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L'INTERNAT ET LES ÉTUDES MÉDICAL ES

Il ne nous vient pas à l’idée de faire ici un parallèle entre les diverses formes de stage hospitalier reconnues par les Facultés et Ecoles et qui s'offrent à l’étudiant en médecine ; mais nous voudrions que l’équivalence du stage exigé de tous les étudiants et généralement accordée par les Facultés aux internes des hôpitaux de province devint une mesure officielle, dûment réglementée, et pût être accordée, sous le contrôle effectif de la Faculté, aux étudiants qui, à une époque déterminée de leur scolarité, seraient internes d’hôpitaux désignés et reconnus suffisants. En province, sans doute, les internes n'ont pas toujours les conseils éclairés et savants, les leçons magistrales dont peuvent profiter les étudiants qui restent dans les villes de Facultés, mais ils ont certainement sur les externes et les stagiaires des avantages fort appréciables : si on ne peut toujours, dans nos hôpitaux, approfondir aussi parfaitement les divers cas cliniques qui se présentent, ceux-ci sont par contre beaucoup plus nombreux à la portée de l'étudiant. En outre, le service de garde nous paraît un moyen merveilleux de développer l'initiative et de fixer nettement les idées au fur et à mesure que les cas se présentent : la diversité même des occupations dont le soin incombe à l'interne ne peut qu'être profitable. Ajoutons que dans nos hôpitaux, où sont forcément réunis tous les services différents, l’interne, sans le dérangement nécessaire dans les grandes villes, et tout en s’occupant plus spécialement de médecine ou de chirurgie géné-

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rales, doit pratiquer fréquemment des accouchements pour lesquels il a en général la plus grande initiative, et peut fréquenter les consultations externes annexées à l'hôpital pour les diverses spécialités, notamment l’ophtalmologie et l’oto-rhino-laryngologie.

La réunion de ces avantages pratiques a amené la proposition d’une année au moins d’internat obligatoire pour tous les étudiants (Docteur Noir, Concours médical, 12 février 4911). Nous ne croyons pas que les Facultés soient disposées à exiger un stage semblable des étudiants, et nous ne savons si ceux-ci l’accepteraient tous volontiers, mais nous relevons dans l'article du docteur Noir les idées les plus intéressantes pour notre sujet, en particulier les chiffres qu’on va lire :

« Le stage dont a besoin le jeune médecin avant de s’éta- «blir est celui qui se rapproche le plus de l'exercice nor « mal de la médecine.

«… Nous allons tâcher de démontrer que les jeunes mé- « decins, les médecins et chirurgiens d’hôpitaux, le corps « médical entier et les malades, en somme tout le monde, «gagneraient à la réalisation de ce projet qui, sans grever « lourdement aucun budget, ne nuiraïit à personne.

« Tout étudiant, sa scolarité entièrement terminée, de- « vrait faire, disons-nous, un stage d’un an au moins dans un hôpital de quelque importance.

«.. Durant cet internat, le jeune médecin se trouverait «en contact avec des praticiens déjà éprouvés : les méde- « cins et chirurgiens d'hôpitaux..

«.. Aides et suppléants du médecin d'hôpital, après « avoir acquis théoriquement à la Faculté toutes les con- « naissances scientifiques nécessaires, ils prendraient une « part active et directe au traitement des malades et des

«blessés, guidés et conseillés par les médecins et les chi- « rurgiens de l'hôpital. Durant les services de garde, en « cas d'urgence, ils s’habitueraient en toute sécurité à « prendre des décisions, à faire preuve d'initiative, à assu- - « mer des responsabilités.

«.… Un service médical de garde se trouverait ainsi « sérieusement établi dans tous les hôpitaux de France. « Les chirurgiens de ces hôpitaux disposeraient d'aides « experts et dociles qui augmenteraient le champ de « leurs interventions. Les malades seraient mieux surveil- « lés et mieux soignés...

« … Les budgets de l'État et des Facultés ne seraient pas « grevés ; quant à ceux des hôpitaux, ils le seraient fort « peu, et ces institutions retireraientde ce fait un si grand « nombre d'avantages qu'elles n’hésiteraient pas à faire « les sacrifices nécessaires pour se les assurer...

« Nous ne voyons qu’une seule objection sérieuse à ce « projet : Y a-t-il en France assez d’hôpitaux pour per- « mettre à tous les jeunes médecins sur le point de devenir

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docteurs de trouver une plaee d’interne ?

« À cette objection nous répondrons par des chiffres « empruntés au dernier Annuaire de statistique publié par « les soins du ministère du Travail et qui donne des ren- «seignements pour l’année 1907. Il existait en France à « cette époque 287 hôpitaux avec 79.583 lits pour mala- « des et blessés. Nous ne tenons pas compte de 1.078 hôpi- « taux-hospices, ni de 485 hospices pourvus de 72.648 « lits pour vieillards et incurables. Nous mettons aussi à « part les 14.886 lits destinés aux blessés et malades mili- « taires et nous ne faisons pas non plus entrer les ressour- « ces des asiles d’aliénés, ni des hôpitaux privés, et tous «ces établissements cependant pourraient dans une cer-

«taine mesure être mis à contribution. Le chiffre de 79.583 « lits est doncun chiffre minimum, car ilest certain que « depuis trois ans le nombre des lits d’hôpitaux s’est nota- « blement accru. Or, tous les ans, les Facultés de méde- «cine françaises délivrent un millier de diplômes de doc- «teur. Les hôpitaux de France pourraient donc disposer «au bas mot de 80 lits pour chaque interne stagiaire. Cela « dépasse, et de beaucoup, le chiffre nécessaire pour faire « un stage utile, et les 3.923 médecins ou chirurgiens « d'hôpitaux seraient des guides suffisamment nombreux « pour conseiller les docteurs du lendemain. »

Sans réclamer l'obligation d’une année d’internat pour tous les étudiants après leur scolarité, nous croyons que l'internat des hôpitaux de province offre des ressources considérables, et qu'il est désirable d'utiliser au maximum, tout en laissant les employer les étudiants que leurs convenances personnelles y inviteraient. La généralisation d'une telle mesure réclamerait, croyons-nous, une entente des Facultés de médecine et des administrations hospitalières. Si celles-ci faisaient l’objet de la centralisation que nous demandions plus haut, n’y aurait-il pas lieu, dans ces conditions, de grouper par régions, autour des centres des Facultés ou Ecoles, ceux des hôpitaux offrant les garanties suffisantes pour permettre aux étudiants un stage utile, etne pourrait-on pas alors organiser, pour pourvoir les places d’internes de ces hôpitaux, au siège de la Faculté ou de l'Ecole, un concours permettant de choisir ces postes selon l’ordre de réception, avec possibilité de mutations annuelles d’un hôpital à un autre, tout comme cela a lieu pour les hôpitaux de l’Assistance publique (1) ?

(1) Nous devons ajouter qu’il y aurait lieu de tenir compte, dans

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Un tel système aurait, en outrel'avantage d'exiger uniformément des candidats un nombre minimum d'inscriptions, ce qui n'existe pas actuellement, où ce nombre varie de quatre à seize. Il serait désirable, en outre, que tous les candidats eussent accompli déjà un stage, dans leurs deux premières années d’études au moins, au siège de la Faculté, temps d’ailleurs nécessaire à la présence aux Travaux pratiques indispensables, auxquels l'éloignement de nombre d'hôpitaux rendrait l’assistance impossible.

Nous eroyons d'ailleurs que les moyens d’études offerts par nos bôpitaux pourraientêtre avantageusement améliorés. Nous revenons à ce sujet sur l'utilité qu'il y aurait d’instituer un concours pour la nomination des médecins et chirurgiens; n’y aurait-il pas lieu même d'étudier la mise en œuvre, partiellement tout au moins, du concours à caractère régional que nous venons de proposer pour l’internat ? :

C'est surtout en ce qui concerne les moyens d’études

la distribution des services, non seulement du nombre de lits offerts par les hôpitaux de province et énoncé par la statistique précitée, mais aussi du mouvement de malades, peut-être moins considérable que dans les hôpitaux des grands centres. Nous avons comparé sous ce rapport l’hôpital de Saint-Germain à l’Hôtel-Dieu de Paris : celui-ci, en 1911, a reçu 11.487 malades pour 607 lits, soit 1.892 malades pour 100 lits, alors qu’à l’hôpital de Saint-Germain nous comptons, la même année, 1.827 entrées pour 290 lits, soit 830 pour 100, c’est-à-dire un peu moins de la moitié du premier. Il est juste cependant de faire remarquer que le nombre de 607 lits pour l’Hôtel-Dieu est le chiffre officiel, que le nombre effectif de lits occupés est presque toujours supérieur, tandis que nos hôpitaux, bien que comptant dans leurs salles des brancards supplémentaires pendant quelques mois de l'année n’offrent pas une aussi grande surcharge sur le chiffre officiel.

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annexes qu'on pourrait apporter des améliorations : si la plupart de nos hôpitaux possèdent un laboratoire, seule installation dont, semble-t il, se soient préoccupés les médecins, nos collègues nous signalent en général l'absence de bibliothèque dans leur salle de garde. Il ÿ a là une lacune évidente, et nous croyons qu'elle ne peut guère être comblée que par l'initiative des internes eux-mêmes, car nous avons eu à faire cette expérience : frappé par le dénûment qu'offrait sous cerapport l'hôpital de Saint-Germain à notre arrivée, nous avons eu l’idée de fonder une bibliothèque de l'Internat qui, depuis deux ans que nous avons entrepris cette œuvre avec nos collègues, possède actuellement une collection d'ouvrages récents très suffisante, d’une valeur de 2.000 fr. environ, et qui, nous nousen sommes assurés, pourra être toujours entretenue. Nous avons appris alors que les internes doivent compter sur eux-mêmes, se charger de toutes les démarches nécessaires; mais il est possible ainsi de s'assurer les subventions indispensables, tant auprès des communes adressant des malades à l’hôpilal que dans la ville elle-même, où il est toujours possible de trouver des donateurs. Devant un résultat acquis, l'Administration ne peut refuser son concours ; encore est ilsans doute d’autres moyens que nous n'avons pas songé à mettre en œuvre.

En ce qui concerne la question importante des autopsies, nous voudrions — ce quiadéjà été réclamé — une réglementation générale et bien définie, de nombreuses difficultés s'élevant dans la pratique. C’est ainsi qu’un de nos collègues se plaint de n'avoir pu pratiquer une seule autopsie, l'Administration demandant, à chaque décès, à la famille sielle n'y met pas opposition.

Nous ne pouvons chercher et exposer toutes les façons

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