HORTENSE, JULIE, LUCIEN, CHARLES
julie, d'un ton traînant.
Ah!... c'est vous, M. d'Auterive... je ne voulais pas le croire... vous n'avez pas oublié vos vieux amis... c'est très-bien... très-bien...
lucien, à part.
Que dit-elle?... (Haut.) Madame...
JULIE
Votre santé a été bonne à ce que je vois ?
22 HORTENSE DE BLENGFE.
lucien, bas.
Julie...
JULIE
M. cTAuterive?...
lucien, bas.
Comment? après deux ans d'absence...
JULIE
Vous voulez dire deux siècles, pour le monde qui a craint d'avoir perdu l'un de ses plus brillans héros.
LUCIEN
Oui, deux siècles pour moi, madame, qui suis parti le cœur désolé, et qui revenais avec un espoir...
JULIE
Un espoir... vraiment?... et quel espoir?
LUCIEN
Mieux que cela, madame... une promesse.
JULIE
En vérité ?... et quelle promesse?
LUCIEN
Comment, quelle promesse!... (Eclatant.) Ah! c'est trop fort! ... Et je vous en fais juge...
HORTENSE, bas.
Ah! méchante...
julie, bas.
C'est pour ça qu'il m'amuse... (Haut.) Dites, monsieur...
LUCIEN
Eh bien ! oui, je parlerai... Mme de Blengie est un ange... M. de Villars est un galant homme; ils vous connaîtront. .. Voici le fait... J'aime madame... c'est-àdire, j'aimais madame... non, je l'aime... c'est indigne; mais je ne veux pas mentir... je l'aime. julie, riant.
En êtes-vous bien sûr?
LUCIEN
Oui, je vous aime, et vous le saviez bien; il y a deux ans, lorsque vous me disiez : « Partez, je ne veux pas que le monde puisse m'accuser de m'êtrc trop vitecon-