É M 1 LIE
La tienne , en ta faveur , est trop ingénieuse.
Tu me parles déjà d’un bienheureux retour. .
Et dans tes déplaisirs tu conçois de l’amour. Maxime.
Cet amour en naissant est toutefois extrême :
C’est votre amant, en vous, c’estmon ami que j’aime» des picmcs ardeurs dont il fut embrasé, ....
lÉ M I L I E.
Maxime, en voilà trop pour un homme avisé:
Ma perte m’a surprise et ne m’a point troublée ; Mon noble désespoir ne m’a point aveuglée.
Ma vertu toute entière agit sans s’émouvoir.
Et je vois, malgré mol, plus que je ne veux voir. Maxime.
Quoi ! vous suis-je suspect de quelque perfidie ?
Emilie.
Oui, tu l’es, puisqu’enfin tu veux que je le die. L’ordre de nôtre fuite est trop bien concerté ,
Pour ne te soupçonner d’aucune lâcheté.
Les Dieux scroient pour nous prodigues en miracles. S’ils en avoient sans toi levé tous les obstacles.
Fuis sans moi ; tes amours sont ici superflus. Maxime.
Ah i vous m’en dites trop.
J’en présume encor plui.
Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures ;
Mais n’csperc non plus m’éblouir de parjures.
Si c’est te faire tort que de m’en défier ,
Viens mourir avec moi pour te justifier.
Maxime.
Vivex , belle Émilie , et souffrez qu’un esclave
Je ne t’écoute plus qu’en présence d’Octave
Allons, Fulvie, allons.
( Émilie et Fulvie sortent^ )
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