VI PRÉFACE
l'Eglise, si le Pape a pris dans mon âme la place sacrée qu'il y occupe, c'est à lui que je le dois. — C'est un livre de lui qui dès les bancs du collège m'a fait aimer la sainte Eglise. — C'est à Louis Yeuillot que je dois de n'avoir pas perdu l'amour et le don de la prière, même aux heures difficiles de la jeunesse. Que Dieu lui rende au centuple tout le bien qu'il a fait à tant d'âmes ignorées de lui. — Il a été de nos jours le grand excitateur des âmes. — Ce sont ses livres et ses articles qui m'ont fait pencher vers le sacerdoce, quand j'étais encore hésitant entre l'Église et le monde. — Je lui dois mes plus douces joies intellectuelles, mes émotions sacerdotales les plus fortes, mes meilleures méditations. — Nul dans ce siècle ne poussait plus loin le zèle pour le règne du Christ. — Je n'ai pas cessé de puiser dans ce grand cœur l'amour de l'Église de Jésus-Christ et l'infaillibilité de son chef suprême. »
Combien d'autres textes montrent avec quelle vigueur soutenue et quel succès il a poussé les cœurs et les esprits vers Rome ! Mais pouvait-on rendre ce signalé service sans soulever beaucoup d'inimitiés, beaucoup de haines, sans mettre contre soi les gallicans et leurs continuateurs, les libéraux? Non : l'on devait rencontrer cet obstacle, et il fallait le briser. Louis Yeuillot l'a brisé. Si c'est ce rude travail qui lui a donné le plus d'ennemis, c'est aussi celui dont il a été le plus glorifié, et c'était de toute justice, car nulle œuvre n'importait davantage, et, de plus, il n'a combattu aucun catholique sans en souffrir profondément. Que d'efforts il a faits pour remplir son devoir ! et combien de fois, pour ma part, voyant sa tristesse, ai-je dû lui dire : « Il le faut! »
Il le fallait. Nous en avons eu, Louis Yeuillot vivant, la parole du Pape. Cela suffit. Mais cette besogne nécessaire, obligatoire, a-t-elle été bien faite ? Comment en douter devant les encouragements que le rédacteur en chef de Y Univers a reçus pendant le combat, et les témoignages qui n'ont cessé d'honorer sa mémoire ?
(c Nous étions, disent les Hommages^ sincères admi-