PLANCHE VIII A — SUPPLÉMENT
ADAM ET ÈVE SE CACHANT DEVANT LE SEIGNEUR. LE PARADIS. LE BUISSON ARDENT.
La première miniature de cette planche est un calque de la Bibliothèque Nationale de Paris, et représente nos premiers parents après le péché cherchant en vain à se cacher. Le Seigneur vient à eux tenant une banderolle avec ces paroles de l’Écriture: «Alors le Seigneur- Dieu appela Adam et lui dit: Où êtes-vous*?» On remarquera l’attitude noble et sévère du Seigneur. Immédiatement à côté, on voit le Créateur repousser des deux mains Adam et Eve en punition de leur désobéissance. Ce dernier sujet est déjà reproduit sur la planche VIII, mais ici le calque est bien meilleur.
La seconde miniature figure la porte du «Paradis de délices», oii l’on aperçoit «l’Arbre de vie3» naïvement représenté comme une plante dont les trois branches portent chacune une tête humaine en guise de fruit; autour de l’arbre s’écoulent les quatre fleuves du Paradis : le Géon et le Phyton, le Tigre et l’Euphrate4.
Le troisième dessin nous montre Moïse s’approchant du Buisson ardent5 dans l’attitude de la surprise. La tête nimbée du Seigneur qui lui parle parait entre deux branches environnées de flammes. Cette intéressante miniature ornait le fol. 36 verso, après celles du Songe de Jacob et de Joseph vendu par ses frères. Tous les trois dessins de cette planche manquaient à notre collection, et servent ainsi à combler heureusement des lacunes regrettables.
i. Ces belles copies ont été faites autrefois au moyen de la chambre-claire par M. E. Schweitzer, artiste peintre de Strasbourg, pour le compte de M. Piper, auteur de l’ouvrage Mythologie und Symholik der christlichen Kunst. Les originaux de ces dessins réduits et des calques exécutés par le même artiste, que nous publierons dans ce Supplément, sont déposés au Cabinet Royal des estampes à Berlin. Nous devons à la bienveillante entremise de M. le Dr. Paul Weber à Berlin,
membre de notre Société, la découverte et la communication de cette précieuse collection.
2. «.Vocavit Dominas Deus Adam, et dixil ci: nbi es ?» Gen. III, 9.