IV. E. 1. (Registre.) — In-folio; 178 feuillets, papier
18 mars 1704-2 avril 1783. — Délibérations.
— Première séance: i< L’an 1704, le 18 de mars, messire Louis-Alphonse de Valbelle, conseiller du Roy en ses conseils, évesque de Saint-Omer, désirant mettre à exécution les lettres patentes qu'il at obtenu de sa Majesté pour l’établissement d’un hôpital général dans cette ville fait sçavoir aux sieurs Jean-Louis Deslions, chanoine de la cathédrale, maître Charles Cadart, prestre, curé de la paroisse du Saint-Sépulchre, Pierre de la Haye, chevalier, seigneur de Wespe, maïeur de cette ville, Robert le Vasseur, escuier, seigneur de Bambecq, maître Jean-François Denis, advocat en Parlement et Libert de Lattre, eschevins en année de cette dilte ville, Nicolas Taffin, escuier, seigneur de Vigries, Hiacinthe-Dominique de la Diennée, escuier, sieur de Prerobe, Hector Deslions, seigneur de Doeville, maître Joseph-Ignace Enlart, conseiller-pensionnaire, maître Jean Drincqbier, greffier criminel de cette ville et Jean Cardon à son tour eschevin d’icelle qui, conformément à l’article quattre desdites lettres patentes, ils avoient esté nomméz administrateurs dudit hôpital général et les ht prier de se rendre au palais épiscopal pour commercer les délibérations pour le bien et avantage de cet établissement ; s’y sont rendus... » Suivent les formalités des préséances, la lecture des lettres créant l’Hôpital Général, la fixation des réunions des administrateurs au mardi de chaque semaine, à neuf heures du matin, dans le palais épiscopal, la nomination d’Étienne dit Chenu comme receveur, « et finalement ayant esté représenté à l’assemblée qu’une des choses la plus nécessaire pour la commodité dudit hôpital estoit d’y avoir de la bonne eau et en quantité suffisante pour l’usage d’iceluy, mons. Enlart at esté nomméz pour prier messieurs du Magistrat de vouloir faire la despence d’un conduit pour en amener audit hôpital de l’une des pippes ou fonteines de la ville » (fos 1-2). — Nomination d’un receveur à Paris, le s1' de Fonteville, chargé de recevoir les arrérages de la rente de mille livres constituée sur la ferme des postes. On lui envoie (1er avril 1704) une procuration à cet effet (f° 3). — « Les quatre sergeants du petit Bailly ayant esté appellé leur at esté ordonné de veiller à ce qu’aucun pauvres, soit de la ville ou estrengers ne mandient dans les rues ny les églises, à
commencer le huicliesme du mois de juin prochain ; que ceux qui seront trouvé mendier seront par eux conduit dans l’Hôpital Général et les pauvres passans dans celuy de St-Jean pour y recevoir l’hospitalité et estre le lendemain conduit hors de la ville, à quel effet ils devront marcher avec leurs hallebardes, pour lesquels debvoirs ils receveront onze livres cincq sols par mois dudit Hôpital Général » (26 mai 1704 ; f° 4 v°). — Quête (pourchapt) ordonnée dans toute la ville en faveur de l’Hôpital : les curés accompagneront les administrateurs (28 mai 1704). — Le sieur de Bambecq est prié « de s’abstenir dorénavant de la qualité d’administrateur » (19 août 1704 ; f° 5 v°). — Protestations du sieur de Bambecq et de messieurs du Magistrat à ce sujet (19-26 août 1704 ; f° 6). — Difficultés pour l’exécution des règlements sur l’interdiction de la mendicité (8 octobre 1704 ; f° 7). — « ...On donnera dix escus par an au nommé Vanbene pour enseingner à lire et escrire les enfans dans l’Hôpital Général tous les dimances et festes de l’année » ; règlement pour l’entrée des vieillards à l’Hôpital (6 mars 1705 ; f° 8). — Poursuites contre l’entrepreneur de la fabrique de pipes qui laisse les ouvriers sans travail et n’exécute pas son traité avec l’Hôpital (16 avril 1703 ; f°8 v°). — Plusieurs délibérations sur l’enlèvement des titres et papiers de la maison des Bluets par plusieurs membres du Chapitre et du Magistrat, se terminant par une sommation à ces messieurs de restituer ces archives (novembre 1705 ; f09 1 1-12). — Remise aux administrateurs des objets suivants donnés par testament à l’Hôpital par Don Garcias Gonzalès de Alvelda : « Un bassin d’argent pezant soixante-huit onces ; une esguïerre d’argent pezant trente et une onces ; une couppe d’argent dorée ; une soubcouppe d’argent pezant dix-huit onces et un quart ; neuf cuillières d’argent ; nœuf fourchettes d’argent ; deux petittes sallières d’argent ; une boette avec trois bagues d’or et diamans ; six autres bagues d’or compris deux à mettre aux oreilles ; un chef de S^Jean en or ; une petite platine d’or ; une paire de flambeaux d’argent ; plus 140 louis d’or à raison de 12 1. 5 s.... 1715 1.; une double pistolle d’Espagne de... 27 1. soixante-treize escus blanc à raison de 3 1. 10 s... 255 1. ; vingt-neuf escus et un quart à 3 1. 16 s... 1 1 1 1. 3 s. ; quatre-vingt-dix-sept escus et demy à raison de 3 1. 17 s... 375 1. 7 s. 6 d. ; item trois louis d’or à ■ 13 1. 10s. faisant401. 10s... » (sept-oct. 1706; fos 15-16).
— Nomination du sieur Guillaume Liévin, comme receveur, en remplacement de Libert-François de Lattre, démissionnaire (19 avril 1707 ; f° 18). — Règlement pour la distribution des pains (3 août 1707 ; f° 21 v°). — Don à l'Hôpital par le sieur Boucher de tous ses biens (28 mars 1708 ; f° 24 v°). — Règlements pour les garçons qui entreront à l’Hôpital Général et pour les filles qui entreront aux Bluettes (15 avril 1708 ; f° 25). — Nomination du sieur Joseph de Neuville comme receveur général de l’Hôpital (9nov. 1709; f° 26 v°). — Nomination d’un procureur général et spécial pour recevoir au nom de l’Hôpital le legs de Mgr de Valbelle montant à « la somme de 15,999 1.
4 s. 5 d., sçavoir 13,399 1. 4 s. 5 d. pour l’importance de 419 marcs 6 onces 4 gros de la vaisselle d’argent de feu Monseigneur l’Evesque de St-Omer suivant l’évaluation en faite par le sr Leurs orpheuvre à Paris... 2,000 1. pour le prix d’un lict velours cramoisi et de douze chaises assortissant ledict lict, et 600 1. pour le pris de deux mulets et une littière provenant de la succession dud. feue seigneur évesque... » (29 janvier 1710 ; f° 28). — Traité entre les administrateurs et Adrien Cauché, maître pipier, par lequel ce dernier prend la gestion de la fabrique de pipes qui est dans l’Hôpital (13 nov. 1712 ; f° 31 v°). — « Il a été résolu de choisir Monsieur Dherbois et Monsieur Defrance, avocat, pour administrateur de cet Hôpital, attendu que Monseigneur de St-Omer a représenté à l’assemblée, que s’étant rendu plusieurs fois au bureau au jour ordinaire, il s’y étoit trouvé presque seul, plusieurs de ces messieurs n’y pouvant assister empeschez par leurs affaires particulières... » (4 mars 1716 ; f° 35). — Don par Nicolas Le Sergeant de deux mille livres pour « fonder deux bleueltes dans la maison des orphelines de cette ville (24 février 1719 ; f° 37). — Nomination de Mlle Macu, en remplacement de MIle Doresmieulx, démissionnaire, comme économe des Bluettes (21 février 1720 ; f° 38 v°). — Longue délibération pour l’admission, définitivement prononcée, de quatre orphelins (février 1721 ; fos 40-42). — Décision imposant les mesures à prendre pour s’assurer que les garçons renvoyés de la maison des orphelins et les filles renvoyées des Bluettes sont capables de gagner leur vie (20 avril 1729 ; f° 43). — Nominations aux Bluettes: Mlle Jeanne d’Ailin dirigera la couture, Mlle Catherine Balbien la dentelle, et Mlle Canal la broderie ( 13 février 1732 ; f° 48 v°). — Inventaire « du fond de la boutique delà maison des Bluettes. » Ce fonds vaut 16,000 livres (10 mars 1732 ; f" 49). — Chacun des curés de la ville
nomme une orpheline aux Bluettes, en vertu de son droit (juillet 1733 ; fuS 91-92). — Fondation de deux lits par François-Joseph Depan (27 juillet 1735 ; fos 55- 56). — « Le 5 janvier 1738, messieurs les administrateurs s’estants fait représenter les inventaires et prisées des marchandises composants la boutique et recognoissants que le profit n’est nullement proportionné au fond que led. hôpital a dans lad. boutique, et que par conséquent il luy est plus avantageux de placer ces deniers à autres usages, ont résolu d’abolir entièrement lad. boutique » (f° 61). — La vente de la susdite boutique, faite le 10 et le 11 avril 1738, produit 3,727 1. 6 s. 6 d. (f° 62). — « L’on a authorisé Mlle Balbien et on luy a permis d’aller à Arras et à Lille, si besoin est, pour y acheter du fil propre à faire des dentelles fines » (2 juillet 1738 ; f° 64 v°). — Legs de mille livres par le chanoine Barlot (6 mai 1743 ; f° 72). — État de la toile faite dans la maison pendant une année : la moyenne est de cent aunes par mois (23 juillet 1744 ; f° 73). — Lettres accordées à Mlle Thérèse-Natalie Wallart,
« qui puissent être lues en plein réfectoir, lorsque toutes les demoiselles de la maison y seront assemblées, afin que personne ne puisse dans la suite prétendre ignorer que ladite delle Wallart soit maîtresse principale de ladite maison et qu’en cette qualité elle a authorité sur les demoiselles qui sont destinées à gouverner l’économie et sur celles qui tiennent ou tiendront les écoles de garçons » (Il août 1745 ; f° 76). — Établissement d’une école de filles sur la proposition de M. Grardel, curé du Saint-Sépulchre, « n’y ayant aucune de prochaine, où elles puissent être instruites tant à lire qu’à écrire que des principes de la religion... » (23 mars 1746 ; f° 77). — Nomination de Mlle Julia Streck pour succéder à M11® Balbien, décédée (9 nov. 1746 ; f° 80). — État du personnel de l’Hôpital Général (15 mai 1748 ; f° 84 v°). — État du linge de la maison (26 nov. 1749 ; fJ 87). — Nomination de Mlle Wallart comme économe, et de M11® Marquant comme sa suppléante (25 nov. 1752 ; f° 90). — « Le maître cordonnier de l’Hôpital étant décédé, les maîtres du corps dudit métier ont présenté requette à Messieurs du Magistrat à effet d’empêcher la veuve de tenir boutique ouverte sous prétexte que son mary n’estoit pas de leur corps, mais qu’il avoit exercé ledit métier par privilège accordé aux élèves de 1 Hôpital par les lettres patentes, art. 22, et prétendoient que sa veuve ne devoit pas jouir desdits privilèges. Messieurs du Magistrat ont répondu par apostille au blanc de la requette ce qui suit : « La veuve doit jouir des mêmes