‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 53 sur 56 · XI. — DANS LA MORT · texte numérisé non relu

XI. — DANS LA MORT

«t C'ett id le MyaviM de b MoH ! »

Bnu»f.

J'aime le repos de la nuit après les fatigues du jour, l'aime la contemplation solitaire après tes émotions des * grandes épreuves.

Je me recueillerai sous le gazon de ma tombe comme dans un autre èxil — un exil meilleur, plus tranquille, moins harcelé que celui d^aujourd'hui! -^

Et chaque fois que je renaîtrai, j'aurai plus de Taitlance et de force pour chercha le bonheur. — Le Bonheur que les Civilisés ne connaissent pas I —

Cette aspiration incessante, étemelle, infinie vers l'Avenir et l'Inconnu , èe n'est pas eu vain qu^eite me sourit, l^ourquoi Phomme penserait-il donc s'il ne devait jamais réaliser sa pensée?

Avec la terre noire , avec les vers soyeux et froids qui tamisent et renouvelle l'argile, mon àme ne sera pas !

A mesure que je vieillis, je m^attache davantage aux êtres plus jeunes. Mon àme cherche en eux une nouvelle demeure, je me sens attiré vers mes destinées ftrtures. — L'âme des vieillards convoite le corps des enfants.

n y a dans ces instincts imprescriptibles toute une sublime démonstration de la Vie future et de Talliance des âmes vidlles avec des corps nouveaux.

£q quoi semi donc irrationnelle cette proposition que j'dvance et qu'en son lieu je démontrerai : à savoir, que les àtnes rendissent à l'instant où périt l'argile, et qu'elles s'umssent aitsL corps d'enfants qui viennent au monde?

En sorte que l'homme se recrée de l'homme , dans sa pensée comme. dans son corps ;^q sorte qu'entre la vie sus-4ierraine et la vie sous-terraine s'étabÛt un échange non interrompu ; en sorte que jusqu'ici notfê n'avons eu conscience que de la moitié la plus courte et la plus^ mesquine de notre exiitence.

La vérité est là 1

Chaque fois que je r^altrai , je me rappellerai les jours fortunée de ma première jeunesse^

AkMTs que les fanfares du (x»" radoteur m'éveillaient sons le Uni de quelque ferme isolée ; alors que je faisais reluire sous la laine 1^ canons bronzés du fusÛ» et que je détachais les chfens ardents.

Oh I que la nature me semblait belle avec ses brumes d'automne que déchirait le soleil! L'air vif pénétrait jusqu'au f<»id de mes poumons avides, et mourant du regard la vaste plaine , je m'^ançais pour la parcourir avec le jour!

Ainsi chaque fois que je reviendrai sur la teire, le soleil de la vérité me smnblera pkts éclatant, les brouillards de l'injustk» moins épais, la vie moins arkle, le but plus rapproché, les hommes meilleurs , la terre plus riante et plus féconde.

L'Espoir est le bon génie dé l'homme qui s'éveille.

J'aime mieux , une fois pour tocutes , assigner un terme éloigné à la Révolution que de l'entendre annoncer chaque jour par les révolutionnaires de profession auxquels chaque jour apporte un nouveau démenti. Ainsi , je sais sur quoi compter, en quoi ne pas placer ma confiance.

La Révolution n'est pas mienne. Je ne veux pas la rapetisser à la durée de ma vie , à mon passage si rapide dans le temps , si peu noté dans Fespace. a Je ne suis pas » de ceux qui disait : après moi la fin du mimde. J'aspire » de toute ummi &me en Fétem^e et continue transforma- » tion ; elle est prouvée. C'est pourquoi je suis pasabn- » nellement révolutionnaire^. »

Quand je vois tout ce qui m'entoure hostile à la Liberté, à la Vérité, à la Justice ; quand je vois l'infinie Poésie et l'infini Bonheur délaissés pour des jouissances dégradantes et banales , alors, je l'avoue, j'éprouve une supr^e joie à m'enfoncer dans les mystérieuses solitudes de la vie future.

Que les Rrrévolutionnaires vigoureux traitent d'utopes ces espérances d'outre-tombe ; elles suiq>ortent mieux la discussion scientifique que les hypothèses cancanières de leurs journaux quotidiens.

Quant à moi, je soufibirais mille morts si ces convictions m'étaient arrachées. Car je ne puis ordre que la Révolution sociale accomplisse jamais son oeuvre immense au milieu de nos sociétés décn^tes, divisées par des intérêts et des partis menteurs, tout-puissants pour le mal.

Non I je ne puis me figurer, comme les profonds politiques de la Démocratie, que la Révolution soit jamais enfantée par une fausse couche de madame Bonaparte, ou qu'elle pénètre en contrebande dans les murs de Fdjris avec les déclamations chauvines des [Mroscrits de Londres.

Les profonds calculs diplomatiques du Bonapartisme et de la Démagogie n'ont jamais parlé ni à ma raison ni à ipon cœur. Et l'enthousiasme simulé par l'intrigue n'a jamais fait naître en moi que tristesse et d^ùt I

Telles sont cependant les suprêmes espérances des nations civilisées : des despotismes sans forces , des opposi-

(4) Ernest CoEiniDsROT. -* TVoiiiéMresaw/oMmairHomme.

lions sans principes, des Césars sans prestige, des Gicérons aux doucereuses paroles ! Je puis ma tromper, comme tout autre, dans mes espérances d'avenir. Mais, déception pour décepticm , je préfère garder ma grande foi dans la vie future!

Xn. — UNE CONDAMNÉE.

De profundis!

Décadence! DissoIuti<m! Mort ! telle est la destinée prochaine des nations civilisées de TEun^l Mort par défaut d'air , d'aliments, de sang et de forces : la plus inévitable des morts !

Que les nations bourgeoises en prennent leur parU.; qu'elles tombent à genoux ; qu'on leur coupe les cheveux ^ qu'on leur fiasse la toUette des morts I

Que les soldats mènent deuil ; qu'ils portent leurs fusils la crosse en l'air; que les tambours, couverts de orèpes , batttent le roulem^t des morts !

Que les prêtres endossent les surf^ noirs ; qu'ils bénissent l'eau salée; qu'ils*chantent les prières des morts !

Qu'on prépare des chars funéraires comme aux jours des grands fléaux ; qu'on les attelle de chevaux noirs ; qu'on les revête de linceuls parsemés de larmes ; qu'on les couronne de sombres feuillages et de rameaux de cyprès aimés des morts!

Qu'on creuse des fosses communes ; qu'on y jette le sour fre, la chaux et l'eau chlorurée ; qu'on y brûle les essences qui désinfectent l'air des émanations des morts !

Qu'on mande le confesseur ; que l'exécuteur aiguise le coutelas d'acier ; que les vieillards s'agenouillent et que les enfants s'enfuient comme aux agonies des morts!

Que les peuples vieillis plaoent leurs têtes sur le billot; qu'ils meurent plus courageusement qu'ils n'ont vécu ; que

rœuvre de la FaialHé s'accomplisse; que les deux et les astres doie&t obscurcis comme aux oondamuations des morts!

Que les ûaUoûs jeuues qui desc^Kiront du Vorû reeudllent les crânes de celles qu'elles ont exécutées; qu'dles étudient leurs sciences et leurs pensées , tout ce qu'elles ont fait 9 tout ce qu'elles auraient pu faire. L'humanité ne progresse qu'en développant la tradition des morts !

Il faut que la Révolution s'accomplisse I

Il fout que la Société meure et renaisse i

Les RiHsses ont soif de sang!

XIII. -— Sur ce livre achevé, malgré tous les obstacles, dattB les angoisses et la maladie, j'appelle le concert de tMles les fureurs;

Les int^*prétatioBS verbeuses^ les diseussicms irr^ées» la ooahUon monstrueuse de tou« les teitérMs qu'enbnte l'esprft de parti!

J'appelle la Médisance à la vue courie, l'aveu^ Galom^ nie» te»lâsuh^ brutales et lâches dont tous les gouvernements, offieicAs ou dispoti&leB , poursuivent les honuiMS libres!

J'appelle les anprécatîons de la firale ^ttd)édlè. Bt je vous admire, vous tous, mendiants de b Mtt^rature, faméliipies du journalisme, aristarques de la rampe, petits^ maîtres du feuilleton, qui suppliez le public de vous être ikvoraMe : je vous admire! N'est-ee pas un Dieu n^gnon que vous adorez làt

Le Publie! Si j'étais sculpteur ou peintre, j'Meraîs à tout le monde l'envie de le vénérer. Je lui ferais une bouche immense , capable d'engloutir toutes les vanités , une bouche que toutes humiliations ne rassaâeront jamais, une bouche fendue jusqu'aux oreilles, uiie gueule, un antre, un goufi^re où tout disparaît! Je hii ferais une trogne

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d'àne , des dente aiguës, une Idûgtte de serpent, de grandi ongles noirs et pointus , un rire féroce sur une face hideuse, une face patibulaire , la face d'une portière critiquant un roman de Georges Sand !

Voilà le tableau que je ferais du Public. Et plus impérieux que Bfolâe, les rerges du mépris à là main , je dirais aux Mfe de la littérature : Israël I voilà ton Weu ; et il n'y en a point d'autre ! Et tu te prosterneras devant lui et tu lui lécheras les pieds !

Hais vous ne connaissez done pas, Messeigneurs du journalisme , ce Public que vous encènsezt Vous n'avez done jatnais découvert, au coin de votre fenêtre, scm grand œil rouge, ivre de scandale t Vous n'avet donc jamais été pressés par l'immonde cohue qui demande la tète des con* damnés à mortV Vous n'avez donc jamais vu cette feuve passer sa langue rouge sot ses lèvt^ desséchées? Veut n'avez d(mc jamais respiré Podëur chaude , nauséabonde ^ renversante qui s'échappe de la matière humaine foulée, tassée, suante?

Non, vous n'aimez pas le Public ! Et personne ne l'aime, encore que tout le monde le redoute. Je vous demande, poètes nerveux ou incompris, hommes sans justice et sans cœur qui paradez dans les antichambres du pouvoir et dans les salons de la noMesse , je vous demande , au nom de votre Dieu, si jamais vous avez songé au sort d'un s€«i de ces prolétaires dont les dents claquent de feim et de froid, et qui sont aussi du Public, je pense?

Ahl que la Foule est niaise de se laisser toujours prendre aux voix pleureuses qui sollicitent ses aumônes ! Ainsi va le monde , cepemlant. Demandez-4ui deux sous sur le pont des Arts, il vous appdle mendiant. M^tez-4ui sur la gorge la gueule d'un canon de Décembre, il vous nomme empereur !

Quant à moi , je suis dans mon droit en faisant subir la

peine du talion à ce publie immonde qui journellement m'insulte. J'ai sur lui Favantage de la position, puisque je ne m^abaisse jamais à me défendre et que je sufiQs seul à attaquer tout le monde. En vérité , qu'on me prête toutes les imperfections, tous les vices et tous les défauts qu'on voudra, on ne m'en trouvera jamais autant que je puis en trouver à tons les autres. La partie est par trop inhale, et mes adversaires auront déjà fini de glaner, que je n'aurai pas encore commencé ma moisson.

(ài I bien sot vraiment celui qui se fait l'esclave de la majorité quand il peut lui parler en maître t Qum que tu dises de moi, Public, tout ce qui est et tout ce qui n'est pas , tout ce qu'on hurle et tout ce qu'on chuchotte , tout ce que tu exaltes et tout ce que tu condamnes, quoique tu dises de moi , ... je me mets ea dehors de ton jugement et Je te défie! Etre insulté par tout le monde, c'est n'être insulté par personne et acquérir le droit de dire la vérité à tous. J'en suis là !

... Sur ce pauvre livre j'appelle l'anathème des grands journaux subventionnés^ cçs esckves modernes plus misérables que l'esclave antique qui gardait du moins sa libre pensée dans les fers.

J'appelle la mauvaise foi, les attaques hypocrites et vulgaires des petites feuilles de la Démagogie qui vivotent sur le dénuement de la bourse et de la pensée de leurs cbefs. La misère aigrit et rend injustes ceux que l'ambition torture.

2LIII. — J'appelle enfin là BUnns !

Les hommes de mon temps me l'ont inspirée par leur hypocrisie ; qu'ils me la renvoient pour ma franchise. Je serai fier d'attirer leurs traits empoisonnés. Grêle pour grêle et douleurs pour douleurs I Je ne plierai pas : qu'on me brise!

Ma haine et mon amour sont de même origine ; leurs racines nerveuses s'élèvent de chaque fibre de mon cœur déchiré I En moi toute haine suppose un amour, cooune toute médaille, un revers ; toute négation, une affirmation; toute questk)n, sa réponse. — Je hais infiniment parce que j'aime sans réserve !

La Révolution m'emporte vers des horizons lointains et terribles; elle centuple la virtualité de mon être; elle passe sur ma tète comme un souffle d'ouragan. — Et sur mes tempes qui battent je sens mes cheveux s'allonger comme autant de serpents t

En des années paisibles j'eusse traîné longtemps mes jours dans le cercle de famille. Mais en ces temps de déluge , il faut se mouvoir dans l'Humanité. Je vivrai plus ainsi. Eh I qu'importe d'ailleurs la durée de la vie pour qui l'emploie sans épargne et sans calcul ! — Tout ce qui est, est immortd!

Je suis de ceux que les émotions font naître et mourir jeunes, de ceux qu'elles consument rapidement sur la terre et dans la tombe , dans le ciel et dans l'enfer I

Je ne saurais vivre indifférent pour les êtres qui m'entourent. Je. les aime ou les hais, commandant ainsi leur amour ou leur haine. — Car le cœur de Thomme est un abîme avare qui ne rend jamais que ce qui lui est donné !

Dans ce monde d'iniquité , je ne puis rien aimer comme je m'en sens la force ; je suis contraint de haïr , hélas !

Et ma haine, c'est de l'amour encore; l'amour de l'homme juste qui désespère , l'amour de l'homme libre forcé de vivre au milieu d'esclaves ; un amour non satisfait, immense, indéfini, généreux et général. — Amour qui brûle , amour qui tue )

Je suis l'amant de l'Avenir qui maudit le Présent. Je suis le citoyen de l'Humanité qui soi^e en Civilisation*

Je mords el déchire de tout^ la f(»rce que doQae à mes dents une indignation légitime !

Moi , je ne pui« aimer h femme qw j'acbètQ , la famille qui me dénature » le f>rq>riétaire qui me repolisse daos le ohanin , le march^n qui œe vole , le chef de parti qui m'exploite, le juge et le gouvemaoït q«i me proserivent , le bourreau qui

Je ne puis vivre sous le ciel qui. abrite ce ramassis d'hommes; je n'ose point sourire aux étoiles brillantes qu'ils regardent peut-être; je souffre en respirant l'air qu'ils souillent!...

Je hais cette société fangeuse, ce saint Privilège qui crève de gras-fondu , cette orgie d'épiciers économes qui , mornes, bâilleurs , font mourir par milliers artisans et artistes!

Ce monde est mon cachot Mais je ne graverai point

mon libre nom sur ses barreaux ; je n'écrirai point mes rêves de poète sur ses murailles froides ; je ne sourirai point à mes gedliers !

Car la haine que je leur porte , c'est mon amour à moi , mon saint amour, la fièvre brûlante qui court par mes artères, ma vie! Oh! quand donc viendront-ils. Humanité I tes grands jours d'allégresse? Quand te verrai-je, à mère I briser ta couronne d'épines? Quand chanterai-je ta gloire dans les mondes heureux? Quand tresserai-je , de ces mains indignes, des couronnes de roses et de pervenches pour en ceindre tes reins? Alors , oui, j'aimerai l!î

. . . Jusque-là , je presserai de mon poing mes yeux gonflés de larmes , — car je ne veux point pleurer de douleur. jQsque4à, je n'aurai dans mon codur ni pitié ni sympathie, car je ne veux pas m'attendrir sur des malheurs qui sont notre ouvrage. — Jusque-là , je verrai toujours , dans mes rêves , des crânes sauvants et des chafrs meurtries par des mains comme les miennes. Et je maudirai

ces maim ! Et Révoquerai sur le$ autres comoie mtr moi. . • LÀ Haine !

La Aajnb à la voix opeii3e , aux granda yeux en àmi ! La belle veuve qui regretta ses amours paiâsées , qui rêve de ses futures amwrs , et m ressent que du mépds pour les formcations d'aujourd'hui 1 1

La bourse boui^eoise prête peu ; la (brœ bumaiae a des bornes. Il m'est impossible d'aller plus loin I

C^)eadaat , il im reste encore bien des révélations à faire, gt j'ai foi dans mon courage que je les ferai bientôt. Oui, le feu de la fièvre et Fillusion des rêves me reviendront. Et je reprendrai cette plume brûlante tombée pour quelques jours de mes doigts refroidis.

Je dirai d'abord les causes politiques de l'impuissance de tous lei^i gouvernements civilisés contre l'invasion russe. Jusqu'à présent j^ n'ai fiait qu'exposer la décadence de nos sociétés.

Puis, je prouverai que les partis démocratique de l'Occident ne peuvent pas accomplir la Révolution , et quHls ne' le veulent pas.

Je ferai voir ensuite que, fatalement^ les partis offideiix se rallieront bientôt aux gouvernements, qui ne sont, après tout, que des partis officiels.

D'où je conclurai :

4^ Que la Révolution socialiste, anti-paopriétaieb et ANTi-PftiviLÉGifiE prochaine ne sera faite ni par les gouvernements ni par les partis civilisés.

2** Que l'iNDivrou, conscient de s^ droits et ms^tre de sa personne, pourra seul renverser les uns et les autres, conserver l'Humanité en la faisant passer de Civihsation en Socialisme, utiliser enfin les richesses et découvertes des sociétés par un nouveau contrat.

Ce travail , que je publierai dès qu'il me sera possible, sera le complément de celui-ci. J'y développerai le rAle de la Liberté achevant Tœuvre dé la Force. J'y montrerai l'homme socialiste libre et révolutionnaire pour de bon , rec(»istruisant au milieu de l'anardiie, pièce à pièce, l'édifice social démoli par des hordes esclaves et belliqueuses.

Ainsi, j'aurai posé les deux termes antinomiques du pn^ème ethnique et socialiste européen ; d'une part , la Nation russe représentant la Force; d'autre part, llndividu socialiste rq;)ré8entant l'Idée.

Et de même que je donne pour titre à ce livre-<^i : HuiRÀii! ou LA. RtTOLOnoN PAU LES (iosÀQuis t de même , je donnerai pour titre à l'autre : I^bs BftACONiOBM , ou li Ré- ▼OLunoN PAR l'Inditidu.

Et ce nouveau tableau tracé , je n'aurai rien bit encore que parcourir , haletant , une terrible phase de

DéMOUTION 80CULB ;

Que montrer à mes contemporains la Révolution à son aurore, dégageant son disque embrasé du milieu des nuages de sang rassemblés à l'horizon !

Plus tard , il me faudra leur faire voir l'astre splendide répandant sur les hommes heureux la gloire de ses rayons d'or.

Alors moi , l'anarchiste , j'entreprendrai de décrire la RBGOifSTRUCTiON SOCIALISTE dout je n'ai rien dit encore.

Et j'espère prouver à tous qu'il est profitable de méditer longtemps sur des ruines, et que la Nation audacieuse conduit toujours à l'Affirmation sûre.

Aurai-je le temps et la force de mettre mon dessein à exécution? Je ne sais : sous la main de la Fatalité, je suis comme l'alouette sous l'œil cruel de l'autour !

Oh! puissent m'étre plus légères les autorités pater-

nelle et gouvernementale ! Puissent les partis me laisser en repos ! Puisse la santé, si prompte à la fuite, me reprendre sur ses ailes robustes , et de nouveau sourire aux efforts de mon courage î

Alors, je prédirai tous les événements à leur heure.

Et, sous ma parole ardente, je les forcerai de naître, comme les anémones sous les rayons du soleil printanier !

Alors je romprai le sceau que la Douleur me contraint d^apposer sur le Livre terrible de T Avenir ! Et du fond de mon exil, calme comme dans la nuit du tombeau, j'écrirai sur chacune de mes pages redoutables les menaces et les promesses de l'Eternelle Révolution ! !

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