‹ Horace tragedie en cinq actesChapitre 40 sur 48 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE VIEIL HOllACE, HORACE.

LE VIEIL HORACE

Relirons nos regards de cet objet funeste,

Pour admirer ici le jugement céleste :

Quand la gloire nous cnile, il sait bien comme il faut (Confondre notre orgueil qui s’élève trop haut :

Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse ; Il mêle h nos- vertus des marques defoiblesse ,

Et rarement accorde à notre ambition L’entier et pur honneur d’une bonne action.

Je ne plains point Camille, elle étoit criminelle;

Je me tiens plus à plaindre, et je te plains plus qu’elle: Moi, d’avoir mis au jour un cœur si peu romain; Toi, d’avoir par sa mort déshonoré ta. main.

Je ne la trouve point injuste ni trop prompte;

Mais tu pouvois, mon lils, t’en épargner la honte; Son crime , quoique énorme et digne du trépas , Étoit mieux impuni que puni par ton bras.

HORACE

Disposez de mon sang, les lois vous en font maître; J’ai cru devoir le sien aux lieux qui m’çnt vu naître. Si dans vos sentiments mon zèle est criminel ,

S’il m’en faut recevoir un reproche éternel ,

Si ma main en devient honleuse*et profanée ,

Vous pouvez d’un seul mot trancher ma destinée :

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