OL
104,466.615) se com-
1) V. Tables relaling Lo the Trade of British India with British Possessions
and Foreign Countries. — 1898-99 Lo 1902-03. — London Blue Book,
2) Rapport consulaire français, n° 299, p. 49-50
Le L. and C, Telegraph a publié, dans son numéro du 9 décembre 1901, le résumé d'un rapport du Consul des Pays-Bas à Hong Hong, dont il paraît intéressant de citer ici le passage suivant : « En ce qui regarde le commerce avec la Hollande, si les produits des Indes néerlandaises, tels que le pétrole et le sucre, trouvent un marché favorable, spécialement dans le sud de la Chine, les articles de l’industrie des Pays-Bas proprements dits ne rencontrent qu’une demande limitée. Les cotonnades des Pays-Bas éprouvent une forte concurrence de la part des fabrications anglaises. Les importations, cependant, augmentent, parce que {es fabricants néerlandais s'attachent autant que possible a remplir Les conditions désirées par les acheteurs chinois. On ne saurait publier de données numériques, car les importations sont ici entre les mains de trois ou quatre grandes maisons qui ne donnent pas de renseignements.
« Bien qu'on ne puisse pas non plus fournir les chiffres concernant les autres importations, il est à croire que celles-ci restent assez sensiblement égales à ce qu'ellesétaient. Elles ne sont pas toutefois très importantes parce que dans les climats chauds et humides on ne peutavoir
de forts approvisionnements. Les conserves hollandaises sont importées presqu'exclusivement pour la consommation des Hollandais vivant à Ilong Kong. Les quantités ne sont pas, par suite, bien considérables, mais la qualité estexcellente. Si on pouvait les offrir à meilleur marché, les « Allemands sans doute les prendraient ; pour le moment, ils donnent la préférence aux provisions expédiées d'Allemagne. Couramment les Anglais et les Américains usent des articles meilleur marché arrivant de leurs pays respectifs »
Le Siam : du riz, des bois (d'ébène, de rose, et bois dits « aquila » «Japan » (vernis ?). Padoo, du bois de teck, des graines de sésame indien (total 52.523.882? fr.)
Les Philippines : de l'abaca, du sucre, du tabac, du coprah ; total : 30.165.279 francs.
Les Détroits (Singapour) : de l’étain, du sucre, de l'opium, du pétrole, du poivre noir, des pierres précieuses, du riz, des bêches de mer (holothuries), des médecines ; total ; 19.204.000 dollars (48.010.000 fr.) (1).
Notons enfin entre les principaux envois que fait l'Indo-Chine (?) à Hong Kong: le riz {409.443 tonnes en 1901), les poissons salés et séchés (provenant du grand lac du Cambodge), les crevettes, seiches, bêches de mer, ailerons de requins, algues marines, du thé (3.751 kil.en 1900),
1) Colonial Report annual. — Straits Settlements 1992, page 16. 2) Rapport consulaire français, n° 258. Hong Hong pendant l'année com-
merciale 1002, p. 23.
de]
les sucres bruns, la cannelle. les huiles à laquer, les soies grèges, et coton égréné, etc.. avec une valeur totale de 62.856.206 fr. en
Quant aux échanges de l'Europe continentale avec Hong Kong. il semble que jusqu’à présent, ils ne soient pas aussi considérables que parfois on a semblé le croire. Les statistiques françaises ne distinguent pas entre l’Empire du Milieu et la colonie britannique voisine. D'ailleurs, la valeur des exportations de notre pays vers la Chine n'est pas encore très considérable (2$ millions de francs en 1?) (1) ; d'autre part, toutefois, le chargement en Chine des marchandises à destination de France s'effectue, par portions à peu près égales, à Shanghaï et à Hong Kong. En 190?, sur une somme de 203 millions (commerce général), les soies et soieries représentent [66 millions de francs.
Sur les intérêts français dans la colonie brilannique, le Résurné des Rapports... sur la fortune française à l'Etranger », dit
\ Hong Kong se trouvent quatre maisons françaises, une agence de la Banque de l’Indo-Chine.
Les propriétés valent un million dont Ie tiers représente des biens religieux. Citons enfin l'importante compagnie de navigation française Marty. » (?)
Dans un rapport en date du 20 octobre 1903, M. Bodard, chancelier substitué du consulat de France, fait mention de quelques affaires pouvant. à son avis, être avantageusement créées à Ilong Kong par des français. Il indique notamment celles-ci : Restaurant de luxe, pàlisserie, confiserie, — magasin de comestibles de choix et vins français — Modiste et couturière. Boltier sur mesure. — Corselitre-lingore (3).
D'autre part, dans les statistiques commerciales de l'Empire allemand, Hong Kong figure en 1901, pour 131.000 mk. aux importations et pour 4.400.060 mk. aux exportations. Dans les documents austrohongrois, italiens, hollandais, belges. suisses, au contraire, les échanges avec la Colonie britannique ne sont pas distingués du trafic avec le grand Empire jaune. Il semble bien que la part de Hong Kong dans ce mouvement d'affaires ne saurait, pour le moment, aller audelà de 200 millions de francs.
Le tableau ci-après récapitule les données qui précèdent au sujet du mouvement commercial de Ilong Kong en 190? :
1) 9.310.000 francs au commerce spécial (marchandises françaises où francisées), Dans le tableau de Ta page 30, les valeurs concernant le commerce de Ta France à Hong Kong sont indiquées d'après des renseignements recueillis auprès des Compagnies de navigation.
2) Journal officiel du 25 décembre 1902.
3) V. Moniteur officiel du Commerce, 1? décembre, pages 468-409
ee.
Exportations à Importations ét destination provenance
PAYS EN RELATIONS AVE de Hong-Kong de Hong-Kong.
HonG-KonG Fr. Fr.
CNIne... . 140.132.631 137.258 .261 Grande-Bretagne... 53.405.058 15.254 450 Cap de Bonne-spérance... 361.800 Indes anglaises .. .. EX 157.119.250 18.125.475 Ceylan ..... 244.535 1.092.436 Maurice. ne Eee 240.027 328 Détroitsis 4% ne {8.010.000 84.767.009 Aruatrallés.. 45. PRE 9.527.125 7.431.750 Nouvelle-Zélande........ .. 1.628.850 156.750 Indes néerlandaises. 33.710.303 1.239.661 DIiAm.... PR DR EUE e 52.523.832 19.499.764 Indo-Chine française..... . 62.856.206 64.332.134 JAPON Le res eermeen De 6£.690.145 6.237.202 Etats-Unis........ Voie 12157 .072 6.508.213 Philippines ........ ne 35.165.219 24.516.974 Hrance. 222200 HSE 1.000.000 40.000.000 Allemagne.......... ET 5.027.500 526.250 MOLAUX: 4, 0 a. : 715.558.005 7172.338.0691
Ces résultats confirment ce qui est dit (p. 41?) dans le « Directory and Chronicle for China, ete. », édition de 1901: «On estime que la valeur du commerce de Hong Kong monte à environ |! milliard 250 millions de francs par an ». Il semble bien que le nombre indiqué par l'annuaire publié dans les bureaux de la China Mail à Hong Kong, n'avait rien d'exagéré.
Agriculture.
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, la superficie cultivée dans l’île enticre
n'excède pas 162 hectares, soit ! kim. q, ?/3 sur un total de 75.
« Quelques parcelles (patches) de terre ont été emblavées en riz, en patales, et en ignames, mais l’île n'est pas à même de subvenir à la consommation locale en légumes. La mangue, le lichen, la poire et l'orange sont indigènes, mais à celles-ci les Anglais ont ajouté plusieurs espèces de fruits et comestibles ». (£ncylopædia britannica. 1883).
Etablissements financiers et industriels.
Il ne manque pas à Hong Kong de maisons de commerce britanniques ou européennes importantes. Néanmoins, depuis de nombreuses années déjà, une partimportante du mouvement d'affaires est passé entre les mains d'Asiatiques et surtout de Chinois. Par exemple, comme je l'ai rappelé plus haut, presque tout le trafic entre Hong Kong etle Yunnanest dirigé par des marchands originaires de Lincanfou, localité du S. E. de la province. D'ailleurs les Célestes négociants à Hong Kong ont des correspondants non seulement en Chine, mais encore à Saïgon, Bangkok, Singapour. Batavia, Manille, etc. Une Chambre de Commerce chinoise a été fondée à Hong Kong en 1887. Il existe aussi dans la ville de Victoria, comme on l’a vu plus haut, une colonie assez importante d'Hindous et de Parsis naturellement atlirés par le trafic de l'opium et les relations avec l'Inde. On compte à l'heure actuelle à peu près un millier de résidents japonais : environ quatre cents d’entre eux sont engagés dans les affaires comme banquiers commerçants, etc...
Les occidentaux et les sujets britanniques en particulier s'occupen de préférence des entreprises financières et industrielles. Celles-ci sont maintenant nombreuses dans la Colonie. Les actions de 4 compagnies ou sociétés ayant, pour la plupart, leur siège ou leur centre d'opéralions sur place sont cotées à la Bourse des valeurs de Iong Kong.
Parmi elles il convient de citer en première ligne la Hong Kong and Shanghaï Banking Corporation. un des principaux établissements de crédit de l'Extrême-Orient. Fondée il y a quarante ans environ, cette maison été longtemps dirigée par Monsieur, depuis Sir Thomas Jackson (1), aujourd'hui Président du Comité de Londres. Elle a des succursales à Canton. Shanghaï, Saïgon., Bangkok, Singapour, etc. (26 au total. Son capital actuellement versé est de dol. 10.0 0.000 (25 millions de francs.) Parmiles autres élablissements financiers fonctionnant à Hong Kong, il faut signaler la Bank of China and Japan \L. À. Keswick, directeur, M. F. D. Sassoon étant un des administraleurs), la Chartered Bank of India, la Yokohama Specie Bank, la Banque de l’Indo-Chine. etc... D'autre part, sept compagnies d'assurances ont leur siège ou des succursales importantes à Hong Kong.la IE. K.
(1) V. VERSCHUUR Aux Colonies d'Asie, Hacbetle, 1900, p. 197
Fire Insurance, Canton Insurance, elc...; dans cette même catégorie, des sociétés étrangères sont représentées, dans la colonie, au nombre de 191, dont seulement cinq ou six françaises.
Voici les relevés du montant moyen des billets de banque en circulation et des espèces en réserve à Hong Kong, en décembre 1904, dans
trois des principaux établissements de crédit de la place.
Montant Esp: ces Banques r:oyen en réserve dollars dollars Chartered Bank of India, Australia and GRINAS ME EE pes ; Re 2.133.882 2.400.009
PO ee MO et ta RU en LS 12.520524 7.000.000 15.462 150.000
Ces données ont été certifiées par les directeurs des banques respectives (|).
En vertu d'un ordre en Conseil de 1894, le dollar britannique ayant cours unité monétaire (actuellement à Hong Kong), pareil en poids et en titre au yen japonais, pèse 26 grammes 93 d'argent au titre de 925 millièmes de fin. Depuis quelques années, il est question d'établir, dans la Colonie, un système de circulation monétaire ayant pour base l’étalon d'or (2). Le cours du dollar britannique a sensiblement monté depuis deux mois. Au change sur Paris, il était, le > décembre 1904 de ? fr. 3? 1/2 (billets de banque à vue). Le ?1 janvier 1905 la cote s’élevait à ? fr. 40 pour les billets de banque à vue, ct à ? fr. 43 1/2? pour les traites (crédits) à 4 mois.
Chaque année, le nombre et l'importance des manufactures vont en croissant. Il y a dans la colonie trois grandes raffineries de sucre : les Etablissements de la « China Sugar refining C° », à East Point et à owrington et la « Taikoo sugar refinery » à Quarry Bay. En relation avec la première nommée de ces Compagnies, il existe encore une vaste distillerie où l'on fabrique une grande quantité de rhum.
\u sujet de la situation de ces usines, le rapport colonial pour 1402? contient les observations suivantes : L'industrie du sucre a eu à lutter contre bien des conditions adverses pendant celte année qui a été des plus désavantageuses. Parmi ces conditions, la principale a été la compétition continue avec les sucres de betterave nourris par les primes (bounty fed) et les bas prix pratiqués en Europe (résultat d’une énorme surproduclion) ayant permis de les placer sur les marchés orientaux à un Cours qui n'avait jamais été atteintjusque-là. Le régime de préférence accordé aux raflineries du Japon et les conditions très onéreuses
1) L. and C. Telegraph, Februarv,; 13, 1905. \e
Ci-dessous. Conclusion.
contre lesquelles on à désormais à lutter constituent un handicap très sérieux pour le commerce avec ce pays qui précédemment offrait à la production de Hong Kong un important débouché. La rareté de l’eau et l'accroissement très notable du coût du travail ont été des facteurs qui ont contribué à amener des résultats défavorables pour les raffineries locales (1).
I y a une fabrique de glace à Bowrington, une grande fabrique de cordes à Belchers Bay, des sucreries à vapeur à Bowrington. une verrerie et une fabrique d'allumettes à Kaoloung, un établissement pour le nettoyage et l'emballage des plumes à Kennedy Town, une fabrique de savon à Shankiwan, une fabrique d’allumettes à Hungham et deux ou trois ateliers de construction mécanique. La Hong Kong Cotton spinning weaving and Dyeing Company Ltd. (Compagnie de Hong Kong pour la filature. le tissage et la teinture du coton) a été fondée par la Maison Sardine et Matheson en 1897 : elle a maintenant. à 500 Kunpo, un atelier de 55.000 broches quia commencé à fonctionner avec 12.000 broches en 1891. Une papeterie (paper mill) établie sur un plan très vaste, munie des meilleures mécaniques anglaises, a été érigée
à Aberdeen en 1891. Les usines de la Hong Kong and China Gas Company sont situées à West Point et à Yaumati et ceux de la Hong Kong Electric Company à Wanchaï. La ville est éclairée en partie à la lumière électrique, celle-ci ayant été introduite vers la fin de 1890. Parmi les
industries exploitées par les Chinois sont : le soufflage du verre, la cuisson (boiling) de l’opium. la fabrication du savon, la préparation du soy (sauce ou condiment spécial à la Chine et au Japon) ; la fabrication de la poudre dentifrice dite beancurd (de cosses de fèves ?), des cigares, la construction des bateaux. On peut signaler encore une manufacture de conserves de gingembre, trois établissements fabriquant, sur une petite échelle, des feux d'artifices chinois. Enfin, sept petites maisons s'occupent de la production du vermillon ou cinabre (sulfure de mercure), exporté à Bombay, au Japon, et dans le Nord de la Chine.
Notons ici que les localités de Kennedy Town,Shankiwan., Wancha Bovrington, Soo Kunpo sont des districts de la cité de Victoria, énumérés d’après leursituation, de l’ouest à l’est.
I n’y a pas de mines dans la Colonie, mais on exploite à Shankiwan et à Kaou loung des carrières de granit: la valeur des produits, en 1900, a été évaluée à dol. 45.000 et dol. 80.000 respectivement (112,500 fr. et 200.000 fr.).
L'installation des docks est particulièrement remarquable. La « Hong Kong and Whampoa Company Ltd. » a trois établissements
(1) Sur l'industrie du raffinage à Hong-Kong, voir un intéressant rapport de M. Réau, gérant du Consulal de France, dans le Moniteur Officiel du Com-
merce, du 9 juillet 1904
importants, un à IHungham (Kaou loungi, un à Tai kok Tsui et un troisième à Aberdeen sur la côte méridionale de l'ile de Hong Kong. Les établissements de cette compagnie sont munis des appareils les meilleurs et les plus récents pour les travaux métallurgiques et de charpente (engineering and carpenter work) ; le plus grand des navires de la marine britannique a été reçu dans lie dock n° i à ilungham. Cette société possède trois bassins de radoub, deux cales de halage (patent slip) à Hungham, un dock à Taikok Tsui, deux docks à Aberdeen.
Le l juillet dernier, aux docks de la Compagnie, à Kaouloung, il a été procédé au lancement d’un nouveau steamer. le Shanghai, construit pour le compte de la China Navigation Company Ltd., et destiné à servir sur le bas Yang tzeu. Voici les dimensions de ce bâtiment, le plus grand qui soit encore sorti des ateliers de la Colonie : coque, lon. sueur entre les perpendiculaires : 310 pieds (91 mètres 24); largeur au maitre bau (moulded), 46 pieds (13 m. 984) : creux principal moulded) 14 pieds 3 pouces (#4 m. 332). Il a une cale (bottom) à doubles compartiments (double cellular). Ses machines comprennent deux séries d'appareils à condensation dits « surface condensing » à triple expansion, avec des cylindres de 14 pouces 1/?, 24 pouces et 39 pouces |/? respectivement, la longueur de la course du piston étant de 30 pouces (76 cm. ?). Les chaudières se composent de deux chaudières à simple fond (single ended) d'acier doux : diamètre moyen 15 pieds ; long. 11 pieds 6 pouces ; pression en service normal !96 livres angl. (86 ki log.). On estime que le Shanghaï sera à même de soutenir une vitesse de Il nœuds 1/2? à l'heure avec plein chargement, ce qui le placera dans des conditions d'égalité avec la plupart des vapeurs du Fleuve Bleu. si ce n'est au-dessus de la plupart d’entre eux. On prévoit que le navire pourra transporter 1900 tonnes de poids mort sans que son tirant d'eau dépasse 1! pieds 3 pouces (3 m. 37 c.) «Pour le trafic du fleuve. c'est à une condition excellente (this is admirable) et, ajoute le Z. et C. Telegraph, (1 11 faut féliciter la « Hong Kong and Whampoa Dock Company » d'avoir exécuté un si magnifique navire. »
L’'Amirauté anglaise possède à Hong Kong un chantier naval qu’elle se propose d’agrandir,ce qui ne va pas sans quelques difficultéslocales.
Dans son récent volume « The Navy as [have known it », l'amiral l'honorable sir E. R. Freemantle émet l'opinion que le chantier naval aurait dû être situé en dehors de la «Communauté Commerciale » ; en cela, dit le L. et C. Telegraph, la communauté est exactement du même avis que lui ; elle estime que Kaoloung aurait été le meilleur emplacement, pour l'établissement en question (?).
(1) Du 15 août 1904.
2) L. and C. T., 24 déc. 1994, supplément, p. 3
La Maison Butterfield et Swire organise à Quarry Bay de vastes ateliers pour l'installation de cales de construction et d’appontements (1).
La « Hong Kong and Kowloon Wharf and Godown Ce », fondée il y a dix-huit ans, possède des quais et des entrepôts. Elle a réalisé en 1903 un profit (d'exploitation) montant à 349.386 dol. 850.000 fr., environ.
Voici d’après les « Statistical Tables » relating to British Colonies (2?) quels ont été en 1900 et en 190?, les taux moyens des salaires pour les diverses catégories de travail :
Domestiques.
Serviteurs employés par les Chinois, par an. dol. 12 à dol. 48 Chinois employés par les étrangers, par an... dol. 48 à dol. 180
dans les domaines ruraux (praedial), les ouvriers sont payés en nature.
Métiers (trades
‘Eravaïñlleurs chinois, par an..::.:..:1,.. 7.4.1. dol. 36 à dol. 72 Artisans exercés ordinaires (ordinary competent mechanics) par jour. Forgerons et ajusteurs............ 30 cts. (60 en 1902) à dol. 1.50 cts. Charpentiers et menuisiers...... 20 — (50 — 0.75 Maçons et briquetiers............ 20 — (50 - 0.60 ÉTANVALIEURS: 2. sacs eme. cm 2029 à —1. —
I y a donc eu en i)02?, relativement à 1900 augmentation sensible du salaire minimum des forgerons etajusteurs, charpentiers et menuisiers, maçons et briquetiers, travailleurs ordinaires. Dans les autres catégories, le taux est resté sans changement de l’un à l’autre exercice.
Les charpentiers et menuisiers, ainsi que les maçons et briquetiers ont, outre la paye, le logement et la nourriture.
Le 3 décembre 1904. le dollar de Hong-Kong (billets de banque) était coté, au change sur Paris, ?fr. 32 1/2, au lieu de? fr. 54 1/2 en août.
Les serviteurs employés par les Chinois. les charpentiers et menuisiers, les maçons et briquetiers recoivent, en sus des salaires indiqués, la nourriture et le logement.
1) Directory and Chronicle for China, Japan, ele..., pp. 408-409.
Sur le développement possible de lindustrie mélallurgique el des cons- Lruelions navales à Hong-Kong. V. Annales Coloniales, 1904, p. 190.
(2) Année 1902. London 1904.
Nouveau Territoire |{1.
Depuis 1860, la (Grande-Bretagne possède, comme on le sait. sur la côte de la terre ferme. en face Hong Kong, une petite presqu'ile, d'une superficie de {0 kilomètres carrés (v. plus haut, p. 4), connue sous le nom chinois de Kaouloung, c'est-à-dire « des neuf dragons ».
Par la convention signée à Pékin le juin IS, ce territoire s’est agrandi, surle continent, d’un domaine de 7?6 kilomètres carrés, cédé à bail par la Chine au Royaume-Uni pour une durée de 91 ans. La nouvelle limite est déterminée suivant une ligne droite allant de la « Baïe des Mirs » à la « Baie Profonde » {v. la carte, p. 6). En vertu du même acte, un certain nombre d'iles voisines, notamment celles de Lantao et de Lamma, à l'O.et au $. de Hong Kong, ont été remises, dans les mêmes conditions, à l'administration de la Grande-Bretagne. Elles représentent ensemble, 233 kilomètres carrés. L'accroissement total pour la colonie britannique — 959 Km. q. — n atteint pas la superficie moyenne d’un arrondissement de France : il correspond à peu près exactement à celle de l'arrondissement de Montfort, en Ille-et- Vilaine (695 km. q.).
Jusque dans ces derniers temps « British Kowloon», dansla presqu'ile acquise en {S60, a été surtoutun lieu de villégiature suburbaine (garden suburb) pour les habitants de Victoria. De 1897 à 1901, sa population a augmenté de 15.534 personnes. A côté. mais en dehors des limites britanniques (?}, un groupement indigène, «Kowloon City » s'est constitué peu à peu. C'est là que beaucoup de marchands chinois de Hong Kong ont établi leurs magasins etentrepôts. En 1898, il avait été stipulé que ce centreresterait sous la juridiction chinoise. Mais cette exception a été supprimée, depuis, par l'effet d'une entente intervenue au cours des opéralions de délimitation du territoire cédé à bail.
Au sujet de la situation agricole et commerciale du Nouveau Territoire, les rapports annuels publiés sur Hong Kong, par le Colonial Office, n'ont pas encore donné des renseignementstrès abondants. Les indications qui suivent sont extraites de celui deces documents officiels
qui concerne l'exercice 1902.
Il a été planté plus de 31.500 nouveaux arbres, des pins pour la plupart. Il a été reconnu que les camphriers poussent bien (successfully)
1) V. Convention between the United Kingdom and Chine respecling an
extension of Hong Kong territory — signed at Peking June 9189, — Trealies Series, n°16, I89S, avec une carte.— Colonial Reports — Miscellaneous
Hong Kong n°18. Rapportsur les opéralions dansle Nouveau Territoire pendant 1900,
(2) Avant 1898.
dans ce territoire et il a été planté 3.000 deces arbres dans le voisinage du nouveau chemin de Taipo.
De bons travaux d'essais sont exécutés par un gentleman chinois qui a en culture des cannes à sucre, des müriers,et divers arbres fruitiers, des fleurs et des légumes. Comme la culture est menée strictement d'après les méthodes occidentales, et avec l’aide officielle, le Gouvernement de la Colonie espère que les Chinois du Nouveau Territoire tireront profit de cette excellente leçon de choses.
Dans un autre District du Nouveau Territoire, une surface considérable est cultivée par une petite compagnie soumise à un contrôle européen. Jusqu'ici la production des légumes a donné de bons résultats et le chanvre aussi bien que le tabac chinois promettent au moins de couvrir les frais de culture.
On se propose aussi de tenter la culture du coton, pour fournir aux filatures et aux tissages établis depuis quelques années à Iong Kong la matière première dontils ont besoin.
Le levé du plan cadastral dans le Nouveau Territoire et la délimitation sur le terrain des lots de ferme a été une opération difficile et coûteuse en raison de la nature accidentée (m. à m. rugueuse, rugged) et montagneuse du terrain et de la petite dimension des tenures. Cette tâche est pratiquement terminée et le nouveau rôle foncier progresse rapidement.
A l'heure actuelle les dépenses du Nouveau Territoire, dues en grande partie à la Cour pour les questions foncières (Land Court) et aux Travaux Publics Extraordinaires, dépassent considérablement les recettes ; mais si l’on en juge d’après le taux actuel d’accroissement et les perspectives d'avenir, on peut s'attendre à ce que les recettes arrivent à égaler les dépenses dans sept ou huit ans d'ici.
La population du Nouveau Territoire s'élevait en 190? à environ {10.000 habitants, dont 1.500 Européens.
On lit dans le Colonial Report « pour 1903 : « La seule partie de la Colonie où l'on puisse s'attendre à ce que les industries agricoles prennent quelque développement se compose du Nouveau Territoire avec les grandes iles de Lantao et de Lamma. Des vallées séparées par de longues rangées (ranges) de collines nues, sont utilisées jusqu'aux limites extrêmes du possible, pour des plantations de riz et d’autres récoltes. La surface des terrains cultivés dans le Nouveau Territoire (y
compris les îles) peut être estimée, grosso modo, à 90.000 acres (36.450 hectares), mais une grande partie de cet espace contient un sol excessivement pauvre et consiste en toutes petites propriétés (Holdings
appartenant à la classe de paysans la plus pauvre. »
Rappelons, comme terme de comparaison, que le département de Seine-et-Oise, par exemple, comprend 395.035 hectares de terrains cultivés proprement dits, et 105.178 hectares de bois.
Navigation.
Le bras de mer qui sépare Hong Kong de Kaouloung est large de deux kilomètres et demi environ; il offre des profondeursde 7. 1? et 15 brasses, soit de 12 m. 80, 21 m. 94 et de 27 m. 43. La rade en face de Victoria est d'une manière générale, bien abritée. D’importants travaux d'ingénieur ont complété ces grands avantages naturels,et ont permis d'en tirer parti. On a rendu d’un accès facile une côteencombrée de blocs éboulés (1).
La superficie du port de Hong Kong égale maintenant ?5 kilomètres carrés. De nouvelles jetées, denouveaux quais sont en projet. Comme il vient d’être dit, la rade est considérée comme sûre ; cependant en 1874 un typhon coula 6 gros navires et plusieurs centaines de jonques.
Dès le début, le Gouvernement britannique a décrété la franchise complète du port qu'il ouvrait en Extrême-Orient au commerce du monde.
A l'heure actuelle, les navires n'y sont soumis qu’à un simple droit de phare de 1 cent. (? centimes par {/?) tonneau de jauge (2).
Le mouvement de Îa navigation a suivi une progression constante et rapide dont le tableau ci-dessous donnera une idée :
Navires Jonnes 1957 entrées Lt eue ee 1.005 517.408 Dont : Pavillon anglais......... 540 260.044 — — FANCAS 2: 23 12.239 1876 entrées et sorties réunies. 28.181 3.900.891 1902 entrées et sorties réunies. 103.089 21.528.709 1903 entrées et sorties réunies. 108.000 24.032.862
La malle d'Europe est apportée toutes les semaines alternativement par les navires des Compagnies Péninsulaire et Orientale et des Messageries Maritimes. Le N. D. Lloyd, de Brême, effectue un service de quinzaine. Les Sociétés de navigation à vapeur « Pacific Mail », Occidental and Oriental « Tokyo Kisen Khaïisha » assurent le service postal sur San Francisco. La Compagnie du chemin defer Canadien Pacifique en accomplit un sur Vancouver. Les Sociétés « Northern Pacific
(1) Nat. RONDOT. Arlicle Victoma dans le Dict., du Commerce, 1873, 2) V. A. Roux, — Op. cit., pp. 119-121.
SS. » et Portland and Asiatic S. N C° » établissent les relations avec Tacoma, Oregon et Portland, ports de la côte occidentale des Etats- Unis. L’« Eastern and Australian C°. » la China Navigation C° » accomplissent, à des périodes assez régulières. le trajet entre Hong Kong et les Colonies australiennes. La Nippon \usen Kaisha assure des services sur l'Europe, l'Inde, l'Australie et les Etats-Unis (Seattle).
En outre de toutes celles-ci. plusieurs grandes lignes de navires à marchandises sont établies entre les ports de la Grande-Bretagne et long Kong : parmi elles, la « China Mutual $. $S. C, l'Océan $. $S. C° et les lignes « Glen », « Warrack, « Mogul » « Ben » Union » et « Shell » sont les plus en vue. D'autre part, des vapeurs du Lloyd Autrichien partent de Trieste pour Ilong Kong; ceux de la ligne Hambourg-A mérique, de Ilambourg, et les vapeurs de la Compagnie « Navigazione Generale Italiana » se mettent en route mensuellement à Gênes. La « Java China Line » a établi une communication régulière à vapeur entre Java et Iong Kong. Entreles ports de la côte orientale deChine, Formose et Hong Kong. les vapeurs de la « Douglas $S. S. C° « circulent régulièrement deux fois par semaine, et ceux de la « Osaka Shosen Kaïiska » une fois, et les communications par navires à vapeur sont assurées d’une façon constante avec Hoï-how (faïnan), Manille. Saïson, Haïphong, Tourane, Bangkok, Bornéo, etc. Avec Shanghaï. Tientsin et les ports du Japon des moyens de communication fréquente sont offerts par les vapeurs de la « Indo-China S. Navigation C° »., la « China Navigation C° » etd'autres lignes s'ajoutent aux paquebotsposte anglais, français et allemands (1) qui partent toutes ies sermaines. Entre Hong Kong, Macao et Canton, il y a un service à vapeur quotidien et trois fois par semaine des vapeurs remontent de Canton jusqu'a Wou-tcheou sur le Fleuve de l'Ouest.
Le mouvement de la navigation à l'entrée et à la sortie s'est élevé en 1903 à 24.039.$62 tonnes. soit une augmentation de deux millions et demi sur 190? et de près de cinq millions sur l'exercice antérieur.
À l’arrivée on a compté 53,991 navires jaugeant : 12.027.092 tonnes et 94.009 au départ, jaugeant : 12.012.770 tonnes. La proportion du pavil-
lon britannique a été de 468 % (28.20 % pour les navires de mer,
18.60 % pour les navires de rivière). Celle des pavillons étrangers de 32.32 % (30,51 %) pour les navires de meret I.81 % pour les navires de rivière).
Le reste du trafic soit ?0.SS ; est attribué aux chaloupes à vapeur et
aux jonques suivant les proportions suivantes :
(1) Sur les Compagnies de eabolage établies à Hong Kong v. dans le Moniteur Officiel du Commerce du 11 décembre 1902 un rapport de M. Réau, gérant du Consulat de France dans celle ville.
Chaloupes employées dans le trafic étranger ..... Re (0er Jonques employées dans le trafic étranger...... 11:22 Jonques employées dans le trafic local.............. 8.89
TOtAI EE RS ER Res TN PT dte OR 20.88
La liste ci-après indique la part des diverses marines dans le mouvement des entrées en 190? et 1903 (navires de construction européenne).
Nombre de navires
Pavillons entrées) Tonnage TS > Te — 2 HER 1902 1903 1902 1905 BrITANNIQUE Rec. 1:753 1.982 2.964.030 3.308.788 Allemands rte 939 937 1.360.525 1.345.567 JAPODAIS 25... re 409 167 865.400 1.017.263 Norwégien..... esse 300 318 263.319 319.685 HPANCAIS ec serre 228 262 219.111 246.837 ChINnOIS ere L 135 12 163.396 222.164 Autrichien:.....… ie LE 50 42 125.929 106.914 Américain (Et. U.)...... 56 GL 121.939 200.706 RUSSE ES aa tee 16 19 32.046 80.781 Hollandais: 350. 23 21 26.464 34.575 LTAMODEE NRARRET. 1{ 12 23.428 92.132 DAnOIS. RM See a 27 23.374 48.676 SUEdOIS ar A re 15 31 14.825 26.093 POrLUSAIS 0er 46 30 7.897 1.110 Belrer etes ME ete à 8 — 3.524 — FotauX ares crea. 1.000 4.383 6.201.541 7.009.181]
En résumé, en ce qui concerne le mouvement de la navigation 77arilime (Océan going) proprement dite en 1903, il y a eusous le pavillon britannique ; 3.596.314 tonnes à l'entrée et 3.382.121 tonnes à la sortie sous le pavillon étranger : 3.667 STI tonnes à l’entrée et 3.665 880 tonnes à la sortie.
Parlant du panorama que l'on aperçoit du sommet du Pic, M. Weulersse décrit « ce port merveilleux où sont mouillés trente grands bateaux de commerce, « dix navires de guerre ; où circulent et station- «nent des dizaines dechaloupes à vapeur et des centaines de barques « semblables à des insectes sur une glace. »
Ilajoute : « Nul spectacle ne parle plus haut dela grandeur de l’An-
gleterre ; « rien n'est mieux fait pour exalter l’orgueil britannique ! »
Conclusion.
Comme place maritime, comme escale ou port intermédiaire entre l'Extrême-Orient et les autres régions du globe, Hong Kong continue de bénéficier des avantages qui tiennent à sa situation géographique, aux conditions naturettes, habilement aménagées, de sa rade.
En même temps, sa prospérité comme entrepôt, comme centre d’échanges pour les contrées de l'Asie Orientale entre elles et avec les pays d'Europe ou d'Amérique, ne cesse pas de grandir.
La baisse accentuée de l'argent a entraïné celle du dollar, monnaie de Hong Kong, qui valait ? fr. 50 il y a peu d'années et qui n’atteint plus maintenant que les cours de ? fr. ?0 à ?2fr.35, au change sur l’Europe. Cependant on ne considère pas. quant à présent, la prospérité future de Hong Kong comme sérieusement menacée. Les maisons de commerce et de crédit établies dans la Colonie sont assez fortes et assez bien organisées pour pouvoir traverser cette crise sans avoir à subir de trop graves dommages. D'ailleurs, afin d'arriver à préserver autant que possible le commerce des fluctuations des cours du change, on a étudié la possibilité d'introduire dans la possession britannique le système de l’étalon d'or.
Toutefois la Chambre de Commerce de Hong Kong, ayant soumis la question à un examen approfondiil y a deux ans s’est finalement rangée à cet avis que l'application de la réforme proposée présenterait les plus graves dangers pour la situation financière de la Colonie tant que la Chine n'aurait pas elle-même établi sa circulation monétaire sur la base de l'or.
Comme nousl'avons vu. les raffineries de Hong Kong onttraverséen 1902 une période assez difficile. Leur situation a été certainement amé-
liorée du fait dela suppression des primes aux raffineries européennes,
par application de la Convention de Bruxelles entrée en vigueur le fer septembre 1902. — D'ailleurs, à d'autres égards, d’après le rapport pour {90?, les perspectives pour les entreprises industrielles à Hong Kong, sont, dans leur ensemble, pleines de promesses.
\u point de vue budgétaire « les statistiques », dit le Gouverneur Sir llenry \.Blake, dans le même document,montrent qu'en dépit du fort « drainage exercé sur les ressources de la Colonie directement ou indi- « rectement par le retour annuel de la peste. la situation financière de
« la Colonie est saine et ne donne pas lieu à des causes de malaise pour « l'avenir. »
Une des questions qui présentent le plus d'importance pour le futur développement de la Colonie est celle de son rattachement au réseau de chemins de fer actuellement en construction en Chine. Des 1898, le Gouvernement du Royaume-Uni a obtenu pour ses nationaux la concession d’une ligne entre Kaouloung et Canton (env. 190 Kilom.). Mais jusqu'à présent rien n’est arrêté quant à l'exécution. D'autre part il existe un projet qui consisterait à relier Canton à Macao.
D'après le South China Morning Post, un syndicat sino-américain a obtenu la concession de la construction d’un chemin de fer de Canton à Macao. Le promoteur de l'entreprise s’est rendu en Amérique (mai 1904) pour s'assurer les concours financiers nécessaires (1).
D'autre part, le chemin de fer de Canton à Ilankeou, en construction depuis deux ans, est ouvert dès à présent jusqu'à Fatshan (25 kilomètres) et va atteindre incessamment Samchoui. On annonce que cette voie ferrée sera prolongée dansla directionsud, dans ie Delta du Fleuve de l'Ouest, jusqu'à Whampoa (?4 kilomètres), port accessible aux navires de mer et que l’on considère comme un sérieux concurrent de Hong Kong. Dans le monde des affaires à Hong Kong, on se préoccupe vivement de cet état de choses.
Dans son discours à la dernière Assemblée Générale de la Chambre de Commerce de Hong Kong, tenue à la fin d'avril 1904, M. Hewett, président, a consacré à ce sujet le passage que voici : « A travers la
Chine entière nous voyons de nouveaux chemins de fer en projet, et
en quelques cas dès à présent achevés principalement, j'ai le regret
« de Îc dire, Siacc a l'entreprise d'agents autres que aes sujets Dritan-
« niques. La course en est à son instant critique (to the swift) et nous «ne pouvons récriminer contre les succès bien gagnés de nos rivaux « commerciaux qui, sous d'autres drapeaux, vont rapidement de l’a- « vant là où les capitalistes britanniques apparemment craignent de « s'aventurer. La prospérité de cette Colonie dépend du maintien « de sa position comme centre de distribution pour la Chine du Sud. « Les choses étant ainsi, il en résulte impérativement que la première « ligne de chemin de fer reliant Canton à la mer doit être la ligne de « Canton à Kaoloung. Si les fonds pour cette ligne, évalués à { million « 1/2? sterling (37 millions 1/2? de francs), ne peuvent pas être obtenus « par d'autres moyens, nos Ministères des Affaires Etrangères et des « Colonies devront intervenir. Il faudra autoriser cette Colonie à ga-
rantir, pour une série d'années, les intérêts du capital requis pour la
section de la ligne, comprise dans le nouveau territoire s’il est néces-
saire. elle devra construire on posséder la ligne, tandis que le Gou-
(1) Annales Coloniales 1°" juin 1904
vernement de la Métropole devra, pour une fois, dans l'intérêt du
commerce britannique en Chine rompre avecsestraditions et garan-
tir l'intérêt pour le coût de la section a établiren dehors de laColonie
(Applaudissements]. La distance est d'environ 1?0 milles (193 kilom.)
dont un cinquième sera compris dans le territoire de Hong Kong ;
le coût de cette section de la ligne sera d'environ un tiers du tout ».
Dans la conclusion d'un précédent essai, j'ai eu occasion de faire ressortir l’étroite connexité d'intérêts existant entre les Etablissements des détroits et notre grande possession d'Extrême-Orient. Une observalion analogue peut s'appliquer avec plus de raison encore, semblet-il, aux relations entre l'Indo-Chine et long Kong. Cette place «a recu plus du tiers des exportations totales de riz de l’Indo-Chine » dit M. Réau dans son rapport sur le commerce de Hong Kong en 190? (1). Beaucoup d’autres produits de notre colonie, notamment les grèges, le coton non égrené, les huiles à laquer, les sucres bruns, les charbons, etc... trouvent dans le même centre leurs principaux acheteurs. D'autre part, l'Indo-Chine se procure à Hong Kong, à des conditions avantageuses, d'importantes quantités d'articles répondant aux besoins des consommateurs indigènes.
Dans le total du commerce extérieur de l’Indo-Chine, la proportion des échanges avec Hong Kong à représenté, en 190?, 28,6 %, et 31,6 % en 1903.
Sans doute, certains conflits d'intérêts ont déjà pris naissance et pourront se produire encore. Sur quelques points les négociants des deux colonies ont dès à présent et auront sans doute plus tard à soutenir entre eux des luttes plus ou moins vives.
Par exemple, l'industrie tonkinoise de la filature du coton, dont les débuts sont tout récents, pourra et devra conquérir sur les produits importés de Hong Kong une part du marché du Yunnan. Il existe actuellement dans notre possession trois manufactures pour ce genre de production, une à Haïphong, une à Ilanoï etune à Nam-Dinh. Elles comptent ensemble 80.000 broches. Il est à noter d’ailleurs que des intérêts britanniques assez considérables sont engagés dans deux de ces établissements. notamment dans celui de Nam-Dinh. fondé et dirigé par un technicien anglais originaire de Oldham.
Dès le commencement de l'occupation française, des capitalistes de Hong Kong ont fourni des fonds pour diverses entreprises au Tonkin. C'est à Hong Kong par exemple qu'a été lancée la Compagnie de charbonnages du Tonkin !?; » Les mines de charbon de Hongai (Tonkin)
possèdent à Hong Kong des établissements où se fabriquent des bri-
quettes, forme sous laquelle se vendent le plus souvent les charbons
1) Rapports consulaires français. N° 258, p. 21.
(2) A. Roux. Op. cit., 153,
maigres et menus du Tonkin. » (1). A l'heure actuelle, deux grandes banques britanniques, la « Chartered Bank of India » etla « Hong Kong and Shanghai Bank » ont des Agences ou des correspondants à Saïgon, Pnompenh (Kandal) et Haïphong. D'autre part, on sait que la Banque de l’Indo-Chine possède à Hong Kong une de ses succursales les plus occupées, Le service des relations maritimes entre le port britannique et Haïphong est assuré par une des plus anciennes et des plus prospères entreprises que nos compatriotes aient fondées au Tonkin, la Marty.
Dans la colonie britannique, les autorités officielles etle monde des affaires ont suivi avec intérêt et sympathie les efforts accomplis dans ces dernières années ct les résultats obtenus en ce qui concerne la mise en valeur de notre domaine indo-chinois et, en particulier, l’établissement du réseau de chemins de fer.
En résumé, on voit combien sont entremêlés et entrecroisés les intérêts des deux possessions voisines, d’ailleurs si différentes à tant d'égards, par leurs dimensions, leur organisation, et notamment quant au rôle économique qu'elles sont l’une et l’autre appelées à jouer.
Le commerce est le véritable agent civilisateur, a-t-on dit ; les faits du passé, comme ceux que l'on observe de nos jours, serviraient au besoin à prouver la vérité de cette assertion (2). Témoins Tyr, Carthage, Venise, Gênes, et les cités des Flandres, Bruges et Anvers.
Formons donc des vœux en faveur de la prospérité réciproque de Hong-Kong et de l’'Indo-Chine ; puissent les multiples relations — commerciales, financières, industrielles — dès à présentétablies, durer et se développer. N'y a-t-il pas là, en fin de compte, une condition indispensabie pour ie succès de ia haute mission de justice et de progrés que la France et l'Angleterre ont à poursuivre de concert en Extrème- Orient ?
(1) Rapport sur Hong Kong par M. Rabaud ; ce mémoire fait parlie des
«€ Rapports commerciaux » composant la seconde section du volume de «La Mission Lyonnaise d'exploration commerciale en Chine, 1895-1897. (2 V. Laurent. — Histoire du Droit des gens, FT. 1, pp. 64-65 ; T. IT, pp.