‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 2 sur 76 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

EMILIE, seule, lisant quelques strophes de l'Élégie des Amours françaises de Frédéric Souliê, intitulée : A celle qui m'a sauvé.

* Un autre a bien souffert... un ami... c'est mon père,

« Qui venait tous les jours s'attendre à mon trépas ;

« Mais à l'heure fatale où l'âme désespère,

« Mon père au moins pleurait... elle ne pleurait pas. »

« Puis, elle me disait : « Oui, tout va bien, espère, » « Sans larmes dans les yeux, sans larmes dans la voix. « Elle seule était forte... oh ! pardonnez, mon père, « Car souffrir et pleurer n'est souffrir qu'une fois!... »

Elle s'arrêle et referme le livre. — Parlant. Frédéric... pauvre ami ! que ces vers sont touchants ! Hélas! lorsque l'amour lui dictait ces doux chants, Plus d'un printemps encor lui gardait sa corbeille ; Vive et puissante encor, cette éloquente abeille, Errante librement sous les feux d'un beau ciel, Pour nous, longtemps encor, devait cueillir son miel. Il n'est plus! Et nous, nous interprètes du maître, Tout-à-l'hcurc, en tremblant, il njus faudra paraître, Sous le poids de ce nom promis à l'avenir, En face d'un public plein do son souvenir.;. Que mon cœur est ému !

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