AVANT-PROPOS
La présente étude, écrite pendant que retentit encore le fracas des armes, se propose d établir, dès maintenant, les grandes lignes d'une réaction nationale contre V influence et l'action allemandes. Cette réaction parachèvera l'effort admirable de nos soldats. Elle en sera le complément indispensable. Quel que soit le traité qui réglera, après la terrible guerre de 19iâ-i9i5, le nouveau statut des A llemagnes, délivrées du joug prussien et rendues à leur autonomie, il importe que ce traité soit appuyé par la continuité de l'énergie des alliés. Je ne m'occupe ici que de l'énergie française, laissant aux écrivains belges, anglais et russes la part de combat analogue qui leur revient, contre Vennemi commun, sur le plan de la connaissance et de Vin-
a HORS DU JOUG ALLEMAND.
dustrie. C'est dire que mon point de vue, dans ces pages, est beaucoup plus celui du patriote et du moraliste que celui de Véconomiste. D'autres, plus qualifiés, ont traité ou traiteront de la technique des échanges commerciaux et de la défense économique. Car il est très clair que ces échanges continueront, bien que profondément modifiés, après la guerre et quon ne supprime point les contacts avec une voisine, même morcelée, de 65 millions d'habitants. Il importe que ces contacts et ces rapports concourent désormais à notre avantage, au lieu de concourir à celui des Allemands et de leurs complices les Autrichiens. J'exprime ici les raisons qui rendent ce renversement de la situation subie par nous, depuis le traité de Francfort, non seulement nécessaire, mais légitime. L'Allemagne, à travers sa prospérité, n'a jamais abandonné un certain Jonds barbare et brutal, qui a toujours progressé et fructifié avec elle dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle et au début du vingtième. Il est même arrivé que sa culture, dont elle est sifière, a contribué à la démoraliser. Je vais examiner dans quelles conditions. Ensuite, j'exposerai comment elle avait adapté cette barbarie voulue, systématique, à ses projets de domination, d'impérialisme universel.