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LA NOUVELLE ALLIANCE OU LA LOI DE GRACE

Rex et crux lux sunt. Bos, ara figura fuerunt. Cédât ovis, capra, bos, sit victima vera sacerdos

«Le bœuf et l’autel n’ont été que l’ombre et la figure; le Roi et la Croix sont la lumière. Qu’il ne soit plus question d’immoler des brebis, des chèvres et des bœufs; la vraie victime sera le prêtre lui-même.» «La loi et les prophètes durent jusqu’à l’apparition de Jean, qui prêche l’arrivée du Christ.» «Les sacrifices anciens sont rejetés et remplacés par des sacrifices nouveaux», en d’autres termes, par le sacrifice une fois offert sur la croix d’une manière sanglante et perpétué d’une manière non sanglante sur nos autels. Jésus-Christ en est à la fois le prêtre et la victime volontaire*. «Vous n’avez plus voulu d’holocaustes pour l’expiation du péché, dit-il à son Père, me voici pour faire votre volonté.» Orné des insignes du pontificat unis à ceux de la royauté, le Christ-Roi, posant un pied sur l’instrument de son supplice et l’autre sur la nouvelle «arche sainte, l’Église qui est délivrée par la croix», élève et offre le calice du testament nouveau qui n’aura point de fin.

Comme on le voit, le sacrifice de la croix et l’oblation eucharistique remplaçant les sacrifices mosaïques, les figures disparaissant devant la réalité, en un mot, la supériorité de la nouvelle loi sur l’ancienne, si bien représentée au portail sud de la cathédrale, forment le sujet de cette miniature, dont les inscriptions fournissent une explication si complète qu’il suffit de les juxtaposer. Cette supériorité de la loi de grâce est encore marquée dans les médaillons, qui offrent la même ordonnance que sur la page précédente. Aux sacrifices rituels, qui doivent servir à l’expiation des vices et des prévarications de l’humanité déchue, sont opposées les vertus et perfections chrétiennes, fruits de l’immolation de la victime sainte sur la croix et sur nos autels. Les vertus, dont je donne la série en montant de la gauche vers la droite, sont figurées chacune par un buste de femme, voilée et costumée comme les muses de la planche XI, et tenant en main une banderole avec inscription, tirée des saintes Écritures. Pour la première vertu seule il y a eu interversion de légendes.

L’Obéissance • OBEDIENTIA • Melior est obedientia quam victimce. « L’obéissance vaut mieux que le sacrificei. * 3. »

La Mortification des sens • Abstinentia • Voluntarie sacrificabo tibi. «Je vous offrirai du fond de mon cœur des sacrifices4. »

La Compassion • COMPASSIO • In me sunt Deus vota tua. «Seigneur, vos vœux sont dans mon cœur5 6.»

La Justice • JüSTlCIA • Acceptabis sacrificium justitiœ. «Vous recevrez le sacrifice de justice0.»

La Pauvreté volontaire • PAUPERTAS • Quid retribuam Domino pro omnibus quce retribuit mihi. «Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont il m’a comblé7?»

La Tempérance • SOBRIETAS • Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum. «Que l’oblation de mes mains soit comme le sacrifice du soir8. »

La Générosité ou Largesse • LARGITAS • Si voluisses sacrificium dedissem. «Si vous aviez voulu des sacrifices, je vous en aurais offert9.»

La Chasteté • CASTITAS • Holocausto non delectaberis. «Mais les holocaustes ne vous sont point agréables.»

Le Repentir • Penitentia • Sacrificium domino spiritus contribulatus. «Le sacrifice que Dieu demande est une âme brisée de douleur. »

L’humble Aveu • CONFESSIO • Offeram tibi boves cum hircis. « Je vous présenterai la chair des bœufs, des boucs et des béliers10. »

Si nous exceptons cette dernière inscription, elles exaltent toutes l’immolation de l’amour-propre et de la volonté, l’oblation de la prière et de la reconnaissance à la place des sacrifices sanglants de victimes, admis avant le Messie. Le rejet de ces sacrifices et la supériorité d’oblations pures sont exprimés plus énergiquement encore sur les banderoles qui partent du Pontife de la nouvelle loi vers chaque médaillon. Elles sont, comme les précédentes, tirées des livres saints.

i. Quid mihi multitudo viclimarum vestrarum. «Quel fruit me revient de la multitude de vos victimes"?»

i. Non in sacrificiis tuis arguam te. «Je ne t’accuserai point sur tes sacrifices »

3. Non accipiam de domo tua vitulos. «Je n’acceptei'ai point les génisses de tes étables.»

4. Neque de gregibus tuis hyrcos. «Ni les boucs de les troupeaux.»

5. Si esuriero non dicam tibi. «Si j’ai faim, je ne m’adresserai pas à toi.»

6. Nunquid manducabo carnes taurorum , «Mangerai-je la chair des taureaux,

7. Nunquid sanguinem hyrcorum potabo. «Ou boirai-je le sang des boucs?»

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