EXEMPLES
En parlant de Wiclef, Buckley et Robertson (p. 82.) le présentent sous les meilleurs et les plus favorables aspects, tandis que le clergé catholique en général apparaît sous un jour détestable. Ils exaltent la prédication de Wiclef contre la corruption, l'hypocrisie et l’avarice du clergé, et laissent supposer que les anathèmes de ce prédicant contre les prêtres étaient justifiés par leur conduite, mais ils se gardent bien de rappeler, comme le fait Lingard (y. 234-240,) que Wiclef n'était qu’un instrument dans la main des princes. Il les plaçait au-dessus de toute autorité religieuse et lui-même se rétractait et se soumettait plus tard à ses supérieurs ecclésiastiques.
Buckley et Robertson ne traitent qu'imparfaitement la question si importante pour les Catholiques de la prétendue Réforme en Angleterre. Ils y consacrent 92 pages seulement tandis que Lingard en consacre 267.
Buckley et Robertson (y. 124) s'attaquent indistinctement à l'intelligence, à la moralité, à la piété de nos prêtres au temps de la destruction des monastères, tandis que ce dernier acte d’injustice et de spoliation par des hommes pervers que les Protestants d’aujourd'hui n’entreprennent plus de justifier, est atténué et absous en des termes que nous considérons comme une diffamation dénuée de fondement du haut caractère de nos prêtres. La persécution inique et le martyre héroïque souffert par nombre de nos moines sont traités comme s'ils n’existaient pas.
Ce que Buckley et Robertson appellent ‘ Persécution des :Protestants ?” (p.133) est piutôt présenté par eux comme persécution religieuse de la part de l'Eglise catholique que dans son vrai jour de persécution politique, par Marie, souveraine temporelle.
Nous repoussons avec raison les commentaires anti-catholiques qui suivent les paroles attribuées à Latimer. Pas plus que des centaines d’honnêtes protestants. nous ne voulons permettre que nos enfants puissent croire, comme l'enseigne l’histoire de Buckley et Robertson, que la mort d’un Cranmer, misérable instrument du monarque le plus cruel et le plus brutalement immoral de l'histoire
anglaise, alluma jamais un flambeau ‘“ de vérité et de courage.” Nous rejetons la dernière partie du paragraphe 8, p. 133, insinuant que le Pape sacrifiait la vie des personnes pour l’unique motif de leurs honnêtes opinions religieuses. Il existe des autorités suffisantes pour prouver le contraire.
A la même page Buckley et Robertson rapportent les châtiments infligés par Marie pour des offenses publiques comme un témoignage contre notre foi; mais o1ission complète est faite par les mêmes auteurs de toute allusion aux persécutions souffertes sous Henri VIII et sous Elizabeth par les adhérents à la foi catholique, persécutions aflirmées par bien des historiens protestants du premier rang. (Lingard p. 360, 380, 401, 478, 444, 458.)
Nous ne comprenons pas pour quel motit les Missions de Douai entreprises pour la conversion de l'Angleterre, histoire que bien peu de Catholiques connaissent, seraient présentées à nos enfants comme un fait intimement lié avec le complot d’assassiner Elizabeth. Nous savons très-bien que tel n’est pas le cas. William Allen, de mon propre Comté de Lancastre, fut le principal facteur de cette mission. J'ai lu bien des histoires protestantes, mais Buckley et Robertson sont les seuls que j'ai pu trouver associant la dite mission avec un complot d’assassinat de la Reine.
Les auteurs tant protestants que catholiques diffèrent énormément dans l'estimation qu’ils font du nombre des victimes de la Saint-Barthélemy. Ils s'accordent si peu, que selon eux, ce nombre varie entre 300 et 100.000. Buckley et Robertson ne manquent naturellement pas de se ranger du côté des 100.000 et de rendre en même temps l'Eglise catholique responsable de ce massacre qui ne fut pourtant qu’une vengeance politique organisée par des Catholiques fort peu anxieux de mettre en pratique les préceptes de leur Eglise.
Buckley et Robertson. (p. 195) entretiennent dans l'esprit du lecteur, qu’une conspiration papiste, telle que décrite par Titus Oates a réellement existé. Ils laissent subsister tous les mensonges librement publiés par lui. Le seul fait qu'ils rapportent comme contre partie aux fausses assertions de Oates est que Lord Ktafford, catholique distingué, était un pair d'Angleterre d’une grande droiture et d’une remarquable honnêteté. Tl'est bon aussi de remarquer que Buckley et Robertson ne mentionnent pas le moins du monde les châtiments plus tard infligés à Titus Oates. Par contre, ils voudraient bien, si possible, jeter le discrédit sur l'Ordre des Jésuites en leur associant un misérable de bas étage, à moins peut-être qu'ils n'aient l'intention de relever le caractère de ce misérable au moyen de cette affiliation prétendue.
J'ai suffisamment démontré, ce me semble, que les parents catholiques ne peuvent approuver ce livre d'histoire pour leurs en-
fai sui ne leu toi pré
poi sou cat recu paré de enfe de sera paie
l'ex} d’An et silen depu l’enc vue ( franc
ses C
seil € d'Hi;
ment bien De Ii richi moir
sée à mora ou 6)
courage.” insinuant » motif de suffisantes
hâtiments un témoiite par les ertes sous atholique, ts du pre-
s de Douai le bien peu nts commie beth. Nous n, de mon e mission. Robertson n avec un
rent énorimes de la ce nombre manquent rendre en cre qui ne les Cathoes de leur
’esprit du par Titus hensonges it comme | Stafford, inde droiemarquer lu monde , ils vou-
Jésuites être qu’ils
u moyen
irents caleurs en-
ane
fants. Les différents faits que je viens de rétablir peuv: : même suffir à convaincre nombre de protestants que Buckley et Robertson ne sont pas des auteurs qu'ils puissent accepter, s’ils désirent voir leurs enfants réellement instruits dans la vérité des faits de l’histoire et non pas imbus d'un enseignement historique basé sur des préjugés. .
On pourrait encore aflirmer que ce livre est inférieur tant au point de vue littéraire qu’au point de vue de la véracité des faits. Sous ce double rapport, Lingard, naguère à l’usage des enfants catholiques, lui est bien supérieur. L'adoption d’un tel livre est un recul accentué. Je ne puis y voir qu’un seul avantage : c’est que les parents eux-mêmes devront enseigner un autre livre d’histoire, et de cette façon leurs enfants seront en cette matière supérieurs aux enfants protestants de même âge. Malheureusement dans le temps de préoccupation matérielle où nous vivons, cette considération sera peu goûtée des parents qui, soit directement soit indirectement, paient d’autres personnes pour instruire leurs enfants.