‹ Hubert et Jean van EyckChapitre 58 sur 58 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

P. 16, fin. En 1864, Ch. Ruelens découvrit à la Bibliothèque Royale de Bruxelles un « directoire » de la sacristaine du couvent de Sainte Agnès de Maeseyck, rédigé en flamand du i5e siècle, qui mentionne « une chasuble en damas bleu donnée par le père de sœur Liévine ». S’il s’agit de la fille de Jean, Liévine, entrée presque enfant au couvent en 1448-1449, Jean aurait eu, au cours de sa vie, des relations avec la ville qu’on croit être son lieu de naissance.

P. 17, fin. J. Weale, ( Leodium , mai 1907 : Observations sur « quelques points obscurs de la vie des Van Eyck ») écarte le nom de Tegghe pour Jean, disant que celui-ci avait dû, selon la règle, dès son arrivée en Flandre, adopter un nom de famille, s’il n’en avait pas, et qu’il n’était pas forcé d’acheter la bourgeoisie, étant attaché à la cour ducale ; que toutefois, il serait devenu bourgeois par son mariage, si sa femme était bourgeoise, ce qu’on ignore.

P. 19, 1. 20. Ce J. de Yeke a vécu longtemps à Cambrai et n’a rien de commun avec Jean van Eyck.

P. 20, 1. il. M. Luis Tramoyeres, historien d’art, directeur du musée de Valence, a découvert dans les comptes de la trésorerie de cette ville la trace probable d’un des « voyages secrets » de Jean. En 1427, une ambassade envoyée par le duc de Bourgogne pour une négociation de mariage auprès d’Alphonse V d’Aragon, chercha le roi à Barcelone et alla le trouver à Valence. On la fit assister à des Jeux floraux, à une course de taureaux. Vu l'échec des négociations, le séjour dut être bref. Dès le i5 octobre, en effet, un paiement de 45 florins est fait à celui qui avait convoyé, au retour, l’ambassade jusqu’à Barcelone. (Communication verbale de M. Tramoyeres, qui l’avait faite auparavant à J. Weale, dont le Van Eyck a paru après l’impression presque complète du nôtre).

P. 24, 1. 10. Nous avions accepté, avec J. Weale, la version pondvs q(vod), meilleure pour le sens. Mais notre savant confrère M. F. de Mély a fait remarquer avec raison que qvod suivi de JO serait une longue. Il faut accepter la version pondvs q(ve). Weale a fait la correction dans son grand

ouvrage. Lire, en outre, secondvs au lieu de secvndvs et versv(s) au lieu de VE RS vs.

P. 27, fin. J. Weale ( Leodium , mai 1907) déclare « apocryphes » dans le retable les portraits des deux frères. Mais il dit : « Pour être franc maître, il fallait avoir trente ans. En 1422, Jean était franc maître ; donc il devait être né, au plus tard, en 1392; il est probable qu’il a vu le jour quelques années plus tôt, car, avant de devenir peintre de Jean de Bavière, il a dû donner des preuves de son savoir-faire. » Cette évaluation est fort voisine de la nôtre (i386) obtenue par une voie différente.

P. 44. J. Weale a parlé du centre du retable comme ayant été « volé » par les armées françaises. Ces « réquisitions d’objets d’art » ne sont plus possibles aujourd’hui ; c’est un progrès. Mais elles répondaient aux moeurs du temps, comme le font actuellement les « contributions de guerre ». La preuve en est que, lors des traités imposés à la France en 1814, puis en iSi5, aucun plénipotentiaire ne songea à réclamer des tableaux. C’est en pleine paix, pendant l’occupation, que des généraux reprirent par la force certaines œuvres d’art. D’autres furent ensuite réclamées plus modérément et rendus, mais après accord préalable entre les gouvernements.

P. 69. J. Weale, dans son livre, a modifié certaines de ses attributions à propos d’œuvres des van Eyck :

Les Trois Marie. — Après avoir rappelé qu’il fut probablement le premier à attribuer cet ouvrage à Hubert, il signale néanmoins la remarque faite sur la forme d’un casque et celle d’un gantelet qui seraient postérieures à 1440. L’exécution picturale nous permet pourtant d’affirmer que l’on trouvera des formes semblables antérieures à 1440 et même à 1426, s’il n’y a pas de repeint.

Le Triptyque de Dresde. — Tout en accordant pour l’essentiel la paternité à Hubert, il se demande si l’œuvre n’aurait pas été laissée inachevée et terminée par Jean. Il ajoute que, « si le donateur était identifié et la date connue, cela résoudrait sans doute la question ». Nous insistons sur ce fait, que la forme du collet du donateur ne peut guère être postérieure à 1410.

La Vierge dans une église, du musée de Berlin. — Il y voit l’esprit d’Hubert, mais une copie d’un original perdu. Pour nous, c’est un original.

P. 73, 1. 16. Nous avons omis de mentionner quatre miniatures du groupe de « Bavière-H ainaut », antérieurement détachées des Heures de Turin , qui ont acquis une valeur inestimable depuis la destruction du manuscrit. Elles ont pour sujets : le Christ au Jardin des oliviers ; le Calvaire ; la Nativité de Saint

Jean Baptiste ; un Service funèbre dans une église. Elles sont conservées à Milan dans la Bibliothèque du prince Trivulzio.

P. 85. L'Annonciation, de l'Ermitage. — Signalant la ressemblance de plan architectural de l’église où se passe la scène de ce tableau avec Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques de Compostelle, M. Saintenoy conclut que la peinture est de Jean, qui seul aurait pu voir l’église espagnole. Pour nous, l’exécution est d’Hubert, qui a nécessairement vu — en Espagne ou ailleurs — une église bâtie sur ce plan. Le rapprochement fait par M. Saintenoy n’en reste pas moins précieux.

P. 96, 1. 20. J. Weale attribue le Calvaire et le Jugement dernier de l’Ermitage à un « contemporain des Van Eyck ». Nos souvenirs sur ces deux ouvrages sont très anciens. En mai igo5, étant à Stockholm, l’interruption du service de bateaux causée par la guerre nous empêcha d’aller à St-Pétersbourg ; une circonstance moins grave nous força de rebrousser chemin, étant déjà à Danzig, en 1907. Notre opinion n’est donc fondée que sur de vieux souvenirs, sur l’examen des photographies de Braun et sur les affirmations de savants confrères. Nous ne pouvons que citer l’opinion de J. Weale, en ajoutant qu’elle ne doit pas être rejetée a Priori. L’auteur signale un détail en tout cas intéressant : « Les jambarts de l’archange du volet de St-Pétersbourg sont nettement antérieurs à ceux des autres figures des Van Eyck ».

P. ii5. Dans notre conviction le « Petrus Christus » actuel doit être divisé en deux : Petrus Christus-le-Vieux déjà collaborateur d’Hubert van Eyck, vers 1416 ( Pietà et Vierge entre les Vierges des Heures de Turin), a peint la Pietà et le Calvaire exposés à Bruges en 1902, la Vierge au chartreux et le Jugement dernier du musée de Berlin, le donateur (copie d’après Hubert) de Copenhague, etc. Petrus Christus-le-Jeune, né vers 1410-1415, devenu bourgeois de Bruges en 1444, mort en 1473, a produit des chefs-d’œuvre qu’on a pu attribuer à Rogier et à Bouts : Scènes de la vie de la Vierge (Prado) ; Christ descendu de la Croix (musée de Bruxelles) ; Mise au tombeau (National Gallery) ; triptyques de la cathédrale de Grenade et du Corpus Christi de Valence, etc.

P. i33. M. L. Fourcaud (voir ci-dessous), à propos des écrivains qui ont tenté de séparer l’œuvre d’Hubert de celui de Jean, écrit: «... M. Durand- Gréville renchérit sur les conclusions de ses prédécesseurs et réclame pour Hubert jusqu’à la Vierge d'incehall , signée de Jean et datée de 1432. Nous n’avons pas sa foi robuste, qui s’affermit au milieu des hypothèses. » Ce n’est pas ici le lieu de discuter le jugement, aussi sévère que sommaire, porté sur nos procédés d’examen ; mais, vu l’importance du grand ouvrage où il a paru.

nous croyons utile de relever l’inexactitude contenue dans la passage cité. Nous n'avons jamais « réclamé pour Hubert » la Vierge d’incehall. Nous avons dit que Jean s’était servi d’un dessin d’Hubert, et que l’exécution picturale, c’està-dire l’essentiel, était du frère cadet.

P. 177, fin. Ajouter à la Bibliographie : Fourcaud (L). La Peinture aux Pays-Bas (Chapitre de Y Histoire de l’Art publiée sous la direction de M. André Michel, Paris, 1907. T. III, Ie partie.)

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