‹ Hortus deliciarumChapitre 1 sur 157 · ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

ET SON OEUVRE

Introduction.

Les grandes entreprises ne peuvent d’ordinaire s’accomplir du jour au lendemain, mais il faut souvent un temps considérable pour les préparer et en assurer la bonne exécution. La publication des calques connus du ffortus deliciarum n’a pas échappé à cette loi commune, elle a duré peut-être autant de temps que l’abbesse Herrade en a employé à composer le merveilleux original.

Mais avant de parler des péripéties de la reproduction, il nous semble utile de donner quelques courtes notions sur l’auteur du célèbre manuscrit, sur le manuscrit lui-même et sur les vicissitudes qu’il a subies, car nos lecteurs n’ont pas tous sous la main les ouvrages spéciaux d’ALBRECHT, de Maurice Engelhardt, de Le Noble, de L. Delisle, de R. de Lasteyrie, de L. Spach, de Ch. Gérard, de J. Gyss, de Ch. Schmidt et d’autres auteurs qui se sont appliqués à relever la science et l’esprit poétique et artistique de la pieuse abbesse.

Originaire du château de Landsberg, dont les ruines se dressent encore sur un des flancs de la montagne de Sainte-Odile, Herrade naquit probablement entre les années 1126 et n3o. A cette époque, le couvent fondé par sainte Odile au commencement du huitième siècle, était déchu de sa splendeur primitive. Le duc d’Alsace et de Souabe, Frédéric II le Borgne, monoculus, sans doute avoué (F ogt ) du monastère, avait abusé de sa position et, au lieu d’en défendre les intérêts, s’était emparé d’une partie de ses biens. La situation matérielle était donc en décadence, et d’autre part, comme nous l’apprend une inscription d’une des dernières miniatures du ffortus deliciarum, le culte divin n’était plus régulièrement célébré et la discipline religieuse s’était relâchée.

Heureusement le fils se fit un devoir de réparer, encore du vivant de son père, les malheurs causés par celui-ci ; dès n4o ou 1 1 4 1 ce fils, Frédéric 111, duc d’Alsace et de Souabe, élevé bientôt après à la dignité impériale et connu sous le nom de Frédéric I Barberousse, fit placer à la tête du monastère de Hohenburg, une de ses parentes jusqu’alors religieuse du couvent de Bergen en Bavière, Rélinde, femme remarquable par sa piété, sa science et ses talents et parfaitement digne de remplir cette charge.

Encouragée et soutenue par les conseils de Burckard, évêque de Strasbourg, Rélinde s’appliqua aussitôt à réparer les dommages spirituels et matériels qu’elle avait trouvés et à rendre florissante l’ancienne école du monastère, où les jeunes filles des familles nobles du pays venaient recevoir une éducation conforme à leur rang. Elle eut ainsi le mérite de former une élève admirablement douée par la nature et la grâce, qui devait lui succéder dans sa charge, achever l’œuvre de régénération si bien commencée, et surpasser encore sa maîtresse en lui restant toujours unie par une touchante et profonde reconnaissance. Cette élève était Herrade de Landsberg.

Lorsque Rélinde eut fermé les yeux, le 22 avril 1167, Herrade, qui depuis quelques années l’avait assistée comme coadjutrice, fut élevée à la dignité abbatiale. Sous son administration sage et prévoyante le monastère de Hohenburg atteignit l’apogée de sa prospérité et de sa gloire. Herrade fit régner l’ordre dans les finances, l’économie dans la gestion des domaines, la régularité et la discipline monastique parmi les religieuses soumises à son autorité. A une grande douceur et à une profonde piété elle joignait une fermeté et un sens pratique très remarquables. Pour assurer le service divin dans la chapelle du monastère, elle fonda successivement le prieuré de Saint-Gorgon, en y plaçant des Prémontrés d’Etival, et plus tard, à Truttenhausen, une prévôté de chanoines réguliers de Saint-Augustin, avec un hôpital pour les malades et un hospice pour les pauvres passagers, comme sainte Odile l’avait fait quelques siècles auparavant à Niedermünster. Dans les dernières années de sa vie, Herrade prit encore soin de faire confirmer tous les statuts et tous les privilèges de son couvent par l’évêque de Strasbourg, Conrad de Hüneburg.

Pour clore dignement une vie si bien remplie, Dieu envoya à notre abbesse une immense infortune à consoler et à soulager. L’empereur Henri VI, après la mort de Tancrède, roi de Sicile, s’était emparé de cette île ; au lieu de se souvenir de la générosité du prince défunt, qui peu auparavant lui avait rendu en la comblant d’honneurs l’impératrice devenue sa prisonnière, il relégua Sybille, la veuve de Tancrède, avec ses filles au couvent de Hohenburg, où Herrade s’employa de son mieux à adoucir l’exil de ces princesses, en versant sur leurs cœurs ulcérés le baume de la charité chrétienne. C’était la dernière année de sa vie: elle rendit sa belle âme à Dieu le 25 juillet 1195.

Les chartes relatives aux fondations et aux privilèges, dont nous avons parlé plus haut, prouvent non seulement l’activité et la prudence de l’abbesse dans le gouvernement de son monastère, mais encore la haute considération dont l'honoraient les grands personnages qui ont apposé leurs signatures à ces titres, et cependant, comme le remarque justement L. Spach, ces titres ne peuvent nous donner une idée complète du noble caractère d’Herrade. «Pour étudier à fond, dit-il, pour connaître Ilerrade, il faut aborder résolument le volume qu’elle nous a légué et dans lequel sont déposées les aspirations de son âme, les créations de sa main d’artiste, les résumés de ses lectures savantes, les rêves de sa belle imagination et les chants de triomphe quelle entonne en l’honneur de son maître, de son Sauveur, de son divin fiancé.® Le HorLus deliciarum renferme en effet tout cela.

Dans sa préface, Herrade dit elle-même à ses i-eligieuses : «Ce livre intitulé Jardin des délices, je l’ai composé moi, petite abeille, sous l’inspiration de Dieu, du suc de diverses fleurs de l’Éci-itui-e Sainte et des ouvrages philosophiques, et je l’ai construit par amour pour vous, en quelque sorte comme un rayon de miel pour l’honneur et la gloire de Jésus-Clmst et de l’Église. C’est pourquoi je vous engage à rechei’cher souvent dans ce livre le doux fruit qu’il renferme, et à réconforter par ces gouttes de miel votre espx-it fatigué afin que, noui'i’ies de douceurs spirituelles, vous puissiez parcourir sans danger les choses passagèi'es de ce monde, et que moi-même, ayant à traverser les voies dangereuses de cette mer agitée, je sois par vos puissantes prières préservée de toute affection terrestre et entraînée avec vous vei-s le ciel, dans l’amour du Christ, voti-e bien-aimé !» Herrade ne pouvait exprimer ni plus clairement, ni avec plus de charme le but quelle se pioposait. Son livre était un î-ecueil de morceaux choisis dans toutes les branches des connaissances humaines, tirés de l’Écriture Sainte, des Pères de l’Église et d’autres écrivains, le tout entremêlé de gracieuses poésies de sa composition, dont quelques-unes mises en musique, car Herrade était poète et musicienne ; le tout illustré de nombreuses miniatures qui ont un intérêt capital pour l’histoire de la peinture et des coutumes de cette époque reculée, de même que pour l’histoire du symbolisme chrétien; le tout enfin pour instruire les chères x-eligieuses confiées à sa direction et pour les faire avancer dans l’amour du Christ et de l’Église.

Comme elle indique très souvent la source d’où elle a tiré ses articles, nous pouvons nous faire une idée de son érudition et de la richesse de sa bibliothèque. Après la Bible elle cite particulièrement St. Grégoire le Thaumaturge, St. Irénée, St. Ambroise, St. Jérôme, St. Jean Ciirysostome , St. Augustin, St. Léon -le -Grand, Gennadius, St. Isidore de Séville, Bède-le- Vénérable, St. Anselme, Honorius d’Autun, Rupert, Pierre Lombard et Pierre Comestor ; ces derniers étaient contemporains de l’abbesse, ce qui prouve qu’Herrade était au courant du mouvement littéraire de son temps et qu’elle avait su se procurer aussitôt des copies de ces ouvi-ages nouveaux. Lorsqu’elle ignorait le nom de l’auteur d’un article qu’elle copiait, elle mettait en tête : In sermone cujusdam doctoris.

Le comte A. de Bastard, qui avait pendant une dizaine d’années l’original entre les mains, a eu soin non seulement de faire copier une grande partie du texte, mais encore de dresser une table des matières ou description du manuscrit feuille par feuille ; ces copies et ces précieuses notes sont maintenant déposées à la Bibliothèque nationale de Paris, ce qui permettra à la Société pour la Conservation des monuments historiques d’Alsace de continuer l’œuvre de la reconstitution du Hortus deliciarum , en publiant successivement ces textes, comme elle vient de publier les calques connus des miniatures. Cette prévision nous dispense de donner, comme l’ont fait Engelhardt, L. Spach, Ch. Gérard et Ch. Schmidt, une analyse des sujets traités dans le célèbre manuscrit. D’ailleurs, notre deuxième table, qui donne la suite des miniatures du précieux volume, fait aussi connaître, du moins indirectement, la succession des articles du texte, car les miniatures sont toujours en rapport avec le texte, dont elles étaient l’illustration.

Quant aux miniatures elles-mêmes, qui donnaient au manuscrit sa haute valeur, nous avons cherché dans le texte explicatif de chaque planche à en exposer le symbolisme et à relever toutes les particularités intéressantes. Pour compléter notre travail nous croyons devoir donner ici encore quelques notions générales sur les procédés suivis par Herrade, sur les couleui-s employées, etc.

Noti-e artiste traçait d’abord à la plume les contours des images et les plis des vêtements, puis elle mettait la couleur locale, appliquait les ombres et ensuite les lumières ou rehauts, soit avec de la couleur blanche, soit en épargnant le parchemin; enfin elle revenait sur les contours et les plis avec du noir ou du brun. Les couleurs étaient généralement vives et la palette de l’artiste était assez complète ; elle employait le rouge de Saturne, le vermillon, la laque pourpre, diverses nuances de bleu, la cendre verte et de verts foncés, enfin le brun-marron. Le jaune paraît rarement dans un ton clair et éclatant, d’ordinaire c’est un jaune d’ocre. L’or et l’ai-gent de certains nimbes et de quelques broderies étaient appliqués en feuille, l’argent avait noirci. L’usage de ces métaux était assez restreint dans noti-e manuscrit. On ne s’étonnera pas de certaines incorrections de dessin, quand on songe que du neuvième siècle jusqu’au douzième la peinture historiée était restée stationnaire; toutefois les proportions des personnages sont assez bien gardées, les mains sont généralement mieux dessinées que les pieds, elles ont toujours un mouvement expressif. Les ombres des carnations sont portées en vert, l’incarnat des joues n’est souvent qu’une tache î-ouge non adoucie sur les bords, et les yeux sont ordinairement fixes et sans regai-d, de sorte que les physionomies en général se ressemblent et n’ont pas de caractère individuel. Il faut excepter les figures du Christ, de la Viei-ge, des anges, des prophètes et des apôtres, que la piété d’Herrade lui a fait dessiner avec un soin tout particulier ; on peut excepter encore quelques figiu-es exprimant la dépravation extrême du vice, par exemple Lucifer après sa chute, la Superbia et la Colèx-e personnifiées. L’architecture des bâtiments du Hortus est celle du douzième siècle, c’est-à-dire de style roman, d’un bon dessin géométrique, mais ordinairement de propoi'tions trop petites et de couleurs fantastiques. Ce qu’il y a de plus défectueux dans les miniatures du Hortus , c’est l’absence de toute perspective linéaire et aérienne, c’est aussi l’impuissance de l’artiste à reproduii-e la beauté d’un paysage.

Par contre Herrade excelle dans l’attitude noble et naturelle de ses figures, dans l’agencement des draperies, dans la composition de ses groupes; on peut citer comme exemples:, la création des Anges et Lucifer dans sa gloii-e, l’arbre généalogique du Christ, la grande scène du crucifiement, l’Ascension, l’édifice de l’Eglise, le Pressoir divin, la Femme de l’Apocalypse, notre frontispice en couleurs et bien d’autres miniatures.

Remarquons encore que les figures de la Divinité, du Christ, des anges, des prophètes et des apôtres portent le costume traditionnel de l’art chrétien antique, comme dans les vieilles mosaïques ; toutes les autres figures sont costumées comme au temps d Herrade ; les Juifs se reconnaissent au chapeau pointu qu’ils étaient obligés de porter à cette époque dans les pays chrétiens ; les guerriers de l’Ancien Testament sont des chevaliers du douzième siècle revêtus de cottes de mailles, leurs boucliers sont longs et triangulaires, de couleurs diverses, sans armoiries. La peinture devait être la récréation favorite de notre abbesse : quelle profusion d'images, quelle richesse d’imagination et d’invention dans ces tableaux si pleins d’allégories et de symbolisme !

Combien de temps Herrade a-t-elle mis à exécuter le Hortus deliciarum ?

Nous n’avons nulle certitude à cet égard. A en ci’oire une note qui a dû se trouver à un endroit traitant des fêtes mobiles et conçue en ces termes : Si quœritur quo tempore factum est, anno millesimo centesimo quinquagesimo nono, Herrade l’aurait déjà commencé en 1 1 5g, encore du vivant et sans doute par les conseils de la savante abbesse Rélinde. Une autre page portait : facta est hœc pagina anno MCLXXH. Enfin une note écrite par les Chartreux de Molsheim donnait 1 année 1180 comme date probable de l’achèvement du codex. S’il nous est permis d’exprimer notre humble avis, nous pensons que notre pieuse artiste a traité la perfection de cette œuvre comme celle de sa propre âme, c’est-à-dire quelle ne l’a jamais considérée comme achevée, mais qu’elle s’en est occupée aussi longtemps que ses forces et les devoirs multiples de sa charge d’abbesse le lui ont permis. Notre opinion peut s’appuyer sur le fait de l’intercalation de 69 feuillets d’un moindre format sur les 3cz4 feuillets dont se composait le codex en dernier lieu. Une note du XIVe siècle lui en donnait 342, de sorte que depuis lors 18 feuillets auraient été enlevés.

Après la mort d’Herrade, son œuvre, entourée d’une espèce de vénération, fut religieusement conservée dans le trésor des saintes reliques du monastère de Hohenburg ; c’est ce qui explique sa conservation à travers les nombreux incendies qui désolèrent le couvent. Au témoignage de Jérôme Gebwjller, dans sa Vie de sainte Odile, le précieux manuscrit se trouvait encore à Hohenburg en i5ai, mais après l’incendie formidable de 1546 le monastère ayant été presqu’entièrement détruit et les religieuses dispersées, l’évêque de Strasbourg, Erasme de Limbourg, en ordonna la translation aux archives de son château à Saverne. 11 y était encore en 1609, mais ensuite il passa, on ne sait quand ni comment, à la Chartreuse de Molsheim, où il fut conservé secrètement et où l’on fit une copie du texte. En 1790, à la suppression des couvents, le prieur de la Chartreuse en fit la remise à l’administration du district, qui le déposa dans la Bibliothèque du département. Bientôt après le monastère de Hohenburg ayant été acquis comme bien national par le chanoine Rumpler, celui-ci réclama le précieux manuscrit au nom de la famille deLandsberg; il l’obtint en effet en 1794, mais ne put le garder que quelques années. Le directoire du département examina à nouveau et plus soigneusement la question et ordonna la réintégration du Hortus deliciarum dans la Bibliothèque départementale, qui sous l’empire de Napoléon 1er devint Bibliothèque de la Ville. Depuis lors l’œuvre de l’abbesse Herrade fut le joyau le plus précieux de la Bibliothèque publique de Strasbourg.

Sous le règne de Louis-Philippe M. le comte de Bastard demanda et obtint la communication du Hortus deliciarum pour son grand ouvrage intitulé : Peintures et ornements des manuscrits. Après une dizaine d’années que M. de Bastard mit à profit pour copier de nombreuses miniatures et faire des extraits du texte, le manuscrit rentra à la Bibliothèque de notre ville . . . hélas ! c’était pour y être détruit vingt ans plus tard.

En 1870 la ville de Strasbourg lut bombardée, et, dans la nuit du 24 au 25 août un terrible incendie, allumé par les batteries de l’armée assiégeante, dévora tous les trésors littéraires et artistiques accumulés dans le chœur de l’ancienne église des dominicains. Ainsi périt ce vieil et unique témoin des connaissances, des costumes, des usages et de l’art du douzième siècle, et avec l’incomparable original périt également la copie complète du texte faite par les Chartreux de Molsheim.

11 ne nous reste plus qu’à faire en peu de mots l’histoire de la reproduction des calques existants. C’est dans la séance générale tenue à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le 6 mars 1873, la première séance générale après la guerre, que la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace décida de publier tout ce qui restait du manuscrit de Herrade de Landsberg, et M. Straub, alors secrétaire du comité et bientôt après président de la Société, se chargea de soigner la publication. Celle-ci cependant subit bien des retards : il fallait d’abord se fixer sur le mode de reproduction, lithographie, phototypie ou gravure, sur la grandeur du format, sur le choix de la maison à laquelle le travail serait confié. Il fallait aussi coordonner les calques que l’on connaissait alors, c’est-à-dire ceux de la collection de l’Œuvre Notre-Dame, les esquisses d’ENGELHARDT et quelques calques exécutés par M. Straub. Tout cela prit beaucoup de temps, de sorte que la première livraison de dix planches, de la grandeur de l’original, imprimées par les procédés héliographiques de M. Kræmer à Kehl, ne parut que peu avant l’assemblée générale du 20 mars 1879. La deuxième livraison parut deux ans plus tard, fin mars 1881. La troisième fut distribuée en mai 1882 et la quatrième en juillet 1884. Il y eût alors un arrêt occasionné par la découverte des calques de M. A. de Bastard, déposés à la Bibliothèque nationale de Paris, que le Comité décida de faire copier ainsi que les calques déjà publiés par Engeliiardt, afin de donner de l'Œuvre une reproduction aussi complète que possible. C’est ce qui explique le grand nombre de planches supplémentaires marquées bis, ter et quater, dont les sujets sont en rapport avec ceux des mêmes numéros simples.

M. Straub, que de nouvelles charges retenaient très occupé d’autre part, ne parvint plus à publier la cinquième livraison, qu’il avait cependant préparée en partie. 11 mourut subitement le 27 novembre 1891, et le soin de continuer la publication du Hortus deliciarum fut confié à son ancien élève et ami M. le chanoine Keller. La cinquième livraison put paraître en janvier 1893, la sixième en juin 1894, la septième en juin 1895, la huitième en avril 1896 et la neuvième en avril 1897. Nous fûmes alors avisé qu’il y avait un certain nombre de calques excellents au Cabinet royal des estampes à Berlin, nous reçûmes en même temps quelques autres calques d’autre part, et ainsi le nombre des livraisons fut porté jusqu’à onze.

La dixième fut distribuée à la fin de juin 1898, et la onzième (deuxième supplément), composée de douze planches parut au mois de mai de la présente année 1899.

11 l'estait encore à donner un titre, une notice historique et quelques tables pour faciliter les recherches et rendre notre publication d’un usage plus pratique pour les artistes. On nous saura gré de nous être soumis sans désemparer à ce dernier travail d’autant plus long et plus minutieux, que les calques découverts successivement, durant un long espace de temps, n’avaient pu être publiés d’après l’ordre du manuscrit.

De plus, le Comité de la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace décida de donner comme frontispice un spécimen du coloris des miniatures du Hortus, et choisit à cet effet la belle planche de la Femme de l’Apocalypse, symbole de la sainte Vierge et de l’Eglise, pour la faire reproduire en chromolithographie. L’œuvre entreprise en 1873 s’achève ainsi noblement et dignement vingt ans après l'apparition de la première livraison. M. le chanoine Straub 11e comptait d’abord que sur environ 60 planches, nous sommes arrivés presque au double.

Toutefois notre publication est loin de reproduire tous ms dessins de l’original qui en contenait 33G; sur ce nombre 104 nous manquent totalement et pour s3 autres nous n’avons que des fragments incomplets. Cependant comme nous possédons toutes les grandes miniatures, nous voulons dire celles qui remplissent le folio tout entier, sans que l’on puisse les décomposer en plusieurs tableaux, telles que l’arbre généalogique du Christ, l’échelle des Vertus, etc., nous pouvons dire que nous avons les deux tiers des miniatures de l’original.

En regrettant la perte irréparable de ce qui manque, nous sommes heureux d’avoir pu publier ce qui reste, et, arrivé à la fin de notre tâche, nous remercions sincèrement la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à élever ce monument à Hërrade de Landsberg, une des figures les plus suaves du moyen âge religieux, une des gloires les plus pures de notre chère Alsace.

Strasbourg, le ier août 1899.

Le chanoine G. KELLER.

Première Table.

TABLE COMPLÈTE DES PLANCHES AVEC INDICATION DES DIVERS SUJETS, SELON L'ORDRE DE PUBLICATION.

Planche.

Folio du

Folio du

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