctions, par les relations de sa famille, par sa fidélité à nos traditions, par les services qu’il nous a rendus. La Société Botanique lui eu sera toujours reconnaissante. Nous garderons tous le respectueux souvenir de ce confrère vénéré.
M. le Secrétaire général demande la parole pour ajouter, en peu de mots, aux hommages précédents l’expression de ses
sentiments personnels :
J’ai eu l’honneur, dit M. Malinvaud, d’être pendant douze ans le colla borateur de M. A. Ramond dans la gestion des affaires de notre Société. Son exquise courtoisie, jointe à une inaltérable aménité de caractère, imprégnait nos relations, qui étaient fréquentes à celle époque, d un charme particulier dont le souvenir éveillera toujours en moi un sentiment de respectueuse gratitude.