A€TE 11, SCÈNE XI
julie, au fond. Dieu me pardonne, je crois qu'il pleure. lucien, se retournant vivement.
Hein ? qu'y a-t-il? qu'est-ce? Mme d'Espallion...
julie, avançant du côté de la table.
Moi-même, monsieur; j'ai laissé sur cette table une broderie.
LUCIEN
Je n'en vois pas.
JULIE
Ne vous mettez pas en peine. Je trouverai ce que je cherche.
LUCIEN
C'est très-bien.
julie, cherchant.
Non, je me suis trompée... (Elle voit la boîte.) Ah! l'étourdie!...
Elle la prend et fait un mouvement pour sortir.
LUCIEN
Que faites-vous, madame ? cette boîte...
JULIE
C'est le coffre à bijoux de Mme de Blengie. Je ne soupçonne aucun de mes domestiques; mais c'est toujours une imprudence de laisser traîner un objet qui renferme des valeurs considérables; je vais l'emporter chea moi.
LUCIEN
L'emçorter!... Mais, madame, ce n'est pas possible... cette boîte?...
Cette boîte?...
LUCIEN
N'appartient pas à Mme de Blengie... elle est... à moi.
JULIE
En vérité?... (Elle pose la boîte et à part.) Il me trompe... (Haut.) Est-ce que vous l'avez, par hasard, rapportée de Chine?
LUCIEN
Oui, présicement. 5
JULIE
On fait donc des boîtes de Boule, en Chine?
LUCIEN
Oh î madame, en Chine on fait de tout.
JULIE
Savcz-vous que c'est très-curieux?
LUCIEN
Tiès-curieux.
JULIE
Et que ce doit être fort rare.
LUCIEN
Très-rare... (A part.) Bon, elle n'y pense plus.
Je ne sais comment fait Mme de Blengie, mais elle a Part de se procurer, avant tout le monde, les curiosités les plus recherchées.
LUCIEN
Bah!
JULIE
Ainsi, elle a une boîte absolument pareille à celle-ci que vous avez rapportée de Chine.
lucien, à part.
Aïe ! aïe \...{Haut.) Cela n'a rien d'étonnant, la Chine est maintenant ouverte à tout le monde.
JULIE
Cela se conçoit, avec des diplomates de votre force ?
lucien, d'un air satisfait.
Oui, je crois que nous avons signé un traité de commerce assez avantageux.
JULIE
Le succès doit vous encourager à en signer lin autre.
LUCIEN
Un autre traité?
JULIE
Oui, un traité de paix.
LUCIEN
Avec qui?
JULIE
Avec moi.