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PROGRAMMES DU CONSEIL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Etudions le programme religieux et moral, de nos écules, et nous serons grandement édifiés.

§ 1. Programme religieux.

Il est permis aux commissaires de laisser ouvrir l'école par la récitation de l'oraison dominicale. Cette permission a été accordée pour ménager sans doute les préjugés, le fanatisme religieux des

Catholiques. Sur leurs instances réitérées la Législature va jusquelà. N'est-ce pas faire preuve d'une admirable libéralité et du plus profond respect pour la liberté de conscience !

J'ai sous les yeux, en écrivant ces ligne?, le programme d'études le plus récent publié par ordre du Conseil de l'Education et imposé par lui à toutes les écoles des Territoires. Ce programme forme une brochure de 16 pages. Je le lis attentivement d'un bout à l'autre et je n'y trouve pas une seule fois le nom adorable de Dieu : pas une seule fois je n'y trouve le nom béni du Rédempteur. Pas un seul mot de religion ! pas un seul mot pour l'âme et pour le cœur!

En fait d'histoire, les enfants devront connaître la biographie des personnes considérées à tort ou à raison, comme types d'hommes d'Etat ou de citoyens honnêtes, par exemple, les biographies de Caractacas, de Jules César, de Wolsey, d'Elizabeth, de Cromwell. de Malborough,de Pitt, de Nelson, de Wellington, de John Russell etc. ; ils devront connaître les vies des Cabot, des Cartier, des Champlain, des Wolfe, des Carleton, de^ McKenzie, des Papineau, des Howe, des Macdonald ; mais la vie de notre adorable Sauveur, la vie de l'Homme-Dieu ou du Dieu-homme tout ensemble, sa généraration divine, son Incarnation dictée par son amour infini pour l'humanité déchue, sa vie de prière et d'humilité, sa vie publique, ses miracles, la fondation de son Eglise, son crucifiement, sa résurrection et son ascension glorieuse, de tout cela pas un mot. C'est une indignité, c'est une insulte jetée dans cet ignoble programme, à la face de tout homme qui se glorifie du titre de chrétien, c'est-àdire du disciple du Christ.

Nous sommes en Canada, dans un pays qui fait si hautement profession de christianisme et l'on nous impose des écoles sans Dieu ! On met entre les mains des maîtres et des élèves un programme matérialiste ; on a honte d'y inscrire une seule fois le nom de la Divinité. Ce programme est un crime qui crie vengeance et qui nécessairement attirera la colère et les châtiments de Dieu sur ce pays que nous voudrions voir grand, prospère, aimé et honoré des autres nations.

En vérité on dirait qu'aux yeux des faiseurs de lois athées et matérialistes, l'homme n'est pas autre chose qu'un animal perfectionné, le plus intelligent, le plus noble de tous, à moins qu'il ne devienne par l'éducation même auquel on le condamne, le plus cruel et le plus redoutable. L'éducation sans Dieu le ramènera nécessairement à la sauvagerie ou tout au plus à la civilisation payenne et dissolue qui souillait la terre avant la venue du Messie.

Si le programmé ne s'occupe nullement de faire connaître et aimer Dieu aux enfants des écoles, nous ne pouvons pas lui reprocher de n'avoir pas à cœur leur bien être matériel. La propreté, les \ i t.iiHiits, Pair pur, la bonne eau, les exercices corporels, le repos,

la bonne nourriture, les habitudes louables et modérées, les bains, les accidents, les poisons, les désinfectants, la digestion, la circulation du sang, la respiration, les soins des yeux et des oreilles, tout cela donnera matière à autant de leçons importantes que les maîtres devront inculquer dans l'esprit des enfants. C'est très bien, c'est parfait ; mais pourquoi trouver mauvais que dans nos écoles catholiques, tout en enseignant avec soin ces principes hygiéniques, nous nous occupions un peu de la santé, de la force, de la pureté du cœur et de l'âme ? Nous répudions de toutes nos forces un enseignement purement naturel ? Avons-nous tort ?

§ 2. Programme moral.

Avons-nous tort ausi de mépriser cordialement le misérable programme de morale et de vertu civiques que notre Conseil de l'Instruction Publique n'a certainement pas inventé. Ce programme a été reçu tout fait; il est sorti des Loges, et notre Surintendant a nécessairement dû y mettre la main. Dans la pensée et l'intention de ceux qui nous l'imposent ce programme maçonnique peut remplacer avantageusement l'instruction religieuse.

Du moment que Dieu, Jésus-Christ et son Eglise sont bannis de l'école, qu'est-il besoin d'y enseigner une morale divine et surnaturelle? Les vertus théologales de Foi, d'Espérance et de Charité sont hors de cause. L'enfant n'en a pas besoin pour devenir un honnête hemme. C'est tout ce que la société attend de lui, c'est ce dont il a besoin pour être honoré et jouir de la vie présente.

La Foi surnaturelle et divine est un non-sens ; c'est l'asservissement de la raison et de la science; il faut la mettre de côté et lui substituer la liberté de penser, de croire tout ce que l'on voudra, sauf la Révélation faite par Dieu à l'homme déchu et racheté. L'espérance ne sera plus autre r.hose que la confiauce dans le succès de ses propres forces et de son industrie pour arriver à la possession et à la jouissance des biens matériels; la Charité envers Dieu et envers le prochain, cette Reine du Ciel, mère de tous les dévouements, de tous les sacrifices, de la plus pure et de la plus parfaite abnégation, fera place à la plus platonique philanthropie.

Les instituteur? devront prendre grand soin, dit le programme d'inculquer aux enfants la nécessité de pratiquer toutes les vertus civiques et naturelles. Ils leur apprendront à être polis, complaisants, affables à l'égard de leurs semblables et bons pour les animaux. Ils leur diront : soyez aimants, sincères, fidèles au devoir, obéissants, dignes, respectueux, reconnaissants; pardonnez et avouez vos fautes ; que l'honnêteté, l'honneur, le courage soient votre partage. Ne vous gonflez point d'estime de vous-mêmes, respectez-vous, exercez sur vos actes un contrôle nécessaire, veillez sur

votre réputation, votre santé, vos conversations; enfin soyez industrieux, économes et prudents.

Tel est le décalogue de nos écoles du Nord-Ouest, décalogue athée ayant uniquement pour sanction la justice humaine et la prétendue satisfaction du devoir accompli.

Cette éducation morale d'où Dieu est exclu est trop féconde en résultats désastreux pour que nous ne la flétrissions pas comme elle le mérite. Elle ouvre la porte à toutes les erreurs ; elle permet d'être athée, matérialiste, infidèle, rationaliste, payen même, pourvu qu'on soit honnête homme selon le monde. Que le sépulcre soit blanchi, propre, brillant à l'extérieur; ii importe peu que l'intérieur en soit rempli de vers et de pourriture. Echapper par la pratique extérieure de certaines vertus naturelles à la justice humaine ainsi qu'à la critique; plaire par des manières agréables, réussir dans le monde par son industrie, son économie et sa prudence, voilà l'idéal de l'homme parfait d'après notre programme d'éducation morale. Est-ce assez humiliant ! Est-ce suffisamment méprisable?

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