NICOLAS
Au lever du rideau, on entend un air de cornemuse. Après avoir joué, Nicolas sort d"un bosquet à pas de loup, dans un ajustement très-pittoresque.
Quoi! ma musique ne l'attire pas? C'est donc ici le château de la Belle et la Bête ? Je ne veux nommer personne.... Quel château mystérieux! Marianne y est de-
venue invisible. C'était bien la peine de gâter ces beaux espaliers et ma culotte de velours ! Depuis ce matin , je perds mon temps à soupirer sur ma cornemuse. Je me suis présenté plus de vingt fois à la porte , mais il paraît qu'ici on n'a pas l'habitude de passer par là. J'ai vu un freluquet de valet de chambre qui m'a dit : « Halte-là , Nicolas! » Si je savais où est la fenêtre de Marianne ! On dit que c'est là un chemin de traverse.... Je lui ai écrit: a-t-elle lu ma lettre? Qui sait si elle ne m'a point oublié? Elle devient quasi grande dame au château.... Oh! que nenni! on n'oublie pas sitôt Nicolas. Si je pouvais seulement la prendre par le corset , et lui parler entre quatre lèvres !... Mais qui vient donc là-bas?... Ouf! c'est la marquise. Ces pauvres espaliers! ma pauvre culotte de velours! {Il s'enfuit, et grimpe au mur du parc.)