‹ Horace, tragedie de P. CorneilleChapitre 61 sur 105 · É M 1 LIE · texte numérisé non relu

É M 1 LIE

La tienne , en ta faveur , est trop ingénieuse.

Tu me parles déjà d’un bienheureux retour. .

Et dans tes déplaisirs tu conçois de l’amour. Maxime.

Cet amour en naissant est toutefois extrême :

C’est votre amant, en vous, c’estmon ami que j’aime» des picmcs ardeurs dont il fut embrasé, ....

lÉ M I L I E.

Maxime, en voilà trop pour un homme avisé:

Ma perte m’a surprise et ne m’a point troublée ; Mon noble désespoir ne m’a point aveuglée.

Ma vertu toute entière agit sans s’émouvoir.

Et je vois, malgré mol, plus que je ne veux voir. Maxime.

Quoi ! vous suis-je suspect de quelque perfidie ?

Emilie.

Oui, tu l’es, puisqu’enfin tu veux que je le die. L’ordre de nôtre fuite est trop bien concerté ,

Pour ne te soupçonner d’aucune lâcheté.

Les Dieux scroient pour nous prodigues en miracles. S’ils en avoient sans toi levé tous les obstacles.

Fuis sans moi ; tes amours sont ici superflus. Maxime.

Ah i vous m’en dites trop.

J’en présume encor plui.

Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures ;

Mais n’csperc non plus m’éblouir de parjures.

Si c’est te faire tort que de m’en défier ,

Viens mourir avec moi pour te justifier.

Maxime.

Vivex , belle Émilie , et souffrez qu’un esclave

Je ne t’écoute plus qu’en présence d’Octave

Allons, Fulvie, allons.

( Émilie et Fulvie sortent^ )

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