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V LE PASSÉ ET LE PRÉSENT

Par Edouard CLAVERY

En 1783 les Anglais fondaient leur premier établissement dans la presqu'’ile de Malacca. Moins de soixante ans plus tard, reportant de dix degrés plus à l’est la base de leurs relations commerciales avec l'Extrème-Orient, ils vinrent occuper à quarante lieues au S.-E. de Canton, l'ilot où ils ont su, en un quart de siècle à peine, organiser un emporium devenu maintenant le centre d’affaires le plus puissant de toute cette région de l'Asie, et l’un des plus importants du monde.

Avant d'examiner la situation actuelle de Hong Kong au point de vue économique, il paraît intéressant de jeter un rapide coup d'œil rétrospectif sur ses origines et sur les principales phases de son développeinent.

Certes, ce n'est pas que l’on puisse compter,en principe, trouver dans l'organisation de cette colonie et dans le détail des mesures qui ont servi à la mettre en valeur un modèle et des indications susceptibles d'application pratique et immédiate ailleurs, dans notre grande possession d’Indo-Chine, par exemple. Il y a, manifestement, trop de différence. de part et d'autre.

Mais l’œuvre grandiose et féconde que nos voisins d'Outre-Manche ont accomplie dans leur étroit domaine extrême-oriental n’est-elle pas par elle-même un enseignement ? « Hong Kong est un exemple

(1) Principaux ouvrages consultés :

Colonial Reports. Annual, Statistical tables relaling to Colonial and other Possessions of {he United Kingdom. — Rapports consulaires français n° 258, 299, ele. — Elisée Reclus : Géographie universelle, t. VII, p. 505-510.

kapport sur Hong Kong par M. Rabaud, deuxième partie, p. 157-189, du volume de € La Mission lyonnaise d'exploration commerciale en Chine »

1895-1897 ; in-4°, Lyon, 1898. — À Handbook to Hong Kong — H. K. Kelly and Walsh’s, Limited,1893. — Directory and chronicle for China, Japan, ete., Hong

Kong, 1904; cet Annuaire fort complet et fort utile est publié aux bureaux de la Hong Kong Daily Press.

saisissant de ce que peut une grande nation » a dit Nat. Rondot il y à trente ans (1). À cette époque, la population de la colonie était de 125.009 habitants environ : elle a aujourd'hui quadruplé. La valeur de son commerce était alors estimée à 300 millions de francs ; elle dépasse maintenant un milliard et demi. Le mouvement de la navigation, en 1816, comprenait, à l'entrée et à la sortie, 28.181 navires jaugeant 3.900.891 tonnes. Il s’est élevé en 1903 à 104.430 bätiments (dont 89.981 jonques) avec un nombre de tonnes approchant de ?4 millions, soil 23.803.304 dont 19.048.411 pour les 14.489 navires de type occidental moderne.

\ vraidire, il convient de ne pas perdre de vue que la prospérité présente est due avant tout à l'initiative des particuliers, à ceux qui sont venus, de Chine et d'Europe, apporter à la colonie naissante leur activité, leur entente des affaires, leurs capitaux. Il est clair que, dans les débuts, l'expérience des négociants anglais précédemment établis à Canton a été précieuse à plus d'un titre: elle a sans doute été pour beaucoup dans le succès final. Le rôle du Gouvernement a été réduit à certaines fonctions bien déterminées : assurer la police, gérer les finances, exécuter ou faire exécuter les travaux publics indispensables, de façon à établir et à maintenir un état de choses aussi favorable que possible à la libre expansion des entreprises privées.

C'est là d'ailleurs un trait commun à Hong Kong et à la plupart des

autres possessions britanniques.

1) Diclionnaire du Commerce — Guillaumin, 1873, «rl. Victoria,

Historique. Données géographiques.

L'ile que les Chinois ont appelée Hong Kong, c'est-à-dire le « Port de Mer parfumé », fait partie du groupe des Ladrones (1), près de la côte du Kouang-Toung, à l'embouchure du Fleuve de l'Ouest. Sa superficie ne dépasse pas 29 milles q. T5 kilom. q. la plus grande longueur de l’est à l’ouest étant de 16 kilomètres et la largeur de 12? kilomètres en moyenne.

Le 26 janvier 1841, le Commodore Bremer vint l'occuper en vertu d’un arrangement conclu six jours auparavant entre les Autorités de la province de Canton et les représentants du Gouvernement britannique ; en fait.elle avait été prise le 25 août 1839 par le capitaine Elliott. « Dès février IS41., des missionnaires et des négociants expulsés de Canton et momentanément à Macao vinrent visiter la nouvelle acquisition » (2). Quelques colons et agents britanniques ne tardèrent pas à s'installer. La première maison en pierre fut construite pour le compte de M. Matheson. qui avait fondé à Canton, en IS?7, le premier journal en langue anglaise publié dans cette ville : The Canton Register.

La cession formelle ne date cependant que du traité de Nankin (5 août [S4?);ratifié en 1843. Par la convention de Pékin de 1860 (art. VI) le Gouvernement de la Grande-Bretagne acquit ensuite, en échange des îles Chusan, la péninsule de Kaouloung (les neuf Dragons), sur la côte continentale, en face de Hong Kong, avec la petite île adjacente du « Stone Cutter » et quelques ilôts. Disons ici que cette île du Stone Cutter est maintenant entièrement occupée par des fortifications qui constituent un des principaux éléments de défense de la Colonie. L'accès en est, en principe, interdit aux personnes étrangères à la garnison : on ne peut y débarquer sans une autorisation spéciale du Gouverneur.

1 Encylopædia brilannica.

Le son de Kong, dans le nom dontil s'agit est transerit aussi parfois par un caractère qui signifie les courants, les flots » ; la traduelion anglaise est alors Çfragrant stream » au lieu de €fragrant sea port » (+. Kelly and Walsh's Handbook Lo Hong Kong p.8). On se trouve ici en présence d'une deces homophonies si nombreuses paraill, dans la langue chinoise,

(2) André Roux. — «Hong Kong, colonie anglaise de Ia couronne ». Thèse de doctorat en droit, Poiliers, 1903.

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La superficie de la péninsule proprement dite estévaluée à 4 milles q. = 10 Kmq. 368 seulement. L'Angleterre « en avait déjà la jouissance exclusive en vertu d'un bail indéfini et y avait élevé des redoutes depuis longtemps » (1). C'est là que s'est élevée la ville de « British Kowloon ». débarcadère de Hong Kong sur le continent. À côté s'est formée une agglomération indigène désignée sous le nom de « Kowloon City )),

La largeur du détroit entre Hong Kong et la péninsule n'est que de deux à trois kilomètres en moyenne : en un point donné (Lyee Moon Pass) elle est réduite même à 1/4 de mille ou profondeur va de 1? à ?7 mètres.

160 mètres environ. La

Le territoire voisin. comprenant la Baie des Mirs et la Baie profonde. a été cédé à bail par la Chine le 9 juin 1898 ; le domaine britannique dans la région a ainsi reçu un accroissement de 370 milles q., = %8 kilom. q. dont 726 pour le continent et 233 pour les îles et îlots. La superficie cultivée ne dépasse pas d'ailleurs, à l'heure actuelle, 60 mitles, soit 156 kmdq., d’après le Colonia! Report pour 1902 (p. ?2?).

La prise de possession formelle par l'Angleterre s'accomplitle 16 avril 1899 : Le !S. le drapeau britannique fut hissé par Lady Blake, femme du Gouverneur resté à la tête de la Colonie de 1898 à 1903. Les deux petites stalions douanières près de la ville de Kaolung et à Shamshuipo cessèrent de fonctionner le 4 octobre de la même année. Elles furent remplacées le lendemain par de nouvelles stalions ouvertes dans iesiles de Taishan, Lintin (Rivière de Canton).de Tuniang et à Shau choung (littoral de la baie des Mirs) (2).

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mon l'arrangement

Notons encore qu'en vertu d'un article spécial de la anglo-chinois du 5 juin 1897, le Fleuve de l'Ouest (Si Kiang) a été ouvert à la navigalion internationale jusqu à Woutcheou à 180 milles 350 kil.) en amont de Canton. Tout récemment {juillet 1904), le Gouvernement chinois a ouvert au commerce international la ville de lHoui-tcheou sur le Fleuve de l'Est.

En somme, que valait donc Hong Kong au moment où les Anglais vinrent s'y installer ? Peu de chose en apparence. Malgré l'exemple de Macao, dont la position de l’autre côté du fleuve de Canton est symétrique à celle de Hong Kong sur la rive gauche, les avantages de la situation géographique, au point de vue des relations commerciales avec le Sud de la Chine, l'Indo-Chine, l'Inde, les Philippines et la Malaisie ne furent pas immédiatement reconnus. A cette époque, il

est vrai, la Colonie portugaise était depuis longtemps déchue de sa

1) Livre jaune du Baron Gros, 1860, p. 3-4.

2) V, earle annexée au rapport du Commissaire des Douanes pour Kao lounge (Kowloon) dans les Reports and Returns of Trade, 1901.

grande prospérité (1) passée, qui depuis le milieu du XVIe siècle avait commencé à décliner. En fait, les pionniers du début se trouvèrent en présence d'une ile de dimensions fort restreintes, d'aspect dénudé et stérile, consistant presque uniquement en un assemblage de « roches de granit, de schiste et de basalte » (Reclus). Seules, de petites vallées dans la partie sud renfermaient des parties boisées et quelques champs. A l'heure actuelle, la superficie cultivée dans toute l'ile n'est que de 400 acres — 16? hectares.

D'abord, les conditions sanitaires furent très défavorables. « Pendant les premières années... la mortalité fut terriblement élevée ; en 1843, sur {526 soldats, 410 moururent. C'était la fièvre surtout qui sévis- « sait. Les colons comprirent que la cause de cette mortalité provenait

de terres vierges qu’on remuait pour la première fois » (?).

On eut, d'autre part, à faire face à de graves embarras résultant de l'existence de la piraterie, fort active à cette époque dans les parages du Si Kiang, de l'arrivée de nombreux condamnés chinois cherchant un refuge sur le sol brilannique, etc.

On en vint à envisager sérieusement l'éventualité de l'abandon complet de l’entreprise à peine comraencée. Dans un mémoire adressé à Londres en (844, un trésorier du Gouvernement, Montgomery Martin, se prononçait en ce sens ; selon lui, «c'était une illusion trompeuse

que de croire que Hong Kong deviendrait jamais un emporium commercial comme Singapour. » Toutefois, dès avril 1845, le Gouverneur

Sir John P. Davis combattit fortement ces conclusions pessimistes (3). On sait combien l'avenir devait lui donner raison. D'ailleurs, Sir Davis vécut assez (il mouruten novembre 1890) pour voir complètement réalisées les espérances les plus ambitieuses qu'il avait pu concevoir au sujet de la Colonie naissante.

Citons ici le témoignage d’un médecin distingué de la Marine francaise. le Dr À. Benoist de la Grandière qui, ayant pris part. à bord du transport la Saone à l'occupation de Tourane en 1858-1859 et à l’expédition de Chine en {S60, eut occasion de visiter à deux reprises le nouvel établissement britannique, moins de vingt ans après sa fondation. Voici la description qu'il en donne. dans un livre publié en 1869:

L'Ile de Victoria est montagneuse et aride, c'est un rocher graniti- « que complètement stérile, à l'exception de quelques petites vallées. « C'est donc avec la pioche et la mine, et en sacrifiant des milliers de

travailleurs qu'il a fallu créer les emplacements où s'élèvent chaque « jours les nouveaux établissements anglais. Macao s'est enorgueillie

(A) Mac Culloch. Commercial Dielionarv, 1859, Macao est à 64 kil. à l'O. de Hong Kong.

(2) A. Roux. Op} cit. p.14.

3) Directory and chroniele, 1904. — Au sujet de Sir John Francis Davis 1795-1800), voir le Dictionary of Nat. Biography. Supplément, vol. IT, p. 118.

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« pendant longtemps de sa vaste rade, mais [long Kong en possède

une. bien mieux fermée par de nombreux îlots, où l'on voit çà et là

des villages de pêcheurs. La mousson ne la trouble pas comme sa rivale, l’escadre la plus nombreuse peut y mouiller à l'abri des vents

«et de l'ennemi et l'antique colonie portugaise a dû céder à Hong « Kong le sceptre des mers de Chine.

« La ville est bâtie sur la côte, elle s'élève en amphithéâtre et présente la forme d'un fer à cheval qui se développe sur une longueur

de 4 à 5 milles. Des quais magnifiques ont été construits ; ils sont bordés par d'immenses magasins et de belles maisons d'habitation aux toits en terrasses et ornées de galeries que soutiennent de légè-

res et élégantes colonnes. C’est comme une réunion de riches villas,

où éclatent le confort et la splendeur des négociants qui les habi- « tent. Les pavillons des Etats-Unis, de la Hollande, de l'Espagne, et de la France flottent au-dessus de ces palais, mêlent leurs couleurs

au yacht {{) britannique, symbole de l'alliance de toutes ces riches nations dont les navires sillonnent aujourd’hui, dans tous les sens,

« les mers du Céleste Empire que nos escadres leur ont ouvertes.

« La plupart des maisons européennes, dont le nombre s'accroît « chaque jour, groupées parallèlement aux quais, forment une rue « magnifique : Queens road, la rue de la Reine, qui vient aboutir, à « gauche, à une place ombragée de majestueux platanes, et se ter- «mine à droite, sans transition. au populeux quartier chinois. Le

club des officiers, la banque, fes bureaux de la Compagnie Péninsulaire Orientale, donnent à tout ce quartier un aspect monumental. Les magasins des schip-chandlers et les riches boutiques des

« marchands de curiosités chinoises remplissent les intervalles des établissements que nous venons d'énumérer, et rompent la mono-

tonie de leurs lignes un peu sévères » (?).

Un peu plus loin, le même auteur parle des « magnifiques caser-

nes anglaises qui pourraient servir de modèles à tous les établisse- « ments de ce genre », de l’Arsenal, des «Magasins de la Marine riche- « ment approvisionnés » et enfin de l'hôpital militaire aux salles vastes et bien aérées.

Rapprochons de cette appréciation celle que M. Jacques Siegfried a exprimée quelques années plus tard :

« Hong Kong est avant tout une place d'affaires, et c'està ce titre « seul qu'elle intéresse l'immense majorité des gens qui y passent ; je « serais tenté. quant à moi, de la célébrer en même temps comme

1) I s'agit sans doute de l'Union Jack», le pavillon de Funion brilannique, obtenu en réunissant les croix de Saint-Georges, de Saint-André et de Saint-Palrick.

2) Les Ports de F'Extrème-Orient par le DA. Benoist de la Grandière. Paris, Armand le Chevalier, 1863, pp. 112-114.

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une des plus beiles victoires qu'aient jamais remportées l'énergie et

la persévérance humaines.

« C'était. jusqu'en 1841, une ile de granit, aride et escarpée, offrant « pour seul avantage extérieur quelques sources de bonne eau où les

navires venaient parfois se ravitailler. Mais cette montagne déserte

et brûlée abritait un beau port. elle se trouvait vis-à-vis de l'embou chure de la rivière de Canton, elle était en quelque sorte la première terre que les navires européens rencontrassent en entrant dans les mers de Chine, et les Anglais surent comprendre tout le parti qu'on pouvait en tirer. Ils ne se laissèrent arrêter ni par son insalubrité terrible, ni par les ravages de la piraterie chinoise, et appelant à leur aide l'influence toute-puissante de la liberté du commerce, ils décla rèérent Hong Kong port franc et réussirent à en faireen peu de temps « le grand entrepôt où viennent s’'approvisionner les provinces du sud de l'Empire. Aujourd'hui, sur les pentes abruptes du pic de Victoria, les maisons s'étagent chaque année plus nombreuses, elles sont « habitées par 3,000 Européens (etc'estun gros chiffre pour l'Extrême

Orient), en même temps que par plus de 120.000 Chinois et chaque « jour voitaugmenter le nombre des bateaux à vapeur qui sillonnent « sa rade »({).

Dès 186? un champ de courses avait été installé près de Happy Valley. Une ou deux fois par an, des chevaux amenés à grands frais d'Angleterre, avec leurs jockeys, venaient s y disputer des épreuves qui n'attiraient pas moins les Chinois que les Européens. Ces réunions étaient organisées par les deux grandes maisons rivales, Jardine and Matheson d'une part, et Dent, de l’autre, qui dominaient alors la place.

En effet, d’après des renseignements que je dois à l’obligeance de M. Ernest Godeaux. ministre plénipotentiaire, qui fut consul de France (?) dans la colonie britannique de 1862? à 1865, deux périodes tout à fait tranchées sont à distinguer dans le développement économique de Hong-Kong, savoir, avant et après l’organisation des banques (1865-66) et l'établissement du télégraphe avec l'Europe ‘1871). C'est d’ailleurs à cette époque également qu'a eu lieu l'ouverture du canal de Suez (17 novembre 1869).

Pendant la période qui va de {842 à [872 environ, les deux grandes sociétés qui viennent d'être citées. soit Jardine and Matheson ct Dent, sont restées à peu près seules maîtresses de la situation au point de vue commercial et financier. L'importance des capitaux dont elles disposaient, la rapidité de leurs paquebots particuliers, leur apportant

(1) Seize mois autour du monde (1867-1869) — par Jacques Siegfried, lroisiéme édition, pp. 172-173. Mulhouse, chez Fauteur, ISTL.

2) Consul général à Shanghaï de 1872 à 1878. Chargé d'affaires en Egvple en 1878-79.

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les nouvelles plusieurs jours avant les courriers ordinaires, leur assuraient une énorme supériorité sur leurs concurrents. Elles jouissaient en fait d’un véritable monopole.

\prés l'ouverture des grandes banques (la Hong Kong and Shanghaï Bank a été fondée en {S6) et la mise en service du télégraphe avec l'Europe, la situation se modilfia tout à fait. Les maisons de condition moyenne purent vivre,prospérer : elles disposèrent désormais, comme

les puissants « merchants princes » du crédit et des nouvelles. D'ail-

leurs, comme l'indique le baron de Iüener dans sa Promentde Gulour du Monde (1), un changement du même genre, tenant aux mêmes causes s'estopéré dans les autres places de l'Extrême-Orient, notamment à Shanghaï.

Seule, la raison sociale Jardine et Matheson s'est maintenue en se transformant. en devenant industrielle. La maison Dent a dû liquider et disparailre peu après l'entrée en ligne des concurrents nouveaux européens et chinois. L’exposé de la situation actuelle montrera combien le changement de régime a été finalement avantageux à l'ensemble de la colonie.

\ cause de l’état d'insécurité relative qui régnait en Chine, même dans les ports ouverts pendant la première période du séjour des occidentaux, notamment au moment de la révolte des Taïpings — beaucoup de maisons étrangères à Shanghaï, à Canton, etc., ont jugé prudent de déposer leurs fondsen territoire soumis à la police du Royaume-Uni, sous l'abri des canons britanniques. Ces maisons ne gardaient en Chine que les sommes strictement nécessaires à leurs opérations couran!:es.

long Kong est ainsi devenu. en quelque sorte, le coffre-fort des Européens en Extrème-Orient. On y trouve les trésors des grandes maisons étrangères établies à Shanghaï et dans les autres ports cuverts «écrivait M. de Ilübner en IS7I (2).

Climat.

On a vu plus haut quels obstacles le climat avait apportés, au début, aux entreprises de la colonisation britannique. Peu à peu cependant, les nouveaux venus surent mieux s'adapter aux conditions locales, et grâce aux mesures appropriées qui ont été prises (3) (service des eaux, égoûts), Hong Kong devint graduellement un séjour moins insalubre. Toutefois « les exhalations malsaines du sol et la chaleur ont donné

1) Tome IT, pp. 220-225 (2) Promenade autour du Monde, & IT, p. 831, 9° édition, Hachette 1877. D]

3) The health of the Colony received greal attention during sir George Bowen’s administration (ISS3-IS85). (/J/and Book to Hong Kong, p. 68.

naissance, ces dernières années. à une fièvre paludéenne qui éprouve sérieusement la population ». (Bottin 1899). Afin d'améliorer en quelque mesure la situation à cet égard, on a multiplié, au cours de la période récente, les plantations d'arbres (5.580 pieds ont été placés en 1900, 6.500 en 1902). C'est ainsi queles pentes des hauteurs voisines de

Victoria, auparavant dénudées, se couvrent de bois, composés prin-

cipalement de pins (1).

Des épidémies de peste sévissent d’une facon pour ainsi chronique à Hong Kong. La rareté relative de l’eau à certaines époques de l'année est considérée comme une des causes du fléau qui fait surtout des victimes parmi la population asiatique (?). Sur T0S? décès constatés en 1901, 1582 ont été attribués à la peste bubonique. La cité chinoise long Kong est considérée comme présentant des conditions particuculièrement insalubres. A la fin de 1901, ie Colonial office a désigné un expert sanitaire, M. Osbert Chadwick, pour faire une enquête sur la situation de la colonie à cet égard et sur les mesures d'hygiène publique à prendre pour l'améliorer. On lit dans le « Colonial Report » pour l’année 1903 : « Le système qui consiste à établir des maisons de bains et des lavoirs pour le peuple de ce district (dans la partie la plus pauvre de la cité) a eu les meilleurs résultats et va être développé dans une large mesure. »

Il y a une saison sèche et une saison des pluies.

Les mois les moins pluvieux sont ceux de décembre et de janvier avec des moyennes de cinq millimètres etde vingt millimètres {en 1900). Les pluies tombent au contraire en abondance de mai à septembre, période pendant laquelle domine la mousson du Sud-Ouest. Les données ci-dessous se rapporientaux résuitats observés en i900 et en 1402 :

Millimètres \Millimètres 286.22 668.18 Juin 613.10 394.70 Juillet 271.78 414.02 Août Te. 169.18 678.10 SOéDLeMDTE....2...r--sceer.ss 109.22 15.24

La moyenne annuelle est de 2159 millimètres, dont il ne tombe pas moins de 17/8 millimètres entre mai et septembre. Pendant l’année 1900 la température moyenne a été de 18°8 centigrades en janvier, de 40° C. 8 en août, de 30° C. ?4 en novembre. Leminimum absolu à l’'ombre : 3705 K. (404 C.) a été constaté en janvier ; lemaximum (9701 Fahr. (520 C.) en août. En 190?, les données extrêmes ont été 4109 K./+ 7082 C.) le 3 février et 904 F. (+ 48932 C.) le 51 juillet.

(1) Les plantations d'arbres commencerent sous l'administration de sir William Kennedy (1872-1871).

(2) Cf. ci-dessous, p. 9, et Annexe V, p. 52

Organisation administrative. — Population, etc.

En vertu d’une charte d'avril {843 modifiée en 1888. Hong Kong a été constitué en Colonie de la Couronne. L'Administration est confiée à un Gouverneur secondé par un Conseil exécutif, composé du Secrétaire Colonial et Registrar général, l'Officier commandant les troupes, de l'Attorney Général, du Trésorier, du Maître du Portet du Directeur des Travaux publics, ainsi que de deux membres ou fonctionnaires. JL y a aussi un Conseil Législatif, présidé par le Gouverneur et comprenant, outre les Agents et officiers figurant déjà dans le Conseil exécutif, le capitaine Superintendant de la Police; etsix membres non fonctionnaires. soit quatre membres nommés par la Couronne (dont ? Chinois) un nommé par la Chambre de Commerce et un par les Juges de Paix (1). Sur cette organisation, sur le fonctionnement de l’un et l’autre Conseil. sur le système judiciaire, etc... le lecteur trouvera des détails fort complets et méthodiquement exposés dans un ouvrage récent de M. A. Roux. intitulé : Hong Kong, Colonie anglaise de la Cou-

ronne (?).

Staleman’s Year-Book, 1901, p 121.

(1 2) Thèse de docloral en droil (sciences économiques). — Poitiers, 1903.

La partie économique de ce travail, d'ailleurs intéressant el soigné dans son ensemble, laisse quelque peu à désirer. En particulier, Faulteurne parail pas s'être formé une idée suffisamment nette des divers systèmes monélaires établis en Extrêéme-Orient. C'est ainsi, par exemple, que p.97, en note, Île taël est donné €ecomme une monnaie chinoise en argent valant nominalement 8 fr. 80 et faisant maintenant deux francs à peine ». Celle indication erronée, bien qu'assez vague, est répétée avec plus de précision dans une note de Ta p.143, où il est dit: Cle taël de Haikouan ne vaut que deux francs à peine el on l'oppose à celui de Shangaï valant3 fr. 75 environ ». Or le taël de la douane, c'est-à-dire précisément le laël de Haikouan, il v a 35 ans, lorsque le rapport entre le prix de l'or el celui de l'argent élait de 15 1/2, à valu 8 fr. 43 ; son cours moyen annuel n'est jamais Lombé au-dessous de 3 fr. 28 (1902). Quant au taël de Shanghaï, sa valeur était de 2 fr. 62 le Le octobre 1902 et de 2 fr.46 le 1 janvier 1903. (Consular Reports américains. Octobre 1903, p. XVTIT). — En 1869, la valeur réelle du laël de Shanghaï se confondail avec Ia valeur nominale, soil 7 fr. 56. — Plus loin, p. 152 (note 1) le ven est donné comme valant 1 fr. 30 environ. Or, le cours de celle monnaie d'argent japonaise se maintient d'une façon constante, entre 2 fr. 50 el 2 fr. 60 depuis l'élablissement de létalon d'or en 1897. L'ancien ven d'argent pesant 26 gr. 9564, au litre de 900 millièmes, avait done, suivant la proportion adoplée pour le système français, une valeur de 5 fr. 40 ; son laux de change en 1880 était encore de { fr. 70. Sa cote la plus basse à élé 2 fr. 65 en 1894.

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En 184?, la population de Hong-Kong, comprenant en tout » à 6.000 Chinois (Puntes et Hokkas) se composait en partie de pirates (1). Elle s'est élevée successivement à ? 1.514 en 1818, 37.058 en 1852. 123.511 en IS6?, et 139.144 en 1876. Les pirates, chassés de Hong Kong. trouvèrent des refuges dans les îles voisines : jusque dans ces derniers temps les navires faisant letrajet entre la Colonie anglaise et Canton était exposés à des attaques subites de leur part. Au dernier recensement qui eut lieu en janvier 1901, le nombre des habitants a été évalué à 283.97: (non compris l’armée et la Marine); on comptait en outre environ 100.000 individus établis sur le « Nouveau- Territoire ». Au commencement de 190?, le total, estimé en chiffres ronds à 421.000 de toutes nationalités, pouvait se décomposer ainsi qu'il suit :

Population civile non chinoise...

iso rasage 18.524 , Cité de Victoria (y compris le Picetl'Ile dusStone- Cutter. meme: 206.360 ; | vittes indigènes de Hong Kong et de Population : F < Se She RADIOUNEE HE TRE MR ssrseeintannee 46.240 CAIREISS JE SP ARUeS à bord des bateaux et des OO) LC 40.700 Dore te de Dies ess + SIP Nouveau LérrilOIre. es... 225... ee A EE à 110.000 ADMÉE rs cer ren NUL era Nate 1.365 Marime (LODI).2.2 Rae ccm Re 5.074

La population civile non chinoise comprend les divers éléments, ci-après :

Sujets britanniques originaires du Royaume-Uni, en-

VAPONER ee ee Une Ra ann ras me le Re ee 3.100 Allemanasssere uen it niet ntm 450 ÉRANCAIS ainsi nbmes om einen un na Ts 100 Espagnols, Danois, Norvégiens, elc., américains, en-

NN D 0) 0 ES ; 390 Portugais iMacals tes) Mer Nm eo 2.000 HD AOUSE 222 re ue au nos Me Ne 1.500 JADONAIS A. bare Re 1.000

MÉTISSCÉUPASIENS ere eco de terms en Natifs de Goa, Manille, équipages de la Marine mar- CHANT ENVITOIM.. 2e sat nonsiniebionss mens di coese 10.000

D'après le dernier document publié par le Colonial Office en 1903, la population totale dela Colonieétaitestimée,approximativement à 445.000 individus de toutes nationalités. Dans cet ensemble la population civile non chinoise n'est plus représentée que par 10.000 personnes, soit une diminution de 8.500, ou de plus dés ?/5, sur l’année précédente. Mais le rapport en question ne contient aucune explication à cet égard. Suivant une information parue dans le journal « le Siècle du 18 Février 1992, « il existe à Hong Kong une Colonie appelée « Widu » en chi-

nois etdescendant desJuifs établis là depuisun tempsimmémorial. Ces

1) V. A. Roux, op. cit., pp. 156-170

Juifs parlent espagnol, mais leurs enfants apprennent, en outre, le chinois et le persan ».

Dans son livre sur la Chine ancienne et moderne, M. Weulersse, après avoir parlé du développement économique de Hong Kong dit: « Hong Kong a une autre gloire, « celle d’avoir été la première capitale d'Occi- «dent en Orient... Son honneur est d’avoir recueilli, instruit. élevé « quelques-uns des rares Chinois soucieux de régénérer la Chine en l'ouvrant à la civilisation occidentale » (1). Quelques lignes plus bas, il est vrai, le même auteur déclare que « Hong Kong. n’a pas réussi à former une jeune élite chinoise capable de réformer la Chine ». Quoi qu'il en soit, il est certain que les missionnaires anglicans ne se sont pas bornés exclusivement à la prédication de l'Evangile. Ils ont traité aussi dans leurs discours et dans leurs écrits des questions relatives au système de gouvernement et au régime administratif. Ils ont réussi à faire pénétrer dans les cerveaux de quelques Célestes des idées de liberté politique. Un des plus connus parmi les réformateurs chinois, Khang-\eou Ouai, qui eut en 189 son heure d'influence à Pékin, auprès de l'empereur Kouan-Sou, « a été... l'élève et l'ami, dit-on, des méthodistes anglais » (2). Aussi bien, il n'y a pas lieu sans doute d'être surpris de ce que Hong Kong serve de centre des réunions et parfois de lieu d’asile aux rares partisans des réformes dans! Empire du Milieu.

La presse chinoise paraissant à Victoria se compose de six journaux quotidiens ; elle continue à répandre non seulement parmi les indigèles établis dans la colonie, mais encore dans les populations des provinces voisines. les idées nouvelles en fait de gouvernement, d'éducation et d'organisation industrielle et commerciale (3).

Un des principaux personnages de la colonie indigène de Hong Kong, un Céleste du nom de Ho-Kai, doit être compté au nombre de ceux qui ont exercé et exercent à cet égard le plus d'influence. Voici un résumé de sa biographie. d’après la publication annuelle intitulée « Who is Who » (1904) :

Bachelier en médecine, Maitre en chirurgie de l'Université d'Aberdeen et avocat, membre de Lincoln's Inn (Londres). Depuis treize ans, membre non fonctionnaire du Conseil Législatif, du Corps des Administrateurs (Governing Body), des hôpitaux libres, etc. A publié en anglais et en chinois un essai critique sur la Chine : « Le sommeil et l'éveil » (Sleep and awakening) {S87 : en anglais une lettre ouverte à

1) Chine anc, et mod., page 22.

(2) Maurice COURANT. — Æn Chine, p. 172.

(3) «M. Beau, Gouverneur Général de Findo-Chine vient d'interdire Fen trée el la cireulalion au Tonkin de cinq journaux chinois publiés à Hong Kong. — Le motif de celte décision est la tendance dangereuse des informa- Lions que publientces journaux sur la guerre russo-japonaise ». (Z'emps du 18 août 1904.

Sir Charles Beresford sur la « porte ouverte » (1899) : une lettre à John Bulk sur le soulèvement des Boxers.

En chinois seulement : Réformes (Reformation) en Chine, 1895 ; le

Fondement des réformes en Chine, {858 ; Observations critiques sur les

vues de Kang You-Ouei, [838 : Les meilleurs moyens d'accomplir les réformes en Chine, ISYS ; Observations critiques sur les vues du Vice- Roi Tchang Tchi Tong, spécialement à propos de son récent ouvrage « Exhortation à l'Etude » 1S99 ; Personnes responsables quant aux réformes en Chine 1900 ; Deux essais critiques sur le progrès des réformes en Chine 1900.

En 1872, le Gouverneur, Sir Arthur Edward Kennedy, prit l'initiative d'accueillir des Chinois à ses réceptions officielles. Depuis cette époque, les Chinois ont toujours été invités et se rendent en grand nombre à ces soirées.

Une Chambre decommerce chinoise a été fondée à Hong Kong en IS96,

Le L. et C. Telegraph du 29 août 1904 (1) contient l'information suivante ; La Société de la Triade a été fort en évidence à Hong-Kong pendant ces derniers temps et ses membres donnentassez de préoccupation (trouble) à la police.

Finances.

La Colonie a commencé par rester, pendant une assez longue série d'années, à la charge de la Métropole. En 1845, elle a coûté au Royaume-U ni 1.st. 50.004 (1.250.000 francs) en plus des dépenses pour l’armée et la marine. Mais les crédits votés de ce chef par le Parlement ont été réduits à L.st.9.200 (230.000 fr.) en 1853 et depuis 1855 la Colonie a payé tous ses frais d'administration et d'organisation (local estabiishments).

En IS6S, elle put éteindre sa dette qui était d'ailleurs tombée à L. st. 15,623 (390.625.)

À partir de 187» (ou de 187% )) Iong Kong a versé régulièrement, tous les ans, au Trésor Impérial, une somme de I. st, 20.000 (300.000 francs) à titre de contribution militaire. Le montant de ce versement est maintenant fixé par les statuts à 20 °/, du total des recettes (revenue) ; en {‘Ü?, cette contribution n'a pas été inférieure à L. st. 91.40» (2.985.075 fr.)

Depuis IS97 et antérieurement, le budget de la Colonie s’est constamment soldé par des excédents plus ou moins considérables. Toutefois, en 102?, les mesures prises pour combattre l'épidémie de peste bubonique (?) ont entrainé des frais exceptionnels qui se sont traduits

(2) Au sujet de l'épidémie survenue au printemps el à l'automne de 1903 V, Colonial Report Miscellaneousa, N°25. Hong Kong bubonic plague., — Memorandum on the treatment of palients in their own homes and in local

hospilals.

PS Er

par un déficit d'un millon de dollars, soit environ: 2.500.000 francs.

Les principaux chapitres de recettes sont constitués parles licences elautres droits intérieurs, le revenu des terres concédées, les produits des postes, les droits de justice, etc. En 1902, sur un total de 4.901.073 dollars, 2.600.000 dollars provenaient des licences et autres droits intérieurs. D'autre part pendant le même exercice. les dépenses se sont élevées aux sommes ci-après :

I. Versement au compte de la dette de la colonie.dol. 162.363.8 IT. Pensions, dépenses d'administration (entretien d'écoles, subventions, etc. Rene 3.169.248.

En 1903, les recettes (3.238.857 dollars) ont été en augmentation de 337.184 dollars relativement à l’année précédente, tandis que les dépenses (5.396.661) dollars ont diminué de 512.879 dollars. Le déficit, considérablement réduit par rapportau précédent, s’est élevé cependant à 157.811 dollars = 394.521 francs) (1).

La dette publique non remboursée(out standing)atteignait en 190? à l. st. 341.799.155. 1 d. (8.544.995 fr.). Les titres figurant à la Bourse de Londres sous le nom de «Hong Kong 3 1/2 pour cent Inscribed Stock ». étaient cotes, le 3 septembre de 1904, de i00 à 102 liv. sterling ; ils ont été émis à 93 1/2.

Cet emprunt a été contracté originairement à l’occasion des travaux

de la jetée (Praya reclamation), de la construction du marché central,

de l'établissement du service des eaux, pour l’organisation des égouts et pour divers ouvrages de drainage. Des bâtiments pour les tribunaux et l'administration, une route (de Kaoloung à Taipo, 29 kilomètres, dans le Nouveau Territoire), l'agrandissement d’un réservoir pour Hong Kong, un réseau de canalisation pour les eaux à Kaoloung, tels ont été les pricipaux travaux publics extraordinaires entrepris ou achevés pendant l'exercice considéré. Figurent également sous la même rubrique les dépenses relatives à la construction d’une nouvelle résidence pour le Gouverneur, au Pic. On désigne ainsi la principale éminence de l’île, qui s'élève près de la ville de Victoria à 1.800 pieds (environ bo0 mètres) au dessus du niveau de la mer.Un chemin de fer funiculaire, inauguré en 188$, part du centre de la cité près de Gouvernement Ilouse, monte au sommet voisin, où conduit également une

l'elegrarh, L: aout 19041.

route en lacets. Depuis cette époque, la partie supérieure de la colline tend à devenir un lieu de villégiature’et de repos, et en quelquesorte un sanatorium pour les résidents de Hong Kong: auparavant, ce rôle était Joué par la localité de Pockfunlum, qui d’ailleurs n’a pas été compiètement abandonnée. Les Missions étrangères de Paris, notamment, établies à Hong Kong depuis IS45 maintiennent à Pockfunlum, leur procure pour l'Extrème-Orient el une maison de convalescence pour ceux de leurs prêtres, que les fatigues de l'apostolat sous le climat de Chine obligent à se reposer, deux hôtels. le « Peak-Hotel »,et le « Mount Austin Hotel », ontété construits sur le Pic, « où beaucoup de familles habitant la ville de Hong Kong vont chercher la fraicheur pendant les jours de l'été (1). La construction de la nouvelle résidence pour le Gouverneur, a été achevée en !904. En outre, des habitations privées s élèvent sur les pentes.

Instruction publique.

Comme dans d’autres colonies anglaises, les établissements d’instruction existant à Hong Kong peuvent se partager en deux catégories distinctes.comprenant d’une part, les écoles du Gouvernement, de l’autre les écoles subventionnées, soumises à l'inspection d'un agent de l'Etat. Les conditions auxquelles les établissements subventionnés doivent se soumettre sont déterminées par un règlement (« Code ») qui a été récemment refondu par l’Inspecteur des Ecoles, à la suite d'une visite que fit celui-cien Angleterre en 1902 et où il étudia spécialement les méthodes employées par le Board of Education. Une autre décision résulte de la nature des études en vue desquelles les établissements sont organisés et de la langue employée pour l'enseignement. soit l'anglais, soit la langue du pays : à cet égard, les écoles existant à Hong Kong se répartissent en deux séries, cel'e des English ou plutôt des Anglo Chinese Schools et celle des écoles donnant simplement la « vernacular education ».,c'est-à-dire une instrucuon primaire exposée uniquement dans le langage indigène.

Parmi les écoles du Gouvernement, la plus importante est Queens College (?), avec un effectif de présence d'environ un millier d'élèves. L'instruction donnée dans cette institution permet à quelques-uns des élèves de se présenter avec succès aux examens locaux d'Oxford : elle prépare les autres à remplir des postes importants comme interprètes ou secrétaires dans les bureaux du Gouvernement et les maisons de commerce. Trois écoles anglo-chinoises de district, avec un total de 100 élèves, ont été entièrement réorganisées et placées sous des chefs

l VERSCHUUR. — Aux colonies d'Asie, Paris 1900 ; pp. 190-194,

2) V. WEULERSSE. — Chine ancienne el nouvelle, p.11.

Er =

(headmasters) européens, au commencement de 1903. Parmi les écoles anglo-chinoises subventionnées, le Colonial Report pour 1903 cite (p. 15) le « Ellis Kadoorie School » et la St-Stephens Anglo-Chinese School. La « Roman catholic Cathedral school » (Ecole de la Cathédrale catholique romaine) cstsuivie en moyenne par une centaine d’enfants (1). Dans toutes ces écoles une proportion importante du corps enseignant se compose de maîtres européens (?). Cependant le rapport pour 1903 dit quela St-Stephens Anglo Chinese School est un exemple encourageant d'uneécole bien conduite, placée sous la direction de maïtres chinois exclusivement.

Il'y a en outre un certain nombre d'écoles privées, qui ne reçoivent aucune subvention.

J'emprunterai à un petit volume paru à Londres il y a quatre ansles indications suivantes relatives à des Chinois notables sortis des établissements d'instruction de Hong Kong.

Ou-Ting-Fang, qui a représenté le Gouvernement chinois à Washington en 1900. I] a été, à l'origine,un sujet britannique à Hong Kong où il fut élevé et où il a ensuite exercé la profession d'avocat.

Tong King Sin, qui a été appelé à juste titre «le père des Chemins de fer Chinois » et aussi des mines et des Compagnies de navigation à vapeur, naquit à Canton.

Il reçut, dans une école dépendant d’une mission protestante à Hong Kong une éducation anglaise sous la direction du D: Brown, dont bon nombre des élèves sont parvenus à des postes élevés et ont réussi à occuper des positions fort honorées (of honour) en Chine.

Tong King Sin mourut à Tientsin vers 1893 (3).

Dans ces dernières années, les Chinois ont recherché de plus en plus une instruction donnée en anglais : la demande en ce sensest maintenant si active (keen) que toutes les écoles anglo-chinoiïses de la Colonie sont pleines et que beaucoup d'élèves postulants ne peuvent réussir à se faire admettre. 11 y a aussi un nombre croissant d'écoles du soir et d’autres institutions subventionnées où l'anglais est enseigné. Une de ces écoles, fondée il y a un peu plusd'unan (c'est-à-dire en 1903) aun effectif de présence total de 200 élèves et son directeur a formé une demande à l'effet de se faire comprendre dans les conditions du Rè-

1) Un vicarial apostolique à élé érigé à Hong Kong (comprenant File de ce nom el quelques autres) par Pie IX le 4 octobre 1874. dépend des Missions catholiques de Milan. Précédemment une préfecture avait été établie, sur ce point, par Grégoire XVE. Habitants : 3.000.000 (2; (catholiques 7.800 ; 14 prèlres

8 églises où chapelles, 25 stations.

Le Uilulaire actuelest Mer. Piazzoh (Louis des Missions Elrangeres de Milan,

NIISSIONnNaALreS,

évèque Üilulaire de Clazomène, IL janvier 1895. Annuaire Pontifical catholique, par Mer Ballandier, 1904.) 2) Rapports annuels, 1901-1902.

3) How Lo read he war News. London FT. Fisher Unwin, 1900

glement officiel {(Governement Code), parmi les écoles subvention-

nées (1).

Voici les indications que le Colonial Report pour 1903 fournit au su-

jet de ce règlement officiel :

Une des modifications les plus importantes parmi celles qui ont

été recommandées par ia Commission d'Insiruction (Committee on

Education) qui a siégé en 1902? fut la substitution d'un nouveau règle-

ment à celui qui existait alors pour les établissements subventionnés.

Un projet de nouveau règlement fut élaboré de bonne heure au cours

de l’année sous revue: il rencontra l’approbation générale. Il fut décidé

de ne pas le faire entrer en application universelle avant le {er janvier

1004, mais il fut permis aux écoles, qui le désiraient ainsi, de l’adopter

à paris du ler juillet 1905. C’est ce que fit la moitié d'entre elles. Voici

quelques-uns des points sur lesquels portent les différences qui dislin-

ouent le nouveau règlement de l’ancien :

a) Les subventions sont payées sur les résultats de l'observation de

l'inspecteur pendant l’année, et non sur le succès d'élèves individuels

à un examen annuel. ou autrement.

b) Le Règlement reconnait que les écoles employant ua personnel

bien formé (educated) méritent de recevoir un traitement spécial. con-

sistant à donner un taux desubvention plus élevé, payé en valeur ster-

ling, à de telles écoles. Le personnel doit, afin de satisfaire aux exi-

gences du règlement à cet égard, être en partie composé d’'Européens,

ou d’indisènes présentant des qualifications tout à fait exceptionnelles.

c) L'ancien règlement accordait des subventions aux écoles donnant

une instruction chinoise sur le plan autrefois en honneur, aussi bien

qu'aux écoles dans lesquelles le portugais ou l'allemand étaient em-

ployés pour l'enseignement. Le Code actuel ne reconnaît que les mé-

thodes modernes occidentales de communiquer (imparting) l'instruc-

lion et il insiste sur cette condition que la langue d’enseignement doit

être soit l'anglais, soit le chinois ; d’autres langues, bien entendu. peu-

vent être étudiées en tant que sujets de classe 12).

Dans les budgets de 1900 et de 190), les recettes et les dépenses affé-

rentes à l'instruction Publique sont représentées de la facon suivante :

Recettes : Queen's Collegwe.......... ere dOL: 29.037 » 29.900 NRULRES eme Ce rrecehoreue So 48.604 » »

DÉPENSES AR nee serre ee RUE 19.994 » 92.356

Pendant l'exercice 1907, il y avait 13 écoles du Gouvernement avec

%,561 élèves et 67 écoles subventionnées avec 4.815 élèves, soit une

population scolaire totale de 7.374 élèves.

Une commission fut spécialement chargée en 1902 d'examiner les

1) Annual Report, 1902, p. 13.

2) Colonial Report, n:

questions relatives à l'instruction dans la Colonie. Parmi les conclusions formulées dans le rapport qu'elle a déposé, celle qui a recu l’ap-

probation la plus générale peutse résumer ainsi « Tout en enseignant

aux Chinois l'anglais et les connaissances occidentales, il est désirable

d'assurer, en même temps, le maintien d'un certain degré de capacité

standard of proficiency) en ce qui concerne la langue chinoise écrite.»

Cette indication est,au moins quant à l'esprit qui l’a dictée, à rapprocher desidées exposées dans un récent rapport au cours duquel M. Rodier, lieutenant-gouverneur de la Cochinchine, a montré les conséquences fàcheuses de la substitution du Coc gnu (!) aux caractères chinois. I n’y a plus aujourd'hui en Cochinchine qu un petit nombre d'indigènes capables de lire les idéogrammes. « On peut prévoir, dit M. Rodier le temps où, si lon n’y prend garde, on ne pourra même plus trouver de bons professeurs pour les enseigner. Or. tous les actes relatifs à la propriété, qui remontent même à une époque peu éloignée. sont écrits en caractères chinois Un autre passage du même travail traite un côté différent, mais non moins intéressant, de la question. Citons notamment ces lignes : « Pour donner à ce peuple (annamite) « un enseignement moral, conçu suivant l'esprit de la race, nousavons

à notre disposition les livres classiques de l’enseignement chinois «qui sont.,en même temps que des recueils de caractères, d’admirables

bréviaires de la vie la plus haute, et de la plus sereine philosophie.

Les Annamites, comme les autres Asiatiques, ne comprennent pas « l'instruction sans l'éducation.

En ISS7 a été fondéle « Ilonz Kong College of Medecine for Chinese » en vue de donner, aux Chinois spécialement, l'enseignement de la chirurgie. de la médecine,del'artde la sage-femme (midwifery).Le gouvernement dece Collège est confié à une « Cour » présidée par le Recteur du Collège, quia toujours été un fonctionnaire de l'Etat. Les listes jusqu'à l'année 1903 comprennent un total de 76 étudiants, et parmi ceux-ci 18 sont devenus des « licenciés qualifiés » et ont obtenu des postes variés dans l'administration et ailleurs. « L'institution est de

scrande valeur en ce qu'elle contribue à répandre la connaissance de

la science médicale occidentale parmi les Chinois ; et en outre de l'emploi qu'ont obtenu certains licenciés dans le service public, les étudiants avancés (senior students) ont fréquemment trouvé à se ren dre utiles pour divers objets pendant les campagnes d’épidémie.Une subvention de ?,500 dol. (6.250 fr.)est faiteau Collège pour être alfec- « tée aux honoraires des professeurs (lecturers) (2).

A) V.le Siècle du 27 seplembre 1903. Sur ce sujet un intéressantarliele à été publié dans le Petit Journal du 29 décembre 1904, sous ce litre : les Ecoles françaises d'Extrême-Orient. La partie consacrée, dans Ta présente étude, à l'instruelion publique, a paru dans les Annales Coloniales, du 15 novembre F90T,

2) Annual Report, 1992, p. 15

Commerce.

Hong Kong est un port franc et il n’est pas dressé de statistiques détaillées du mouvement des marchandises à l'entrée et à la sortie. Les rapports annuels émanant du Colonial Office necontiennent à cet égard que des indications très sommaires consistant presque uniquementen un état (par quantités) des principaux articles exportés par navires de construction européenne. Voici, par exemple. celles de ces données qui se rapportent aux exercices 1902? et 1903 :

J'onnes

ÉVOS En nere hssconace, crane ose Er 300 3.120 HOMO ne. sen. Damon Ne ao 1.010.90; 1.185.686 Filés et tissus de colon:....:::... 2:24 : 11,498 20.795 HAPINO ER dre lee ue Me e 107 826 120.430 Chanvre (de Manille et fibres d'anana). 22.923 24.149 Huile de pélrole en vrac........ teinte 54.461 40.607 — en CAlsses. 2550 2. 60.400 82.960 Combustiblevliquide.s. 5.2 not 9.299 i.00) PAOMDi Sr eee Man nan cine 634 550 VOUIN 22222 soc unies He 4.742 4.020 AD TE DOC RM ER SN I CRE Fe 268.268 223.946 HMÉnasinnen dibre de: dire Mr 25 1.746 ODIUM EEE ee es com AT {.871 4.997 TA A A RD TS RO re 819.919 597.730 SOULRES cases ace .... (99 CN 1901 961 Bois ‘de Construction... 203.2. 19.023 64.40) Santal....... SR D D RE ce Mes 5,314 4.713 D'IVELS EE Me acer het 1.480.003 1.594.600 Dotal ir ss e s nee 3.963.473 3.984.310

MEANSER ER Mec 2.312.397 2.183.950

Grand total... ::....2. 6.335.870 6.869.260

L'accroissement net en 1903, a été de 254.000 tonnes.

Pour se rendre compte en quelque mesure de la facon dontse distribuent les marchandises passant par Ilong Kong, c’est aux tableaux publics par les divers pays de provenance ou de destination (tels que la

or

Chine, le Japon, les Indes, Java, Singapour, le Siam, l'Indo-Chine, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, etc.) qu'il faut avoir recours.

D'après les documents des douanes marilimes, l’ensemble du commerce entre l'Empire du Milieu et Hong Kong a atteint en 190? (entrées et sorties réunies) une valeur de 617.374,41# francs. Sur cette somme, les exportations représentent ?60.116.180 francs. À ce total, Canton a contribué pour 140.132.631 francs ou 36.614.264 hk Taëls, la soie seule figurant pour près de ?8 millions de taëls (9? millions de francs) ainsi que le montre la liste ci après :

Hk Taels

Vêtements desoie

Nattes ru...

Cassia lignea

(Bufs frais et conservés.................

Sucre brun Litchis séchés... :

136.867 DADACEDEÉDArRC 1... 55... 0 ACTES 111.114 PETATAS MEL ATEAICES 5.220 een cemnerucrmeccos 275.814 Verroteries (Bangles or Glass Armlets, bracelets

de verre). : . 208.525

Les envois des autres ports situés sur le Fleuve de l'Ouest se sont élevés à 4.567.940 hk Taëls, les produits les plus importants ayant été: les sacs en paille, le papier (Shamshui) les peaux de vaches et de buf- Îles, l’anis étoilé, huile de bois et d’anis, les volailles, la soie brute blanche et la soie sauvage (Woutcheou), les éventails en feuilles de Palmier, l'huile de feuille de cassia, le tabac. les articles en bambou (Lappa).

Parmi les articles fournis par Hanghaï, valant ensembie 9.263.468 hk taëls, on peut mentionner notamment :

La soie blanche brute..... 192.815 Les tissus de soie... 22 RES 2.119.548 L'hutle:d'arachides..:.::.1,..::.4....: ee 665.435 Les jambons..….. 172.628 le lard 5. 141.184

Les tissus indigènes (nankin).......... : 014.814

Le coton brut, les moutons et chèvres, les chaussures en soie et coton, en paille, etc.

oo A

Signalons encore les expéditions de Nioutchouang(fèves jaunes, millet, graines de melon), de Tientsin (médecines, chamchou pour usage médical (medicated), amandes, poils de chèvres), de Tchefou (Pongees, vermicelles, poisson salé), de Chin kiang (fleurs de nénuphar séchées, huiles d’arachides, de sésame, pois et fèves), de Foutchéou (thé noir, prunes séchées et salées, champignons, porimes de terre, oranges), de Swaleou (œufs frais, ramie (l)fiveet grossière, huile d'arachide, papier, étain en feuilies, tabac préparé), de Kioung tcheou, ile de Hainan (sucre brun, sucre blanc, porcs, vêtements en ramie, cuir, médecines),

\Malgré le développement de notre colonie d’'Indo-Chine et malgré la présence de négociants français au ‘Tonkin, la majeure partie des marchandises du Yunnan (étain. opium, entre autres) est dirigée par Mongizé vers Haïphong et de là sur flong Kong (?) d’où ces produits sont ensuite pour la plupart récxpédiés soit en Chine ou vers d’autres pays extrêmes orientaux, soit sur l'Europe ou l'Amérique.

Sur cette question spéciale. je me permettrai de prier le lecteur de se reporter à mon article sur le Commerce de Transit de la Chine méridivnule, paru dans les Annales Coloniales du 15 juillet 1903.

\u total, la valeur des marchandises chinoises ainsi dirigées sur Hong Kong estmontée en 1902? à 39°% desexportations de l'Empire du \lilieu,

Examinons comment se fait entre les différents marchés la distribution de tous ceux de ces produits que la colonie britannique ne retient pas pour sa propre consommation,

En 1902, ont été enregistrées à l’arrivée dans le Royaume-Uni comme expédices de Iong-Kong les marchandises suivantes :

Soie en cocons et déchets.......:.............. 180: 170.115 RE 0 ELU TE PS EE à 1.135 MANUACLUROC. nd des tite ee 00 4,954 Charvre préparé et non préparé (provenant des POUD PATES ne ee PC DE dun 139.789 MO Re ee ÉRS 32.253 Drogues de toutes sortes... TR OL Te ne de 32.120 Soie:de. Doré... 1... AT PET tnt ele 19.904 Cannes et bâtons non montés........., tt ee 12.869 Coquillages (shells) de toutes sortes................ 7.085 Plumes de literie..... PE TER EECS On RE neo 12.077 — de Darbren 2 SR Re RE dia ! 2.981 NabtôSs-ôt tapis de nattés:.: 5... 0: ee CL 8.596 curés articles... ne on 0e CU 0e 156.155 PEUR de DER OAI PE RAR Are ee MO: 610.398

(15.294. 450 francs).

1) Grasseloth (2) CF. Rapport consulaire français n° 258. Hong Kone pendant l'année commerciale 1902, p. 18-20.

Dans l'Inde brilannique, les Ne ae portées au compte de la même provenance se sontélevées en 19): (993 à un total del.st.726,019 (18,125,1%5 francs) dont

1002-1003 Fe Soie brute 128.

Tissus de soie 106.72 Cuivre uon ouvre ve 130.952 Grains et fèves, 61.696 Sucre raffiné 319.820

Cassia lignea.

Au Japon, les marchandises à l'entrée sont classées en deux catégories distinctes : a) produits et articles fabriqués étrangers ; b) produits et articles fabriqués japonais (c’est-à-dire sans doute dont les analogues

sont produits au Japon). Dans la première série figurent comme arri-

vant de Hong Kong en II les articles suivants : Yens Sucre brut 2.022.464 — raftiné / ds l= 669. 144 1.178

Sucre candi en rocher

Mélasses

Cordes et cordages en lin, chanvre, jute etramie. Soies de porc

Le total 11.107.936 vens (27.769.848 fr.) comprend 77 rubriques. Dans la seconde série on compte 45 produits diflérents et notamment

ceux-ci ;

Tissus de coton.

Parapluies européens.

La valeur globale ne dépasse pas d'ailleurs 33.851 yens (84.627 francs),

Dans les statistiques des Etats-Unis d'Amérique, les artic . provenant de la colonie britannique, soies, thé, nattes, porcelaines, etc., sont portés pour une valeur de 1.416.000 dollars.

Les Indes Néerlandaises ont recu de Hong Kong en 1902 des marchandises valant ensemble 3.531.54?,(7.239.661 francs).Le ne produit est le riz 5.079.500 kg , au lieu de 17 millions en 1901 (1).

Au Siam, le même port expédie des soies et soieries de Chine et du Japon, du sucre, des lampes, des vêtements, des articles en fer et des couteaux, des verreries ; total : 19.499.764 francs en 1902? !

Aux Philippines ilenvoie du riz, de l'opium (de l'Inde), des tissus ; total 4.681.138 dollars américains (24.676.974 francs) en 1902 (2

1) V. Rapports consulaires français, n° 22 . »3 et 54.

2) Monthly surmary of commerce of the Phben s Islands. Déc. 1902, p.

\ Singapour : de la farine, du tabac, des lissus de soie, du lard, du

poisson, des bâtons à brûler pour le culte (joss sticks)\, de l'huile de Rachang, des peaux brutes ; total : dol. 33.907.000 (S4.767.000 fr.) en

+) 9 (RSI RARI PAT

Dans l’Indo-Chine française : des tissus de coton, des machines. de l'opium, des farines, de l'or battu en feuilles, etc..., valeur totale en 1902 : 64.332.434 francs.

En résumé, en 1902. les exportations de Chine à destination deHlong Kong ont été estimées à 260 millions de francs; la même année, à l’entrée aux Indes, au Japon, aux Etats-Unis, dans le Royaume-Uni, en Europe, etc., les importations en provenance de la même colonie ont atteint une valeur de 795 millions de frs. au minimum.

Cherchons maintenant à déterminer quelle est l'importance relative des courants d'échanges en sens inverse, en d’autres termes, d'une part quelles sont les importations de Hong Kong en Chine, d'autre part quels articles cet entrepôt reçoit des diversescontrées en dehors de l'Empire du Milieu) avec lesquelles il est en relations.

En 1902, la place de Hong Kong a envoyé aux ports à traité de l'Empire du Milieu 42°, des articles qui leur sont arrives de l'étranger, soit

une valeur de 133.524.169 taëls sur un total de 315.363.905.

l'elle est la somme globale donnée par les statistiques des Douanes chinoises. Quand on cherche à entrer dans le détail, une double difficulté se présente.

D'abord, sur quelles marchandises effectivement portent les envois de Hong Kong en Chine ? A cette question les volumes des Trades Reports ne donnent pas de réponse immédiate. En effet, les produits étranvers, qu'ils arrivent directement de l'extérieur où qu'ils aient d’abor passé par le port de Victoria, sont confondus, dans ces tableaux, sous une seule donnée figurant dans la colonne : Trade in Foreign Goods. Imports from Foreign Countries and //on7 Kong. I ne semble donc pas facile de prime abord de distinguer entre les deux séries: Pays Etrangers d'une part, Hong Kong, del’autre. Indirectement cependant les documents précités fournissent les renseignements cherchés. En effet les importalions étrangères à Canton.Samshui, \Voutcheou ,Kioung tcheou, montant au total à 33.821.564 hk Taëls — 123.702.829 francs, sont données comme provenant exclusivement de Hong-Kong. Sans doute les envois faits par ce dernier centre aux autres perts ouverts ne diffèrent pas très sensiblement quant à la nature des articles, de ceux que recçoiventles quatres places dont il s'agit.On arrive ainsi à reconnaïtre que ces cxpédilions se composent principalement des marchandises ci-après : fils filés et tissus de coton,tissus de laine, produits métailurgiques, riz, sucre, farine, allumettes, teintures ct couleurs, verreries,

(3) V. Colonial reports Annual. Straits Settlements, 1902, p. 16.

Dix ten

papier à imprimer, pétrole,opium, tabac, cire, etc... soie (noil yarn)(l), tissus de soie ; crevettes,seiches,vermicelles chinois (vermicelles de riz) et macaronis, vins, etc.

Parmi ces objets, seuls, le sucre et les filés peuvent être considérés comme des produits de l'industrie de la colonie britannique transformant des matières premières tirées du dehors. Quels sont en réalité les pays d’origine des articles introduits dans les ports à traité par la voie de Hong-Kong? Comme on sait, les tableaux des Douanes chinoises sont muets sur ce point. Ils indiquent en bloc la valeur des importations ou des exportations de ou pour Hong-Kong; maisils ne font connaitre en aucune facon la provenance (pas plus que la destination) véritable des marchandises étrangères passant par le portanglais avant d'arriver en Chine (ou après en être sorties). On en a fait souvent un reproche à l'Administration qui fait paraître ces statistiques. « Les documents des Douanes Impériales Chinoises, est-il dit dans un article récent (?) tendent à nous donner une idée fausse de l'importance du commerce des différents pays étrangers » avec l'Empire du Milieu.

Plus loin, dans la même étude, on signale des confusions qui sont maintenues, plus ou moins à dessein dans «les statistiques extrèmeorientales directement anglaises ou inspirées par les citoyens britanniques ». Que valent, au fond,les critiques dont il s’agit ? Il est certain qu'en plus d'un cas on a profité du manque de renseignements précis pour attribuer au Royaume-Uni tout le mouvement d’affaires entre Hong-Kong et l’Empire du Milieu et pour grossir ainsi d'une manière tout artificielle le pourcentage attribué au commerce britannique. Il est à noter cependant que depuis quelque temps, les agents du Gou-

vernement d'Outre-Manche sont les premiers à renoncer à ce procédé

commode mais véritablement trop simple et par suite inexact. Entre autres M. Jamieson. Consul Général et Attaché commercial à Pékin a dans son dernier rapport sur le commerce de la Chine, examiné la question avec beaucoup de compétence et d'impartialité. Finalement la proportion qu'il indique pour la part revenant au négoce de son pays, constitue un rabais très notable sur celle qui résulte des statisti-

ques des Douanes Chinoises (43 °/, au lieu de 62? % en 1902). J’ai résumé ailleurs son exposé et je n'ai pas à y revenirici (3).

IL faut reconnaître cependant que la difficulté signalée resterait à peu près insurmontable si l’on en était réduit aux seuls documents chinois. Mais tel n'est pas le cas. Les différents pays en relations avec long Kong et la Chine publient chacun de leur côté des tableaux officiels qui fournissent des éléments de contrôle et de vérification fort

(A) Noil varn: fil fait avec des résidus du peignage où moulinage de la soie,

2) Bulletin du Comité de l'Asie française, de février 1904, p. 104.

(3) V. le Monde Economique, du 6 février 1904, p. 165.

AR

appréciables. En général, ils donnent le moyen de déterminer avecune approximation suffisante la contribution respective des diverses nations engagées dans le trafic. C'est à eux que M. Jamieson à eu recours pour son travail précité. Je m'en suis servi déjà au cours de la présente étude ; ils me seront utiles également pour la partie qui va suivre.

Comme nous venons de le voir, les importations de Hong Kong

dans l'Empire chinois entier ont été évaluées en 1902? à 133.524.169 pk

taëls, soit à 427.258.264 fr. Bien entendu, elles sont loin de se composer exclusivement de produits d'origine britannique. Il suffit pour s’en rendre compte de parcourir la liste donnée plus haut. Evidemment, ni le pétrole, ni le riz, ni les allumettes ne viennent de la Grande- Bretagne ; encore moins l’opium, les vermicelles et macaronis, crevet- Les. seiches, etc. En fait, on peut estimer à 1? 0/0 environ la proportion des provenances effectives du Royaume-Uni. D'après le document publié annuellement par le Board of Trade. la valeur des envois de la métropole au grand emporium britannique en Extrème-Orient est montée à 1. st. 2.136.207, soit 53.405.050 francs, en 1902.

En 1901 la proportion avait été de {4 0/0, les importations du Royaume-Uni à Hong Kong ayant atteint 65 millions et celles de Hong

AI

Kong en Chine 449 millions de francs. Les principaux produits sont :

1e CODE HIS 2.1 nsc EN 92.546

TISSUS eee ET ; 946.902 PA NGLNC AUNIES RER RE mr en MAR. 12.202

MSSUS RER Re ee amener M OR nIN 154.278 lefer ouvre el non-OUVPÉ......2. 54, Las isseeesies 179.896 CE CD NO NE EP ER 62.897 ATOME Terme et A D Ne 34.537 Les machines et mécaniques............. Re 82.252 Les couleurs et matériaux pour la peinture De 39,773 le taDAC. 1.2, PU our RATE ani {8,008

Viennent ensuite les spiritueux britanniques etirlandais (1. st. 31.863) la bière et l’ale (1. st. 36.702), les provisions, y compris la viande, les produits pharmaceutiques, les articles en caoutchouc, les vêtements et confections, les produits chimiques, la verrerie, la quincaillerie, les articles de bureau autres que le papier, le savon, etc. et, parmi les marchandises étrangères et coloniales : le mercure (1. st. 62.720), l'opium (1. st. 30.515), les vins (954 hectolitres valant 239.275 francs).

Beaucoup plus important que celui de la Grande-Bretagne est le

rôle de l'Inde anglaise comme fournisseur de la Chine par l'intermé-

diaire de Hong Kong. C’est d’ailleurs par ce port que passe presque tout le commerce de la péninsule hindoue avec l'Empire du Milieu. Le total à la sortie de l'Inde, en 1902-1903, a été de liv. st. 6.284774,

(157.119.350 fiancs) non compris le numéraire (| les plus importants on peut citer :

{}, Parmi les articles

| ÉTEMNETe) #0) 2 M 0) ARNO

LES HIS et nlés-de.coton, res nie en Les sacs de jute (tissés à la mécanique dits «Gunny») HISSUS Teen Te ET mer animer anti ne PODIUM ne ressens deneuore See

Les produits alimentaires (Lêtes de poissons (fish

maws et ailerons de requins)........., See mate Fruits et lésumes conservés (séchés ét salés\..... ) LéSAalDé(Te sessions Re

Passons maintenant rapidement en revue les teurs.

Les exportations des Etats-Unis à destination de Hong Kong ont été évaluées en 1901 à 7.947.000 dollars (40.721.200 Fr.) ; elles ont consisté

autres

pays expédi-

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