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quartiers en pariant des plus belles rues d'une ville, ou bien s'il n'y en a que de laides, des rues habitées par les belles dames ou à défaut par les riches.
Pour plus d'un citadin, son quartier est sa patrie; il haïra ou méprisera Thabitant du quartier voisin ni plus ni moins qu'un Turc méprise un Grec, ou qu'un Bas- Breton hait un Anglais. Pourquoi? 11 ne vous le dira pas et pour cause.
Une armée prend ses quartiers d'hiver, ses quartiers de rafraîchissemens; c'est là qu'elle va se refaire après la campagne.
Demander quartier, c'est demander la vie, quand, à la suite d'un combat, l'adversaire nous tient répce sur la gorge ou le pistolet au front.
Qu'on ne fasse pas de quartier, dit un général qui prend l'offensive et va s'emparer d'assaut d'une ville assiégée; alors on tne tout: hommes, femmes, en fans. C'est ainsi qu'on devient illustre et qu'on obtient des statues et presque des autels.
Le quartier est aussi le terme échu, celui où l'on doit payer son loyer: époque de discorde et de guerre.
Quartier était jadis un terme de blason : c'est la partie d'un écusson qui porte des armoiries ^différentes. Le premier blason de l'écu, à droite du côté du chef, s'appelle franc-quartier.
Pour être reçu chevalier de Malte , il fallait huit quartiers ou huit générations de noblesse.
On dit aussi, sur nos marchés et dans nos halles, un quartier de fromage, un quartier d'agneau, etc.
Dans nos régimens , il y a des quartiers-maîtres. Yeuton dire par là des quarts de maîtres ou des maîtres de quartiers? Non, ici la partie est plus que le tout. Un quartier- maître est aujourd'hui un officier, tandis qu'un maître , en terme de marine , est un sous -officier :
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maître d'équipage, maître timonier, maKre callat; c'est qu'en France chaque état, chaque arme, chaque administration a son argot ou un patois qui lui est propre: vrai moyen de s'entendre.
Les collèges mêmes n'en sont pas exempts: le maître de quartier y est le maître d'études, ou le pion comme disent les écoliers.
Un quartier est aussi une caserne: je rentre au quartier, dit le soldat.
Quartier a encore bien d'autres significations, mais qui tiennent plus aux localités qu'a la langue.
QUELQUES QUESTIONS. (Avril 1848). prbmièrb QUESTION. La concurrence sians ordre, sans entente, la concurrence poussée à l'excès n'est-elle pas dommageable à l'industrie et au consommateur, et ne serait-il pas. utile de la régulariser?
S'il y avait danger à limiter la concqrrence quant à la production, à la fabrication et à la vente eh gros, ce danger existerait-il pour la vente en détail? La réduction du nombre des débits, notamment de ceux de liqueurs, de café, d'épiceries, etc., n'aurait-eUe pas un résultat utile?
Moins nombreux et vendant davantage, Qes établi8Sf>mens ne vendraient^ils pas à un prix moins élevé?
La surveillance des ventes étant plus îàcWe , les falsifications et les fraudes dont le pauvre est victime, ne seraient-elles pas plus rares?
Enfin la misère, les infirmités, les rixes et les crimes qu'amènent les cabarets, ne diminueraient -ils pas dans une proportion égale à la réduction de leur nombre et des occasions de s'enivrer?
DEUXIÈME QUESTION. La causc de la misère en France
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vient-elle de la surabondance de la population ou de la mauvaise répartition de cette population?
Est-elle dans l'absence du travail ou dans la dislance qui sépare le travailleur des localités où Ton manque de bras?
Le mode le plus efficace de réduire la misère ne seraitil pas de mettre le travail à la portée du travailleur?
Pour arriver à ce résultat, les maires ou les conseils municipaux ne pourraient-ils établir, de mois en mois, la liste des individus de leur commune qui manquent d'ouvrage et qui en cberchent?
D*un autk-e côté, les cultivateurs, les manufacturiers, entrepreneurs de travaux, chefs d'ateliers ne pourraientils déclarer à leur mairie le nombre et l'espèce d'ouvriers qu'ils prévoient pouvoir employer?
Ces renseignemens étant réunis à chaque chef- lieu d'arrondissement, ne serait-il pas à propos d'y ouvrir on bureau où tout maître irait demander des ouvriers, et tout ouvrier réclamer du travail?
Ces bureaux d'arrondissement ne pourraient-ils correspondre entr'eux et diriger les travailleurs sur les points qui en seraient dé|K)urvus?
Le gouvernement ne devrait-il pas se charger de cette répartition des foras ou tout au moins de la publication par quinzaine ou par mois, des demandes d'ouvriers et do tarif des prix offerts?
Ne pourrait-il faciliter le déplacement de ces ouvriers , soit en leur délivrant des feuilles de route, soit en se réservant dans les concessions de lignes de fer, nn nombre de places qui seraient données, à titre gratuit on à très-bas prix, aux pauvres ouvriers voyageurs ?
A défaut du gouvernement, une société charitable ne poorrait-elle arriver à ce résultat, procurer dû travail à ceax qui en manquent et pourvoir à leur transport d'an lieu à on autre?
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EnGn, faute d'un mode purement gratuit, une agence établie sur une grande échelle et dont le tarif serait annuellement déterminé, ne pourrait- elle, à un prix modique , pourvoir au besoin mutuel des maîtres et des ouvriers en les mettant partout en rapport et en les préservant ainsi d'un chômage ruineux , d'emprunts usuraires , et surtout de l'intervention coûteuse des bureaux de placement ou des agens d'affaires?
Si ces facihtés données aux travailleurs ne procuraient pas des ressources à tons, n'y aurait-il pas quélqu'autre voie d'y suppléer et de rétablir Téquilibre entre le travail et le besoin, équilibre que tend tons les jours à détruire le perfectionnement des machines? Cette voie ne serait-elle point dans la meilleure répartition des ressources de la charité, ou dans l'aumône faite avec discernement?
Les aumônes telles qu'elles sont appliquées aujourd'hui diminuent- elles la misère d'une manière sensible, et, la continuité de cette misère vient-elle de leur insuffisance ou bien de leur mauvais emploi , c'est-à-dire de leur application aux individus qui n'en ont pas besoin, au détriment de ceux à qui elles sont nécessaires?
Ne serait-il pas possible en réunissant ces aumônes^ d'en faire un moyen de travail permanent, ou, du moins, une prime d'encouragement, non à l'oisiveté, mais an labeur ?
En outre des établissemens coloniaux, le gouvernement ne devrait-il pas avoir, sur divers points de la France, des fabriques, des ateliers de constructions et de défrichemens, des exploitations agricoles, refuges toujours ouverts aux individus sans travail?
A l'aide de ces établissemens multipliés jusqu'à Fextinction complète de la misère , ne pourrait-il pas devenir le régulateur du prix des journées, et avoir un fon4 de réserve afin que ce prix pût toujours étra. établi sur celui du pain? . . ';,:) ;;. j